C'est devenu un élément de langage dans le chef des ténors de la N-VA: "Mais où sont donc les libéraux dans ce gouvernement fédéral?". C'est encore le cas "si on lit bien les idées derrière la loi 'pandémie'" du ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), attaque ce jeudi matin Karen Liesens, du Vlaams Volksbeweging, dont le post 'likée' par l'ancien secrétaire d'Etat N-VA Theo Francken.
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C'est devenu un élément de langage dans le chef des ténors de la N-VA: "Mais où sont donc les libéraux dans ce gouvernement fédéral?". C'est encore le cas "si on lit bien les idées derrière la loi 'pandémie'" du ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), attaque ce jeudi matin Karen Liesens, du Vlaams Volksbeweging, dont le post 'likée' par l'ancien secrétaire d'Etat N-VA Theo Francken.Le projet de loi présenté par le ministre Vandenbroucke a littéralement fait sursauter la base libérale et bien des milieux économiques. Il prévoit notamment de réquisitionner purement et simplement certains secteurs en cas de crise : les entreprises pharmaceutiques, notamment, n'ont guère apprécié. Certains observateurs ont même parlé de "communisme 2.0". "Ce gouvernement devient lentement le moins libéral de l'après-guerre et ce avec le MR et l'Open VLD dedans", commente Alexander Prym, entrepreneur, cofondateur en son temps du mouvement politique Oxygène"C'est lié au fait que je suis fort attaché aux libertés individuelles accompagnées de droits et devoirs, argumente-t-il. Je fais confiance aux deux partis libéraux afin de protéger les libertés individuelles face à la gauche (qui n'en a rarement eu cure à travers l'histoire). Ainsi, n'ai-je pas voulu pointer la responsabilité seule aux partis libéraux au gouvernement mais leur devoir moral de se battre contre la ligne Vandenbroucke et le tout aux arrêtés ministériels depuis 10 mois à l'intérieur du gouvernement."Ce n'est pas pour rien que Georges-Louis Bouchez a multiplié les sorties pour exprimer sa réticence à l'égard de la 'loi pandémie' en gestation. La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), prépare un autre volet de cette loi, sur ses compétences, et a exprimé également des réticences sur le projet Vandenbroucke. L'épure qui a fuité dans la presse ne sera certainement pas la loi finale.Si l'on évoque régulièrement la "participopposition" du MR et les sorties régulières de son président, on évoque moins souvent le fait que les libéraux francophones se trouvent coincés au sein d'une Vivaldi plutôt ancrée à gauche aved le PS et Ecolo. Les premières sautes d'humeur libérales sont d'ailleurs apparues en décembre 2020, quand la fermeture des commerces avait été justifiée par le ministre de la Santé publique comme étant destinée à produire un "effet choc". "Les libéraux francophones, singulièrement, sont indisposés par cette sortie de Frank Vandenbroucke, après un Comité de concertation au cours duquel leurs arguments n'ont été que partiellement entendus: le sujet a provoqué de sérieux grincements de dents..."", écrivions-nous alors. Les arbitrages du Premier ministre libéral, Alexander De Croo (Open VLD), devaient faire contrepoids, mais son attitude délibérément consensuelle et sa prudence en matière sanitaire ne servent pas toujours les thèses libérales.Le président du PS, Paul Magnette, ne s'était pas privé de rajouter un commentaire acerbe en évoquant les erreurs commises lors de la première vague: "Les libéraux doivent reconnaître que leurs formules n'ont pas marché". La gestion de la crise sanitaire induit régulièrement des tensions entre partenaires, mais les sujets socio-économiques qui se profilent à l'horizon risquent bien d'en amplifier l'amplitude.La N-VA, elle, continuera à utiliser son argument. C'est écrit. Bart De Wever avait d'ailleurs annoncé la couleur au moment de la naissance de la Vivaldi : "Nous les détruirons dans l'opposition". Depuis, les relations avec les libéraux sont dantesques. Il est vrai que MR et Open VLD ne sont pas pour rien dans la naissance de la Vivaldi, après avoir rejeté les thèses "antibelges" des natinalistes flamands.