En Belgique, la task force Vaccination a défini les groupes à vacciner en priorité. D'abord viendront les résidents et le personnel des maisons de repos et des institutions collectives de soins. Ensuite, ce sera au tour des professionnels de la santé, puis les personnes de plus de 65 ans, les plus de 45 ans atteints de certaines comorbidités et finalement les personnes qui exercent des fonctions sociales et/ou économiques essentielles.
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En Belgique, la task force Vaccination a défini les groupes à vacciner en priorité. D'abord viendront les résidents et le personnel des maisons de repos et des institutions collectives de soins. Ensuite, ce sera au tour des professionnels de la santé, puis les personnes de plus de 65 ans, les plus de 45 ans atteints de certaines comorbidités et finalement les personnes qui exercent des fonctions sociales et/ou économiques essentielles. Ce n'est qu'ensuite, que l'ensemble de la population belge aura l'occasion de se faire vacciner et cette opération risque de prendre du temps. "Le deuxième et le troisième trimestre (de 2021) seront nécessaires", a ainsi déclaré le Premier ministre Alexander De Croo qui ne peut garantir que tous les Belges qui le désirent soient vaccinés avant l'été. Un besoin de base En Flandre, plusieurs voix s'élèvent pour inclure les jeunes, touchés alors qu'ils sont en plein développement, dans les groupes prioritaires pour le vaccin. "Pour les jeunes, les interactions sociales sont un besoin de base. Elles le sont pour tout le monde, mais pour les jeunes encore plus. Ils doivent se détacher de leur maison, développer leur propre identité, créer un réseau d'amis, trouver un premier partenaire. Pour bien faire tout cela, il leur faut des interactions sociales", explique Inez Germeys, professeure en psychiatrie à la KuLeuven, au quotidien Het Laatste Nieuws. "Pour les jeunes, les interactions sociales sont aussi importantes que de bien manger et d'avoir un toit. Les gens peuvent avoir leur avis là-dessus, mais ce que je dis est un fait établi. C'est dommage que certains ne prennent pas ce besoin au sérieux. Une partie de leur développement est sous pression", ajoute la psychiatre. Si les interactions en ligne compensent en partie ce besoin, elles ne remplacent pas une véritable présence physique. La professeure précise toutefois qu'il n'est pas question de faire passer les jeunes avant les personnes âgées, les soignants ou les patients risque. "Mais faites-les passer juste après eux, et pas comme maintenant, en dernier", plaide-t-elle.Marie Loop, pédagogue, et Elke Geraerts, docteure en psychologie partagent son avis. "Les chiffres inquiétants sur la hausse de problèmes mentaux auprès des adolescents et des jeunes doivent nous alerter. Et nous encourager à réfléchir à la définition de 'groupes vulnérables', une définition qui ne peut être interprétée uniquement physiquement, estiment-elles. "Si nous ne faisons pas attention, nous risquons de subir beaucoup de malheurs. Parce que le désespoir et le sentiment de ne pas avoir de contrôle sur sa vie - auxquels nous exposons nos jeunes aujourd'hui - sont des causes importantes de dépression. En insistant massivement sur 'ce qui n'est pas permis', nous supprimons leur besoin d'initiative ; en agissant au-dessus de leur tête, nous les réduisons au silence et les rendons passifs", écrivent-elles dans une opinion parue sur la VRT. Pour les deux scientifiques, c'est la meilleure recette pour drainer l'énergie de quelqu'un. "Reste à voir si c'est ainsi que l'on va construire une génération forte et entreprenante qui devra contribuer à déblayer les décombres (financiers) de cette crise". Marie Loop et Elke Geraerts estiment qu'aujourd'hui les jeunes méritent notre compréhension et que beaucoup de (grands)-parents seraient ravis de faire un pas de côté pour offrir cette liberté de mouvement aux jeunes.Un seul cadeau pour Noël"Cela n'aurait été vraiment beau que si le Père Noël - alias nos huit ministres de la santé - avait compris l'urgence de donner aux jeunes un peu de perspective à Noël. S'ils avaient réalisé que nos fils et nos filles (...) ne cherchaient vraiment qu'un seul cadeau qui transcende tout le matériel : la perspective d'une piqûre. La perspective d'une nouvelle année, au cours de laquelle ils pourraient se reconnecter et reprendre le fil de leur développement. Voilà qui aurait été un exemple fort de vision et d'anticipation. À contre-courant, en regardant vers l'avenir", concluent-elles.