Il n'y a pas à dire, on s'aime au sein de la Vivaldi. La coalition fédérale, forte de sept membres, doit forcément composer avec des sensibilités qui s'opposent et la lassitude, là aussi, s'installe alors que la crise sanitaire se prolonge. Mais ces derniers jours, cela tangue encore plus que de coutume.
...

Il n'y a pas à dire, on s'aime au sein de la Vivaldi. La coalition fédérale, forte de sept membres, doit forcément composer avec des sensibilités qui s'opposent et la lassitude, là aussi, s'installe alors que la crise sanitaire se prolonge. Mais ces derniers jours, cela tangue encore plus que de coutume.Conner Rousseau, président du SP.A, s'en est pris vertement jeudi soir vertement à son homologue du MR, qui ne cesse de mettre le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), sous pression. Le même président du MR malmène le vice-Premier Ecolo, Georges Gilkinet, ce vendredi matin, alors que celui-ci est en plein "rupture de confiance" avec le CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir. Le tout alors que des escarmouches ont déjà eu lieu entre MR et PS au sujet de thèmes socio-économiques, dont la norme salariale.Au coeur de toutes ces échauffourées, un homme: Georges-Louis Bouchez. "Ce n'est pas le MR qui en appelait récemment à la loyauté entre partenaires?, interroge Maxime Prévot, président du CDH. En pleine crise sanitaire, il n'y a pas mieux à faire que ces gamineries ??!?. Sommes-nous effectivement en plein jeux de bac à sable ? C'est certainement une façon de faire de la politique qui est remise en question. Mais c'est aussi le fruit de tensions plus profondes et de la nécessité pour le MR d'exister au sein de cette large majorité, couplée à la personnalité de son président - un argument souvent facile à manier.Une autre façon de faire de la politique? C'est ce que suggérait Conner Rousseau jeudi soir à TerZake sur la VRT. "Je suis frappé par le fait que quelqu'un de si jeune puisse faire de la politique d'une manière tellement dépassée, disait-il. Torpiller ses partenaires de majorité, torpiller les virologues, torpiller tout le monde. Il devrait peut-être se poser la question. Je trouve que ce gouvernement fait du bon travail. Si à chaque fois, il a des critiques à formuler, il doit se demander s'il veut encore en faire partie." Les socialistes flamands irritent, en retour, les libéraux en raison du caractère très dirigiste et conservateur, en matière sanitaire, du ministre fédéral de la Santé."Ce sont des bavardages de plage", ironise en retour le président du MR. Qui ajoute: "Plutôt que de parler de moi, j'attends du Président du SP.A de parler la stratégie de vaccination. C'est ce que les gens attendent de nous." Les tensions entre les deux jeunes présidents de parti remontent déjà à la période de formation gouvernementale, quand le libéral avait moqué le socialiste, le traitant d'"écolier" en raison de son sac à dos. Au-delà de ça, ils participent à la même génération, adeptes des réseaux sociaux et des modes de communication spontanées. Sur le fond, SP.A et MR représentent sur certains points aussi le grand écart au sein de la Vivaldi. Mais que l'on ne s'y trompe pas: au PS aussi, l'exaspération est grande au sujet de la façon de faire du numéro un libéral - ce qui est sans doute le but, d'ailleurs. De tous temps, les présidents libéraux ont servi de punching-ball dans la politique francophone et cela les sert aussi, en retour, dans leur positionnement. Ce fut le cas pour Jean Gol, Louis Michel, Didier Reynders ou Charles Michel, avant Georges-Louis Bouchez.Georges-Louis Bouchez, encore lui, attaque de façon ironique ironique, à la façon de Didier Reynders, Georges Gilkinet, vice-Premier ministre Ecolo et ministre de la Mobilité. Ce dernier est dans la tourmente en raison d'une lettre très dure de Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, qui parle d'un "abus de confiance": le ministre a critiqué la fermeture de 44 guichets de gares, mais il aurait été au courant de cette décision avant de faire volte-face. Georges Gilkinet s'est défendu, jeudi à la Chambre, non sans être critiqué, y compris par les partis de la majorité (MR, mais aussi PS ou CD&V)."La version qui nous a été donnée à la chambre n'est pas celle que nous avons, tacle Bouchez sur la RTBF. Je ne suis pas procureur - je n'ai pas à juger des comportements, chacun doit prendre ses responsabilités." Cela s'appelle lâcher un partenaire, qui a fauté en premier et a voulu impliquer les partenaires de majorité, précise-t-on toutefois du côté libéral.Les tensions entre libéraux et écologistes sont régulières: c'est un jeu de rôles aux connotations électoralistes, aussi. Les deux partis s'étaient rapprochés pour former la Vivaldi, mais l'attitude du président libéral a, depuis, irrité à plus d'une reprise Jean-Marc Nollet, coprésident Ecolo.Quant à l'omniprésence de Georges-Louis Bouchez dans toutes ces passes d'armes, elle s'explique par son tempérament, bien sûr, mais aussi par la conviction partagée au sein du MR que le parti doit continuer à se positionner en marge de cette coalition fédérale plus ancrée à gauche que la précédente.