"Nous en avons tous assez des manigances et des tripatouillages de l'EMB." Le ministre de la Justice et des Cultes, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), a annoncé au Parlement, le 16 décembre dernier, qu'il ne libérera pas la subvention 2022 demandée par l'Exécutif des musulmans de Belgique, celle dont le président de l'EMB, Mehmet Ustün, prétendait il y a peu se passer...
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"Nous en avons tous assez des manigances et des tripatouillages de l'EMB." Le ministre de la Justice et des Cultes, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), a annoncé au Parlement, le 16 décembre dernier, qu'il ne libérera pas la subvention 2022 demandée par l'Exécutif des musulmans de Belgique, celle dont le président de l'EMB, Mehmet Ustün, prétendait il y a peu se passer... Dans une lettre datée du 17 décembre, celui-ci continue de faire offre de service, au nom de la liberté des cultes et de la liberté d'association. On peut y lire la chronique parfois hard d'une relation dégradée, mais aussi la réaffirmation de la volonté de l'EMB de garder la maîtrise du renouvellement de ses instances, en y intégrant notamment le Conseil de coordination des institutions islamiques de Belgique, qui représente indirectement les mosquées, mais où le ministre voit surtout la main de la Turquie et du Maroc. Le travail de l'EMB "serait évidemment plus facile et serein si nous ne devions pas faire face constamment aux interférences et attaques complètement infondées et injustifiées du monde politique belge", indique Mehmet Ustün. Qui déplore que l'EMB fasse l'objet d'un audit de la Sûreté de l'Etat annoncé urbi et orbi, alors que les autres cultes ne bénéficient pas d'un tel traitement. Dernier épisode en date, le 30 décembre, quand le tribunal de l'entreprise de Bruxelles a rejeté la demande du trio de rebelles bruxellois qui cherchait à faire condamner l'asbl Collège de l'Exécutif des musulmans de Belgique pour mauvaise gestion et malversation comptable. Les commentaires acerbes du tribunal sur l'exercice du pouvoir au sein de l'EMB ont toutefois fait passer cette défaite judiciaire pour une victoire. A ce jeu de miroirs déformants, qui manipule qui? Sont-ce les institutions turques et marocaines versus des lobbyistes islamistes saoudiens, émiratis ou marocains plus masqués?