Assouplissements envisagés, mais...

Le groupe de travail "Soins" a donné son feu vert à de premiers assouplissements des règles de sécurité sanitaire dans les centres d'hébergement et de soins. Dans les centres où 90% des résidents et 70% du personnel ont reçu les deux doses de vaccin, il sera possible de renouer plus de contacts entre eux et avec les visiteurs après un laps de temps de dix jours.
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Le groupe de travail "Soins" a donné son feu vert à de premiers assouplissements des règles de sécurité sanitaire dans les centres d'hébergement et de soins. Dans les centres où 90% des résidents et 70% du personnel ont reçu les deux doses de vaccin, il sera possible de renouer plus de contacts entre eux et avec les visiteurs après un laps de temps de dix jours. Concrètement, chaque résident pourra avoir deux contacts "câlins", la proximité physique y étant donc autorisée. De plus, ces deux contacts sont autorisés à changer toutes les deux semaines. Par ailleurs, certaines mesures peuvent également être assouplies au sein même de l'établissement de soins. Les résidents pourront s'y déplacer plus librement et le quitter par groupes de quatre.Mais la condition de couverture vaccinale pose problème ici et là, surtout à Bruxelles et en Wallonie. Dans les huit maisons de repos flamandes de Bruxelles, on est à 60%, indique Bert Anciaux, directeur d'une maison de repos bruxelloise, à De Standaard. "Il y a une réelle crainte, et ils savent que cela ne peut pas être rendu obligatoire."Pour le groupe d'experts GEMS, la sensibilisation reste le meilleur moyen d'augmenter le niveau de vaccination du personnel soignant. Mais si cela ne fonctionne pas, "on peut envisager de rendre la vaccination obligatoire pour tout le personnel de santé sans contre-indication médicale", écrivent les experts dans leur rapport sur les centres de soins résidentiels du 16 février. De Standaard a pu voir le rapport. Les experts sont conscients que le débat est sensible. "Forcer la vaccination comporte un risque, mais en même temps, toute personne qui travaille avec des personnes âgées porte également une responsabilité", estime le biostatisticien Geert Molenberghs, membre du GEMS. "L'obligation ne doit pas être un tabou. Nous avons donc soigneusement énuméré les avantages et les inconvénients."Faut-il dès lors booster la vaccination du personnel, quitte à avoir recours à une forme d'obligatoire ? Il y a du pour et du contre. Le principal avantage est qu'un taux de vaccination élevé peut être atteint à court terme. Les experts soulignent également que d'autres vaccins, comme celui contre l'hépatite B, sont déjà obligatoires pour le personnel de santé. Un autre avantage est qu'il faciliterait simplement le travail du personnel. De plus, il n'est pas vraiment juste que les conditions de vie des résidents soient déterminées par la volonté du personnel à se faire vacciner.Il y a aussi de nombreux arguments contre. Par exemple, les experts se demandent s'il est éthiquement responsable de forcer un groupe à se faire vacciner, alors que de nombreuses personnes dans la société aimeraient beaucoup avoir le vaccin mais n'y ont pas encore accès. En outre, les recherches montrent que les gens sont moins disposés à se faire vacciner s'ils ressentent une pression, et les experts craignent également qu'une obligation ne contribue pas à renforcer la confiance de la population dans les vaccins. Un autre risque est que la pénurie de personnel soignant devienne encore plus aiguë si l'on décidait de suspendre le personnel qui ne se fait pas vacciner.Toujours selon De Standaard, une éventuelle obligation ne peut pas être imposée par une région seule, mais seulement prise au niveau national.