C'est parti. Depuis le mardi 5 janvier, la Belgique vaccine à tour de bras. Enfin, c'est ce qu'on aurait aimer écrire. La réalité est que le rythme des injections fait grincer des dents. En Belgique et en France particulièrement, mais globalement aussi un peu partout en Europe. Et comparer le nombre de vaccinations déjà effectuées avec les bons élèves de la classe, Israël et Grande-Bretagne en tête, c'est le vague à l'âme assuré.
...

C'est parti. Depuis le mardi 5 janvier, la Belgique vaccine à tour de bras. Enfin, c'est ce qu'on aurait aimer écrire. La réalité est que le rythme des injections fait grincer des dents. En Belgique et en France particulièrement, mais globalement aussi un peu partout en Europe. Et comparer le nombre de vaccinations déjà effectuées avec les bons élèves de la classe, Israël et Grande-Bretagne en tête, c'est le vague à l'âme assuré. Pour autant, comparaison n'est pas raison. D'autres réalités qu'une organisation complexe ou une lenteur administrative peuvent contribuer à cette différence de cadence. Pour le Royaume-Uni, notamment, il faut déceler derrière la rythmique tant un impératif sanitaire avec une variante du virus particulièrement contagieuse qui a obligé le pays au reconfinement total, qu'un coup politique prouvant que libéré du joug de l'Europe, le gouvernement britannique peut enfin faire ses propres choix - quels vaccins, à quel rythme, selon quel dosage. En Israël, aux prises également avec un troisième confinement, l'enjeu derrière la vaccination de la population et un retour à une certaine normalité n'est rien de moins pour Benjamin Nétanyahou que sa réélection éventuelle.Cela étant, dans cette lutte à mort contre la Covid, la rapidité reste une arme massive. En Belgique, les milieux économiques et médicaux ont d'ailleurs, et à raison, mis la pression sur le gouvernement De Croo. "Celui qui vaccine le plus rapidement profitera le mieux de la reprise économique. Notre pays doit forcer l'allure." "Avec l'arrivée prochaine de la troisième vague, nous n'avons pas une semaine de trop." Message reçu cinq sur cinq par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke qui promet une accélération de la campagne dès la semaine prochaine. En parallèle, d'autres débats s'installent. Celui de la vaccination obligatoire. Pour rappel, la Belgique a pris l'option "volontaire et gratuite" avec un objectif de 70% de la population vaccinée. Mais... Si ce seuil n'est pas atteint, le côté volontaire devra-t-il être revu, ajusté? Pour qui? Avec quelles conséquences? Ces questions éclosent. Elles deviendront criantes d'actualité dès que les doses seront disponibles en nombre suffisant. Débat aussi autour de la priorisation. La Belgique a choisi de réserver les premiers lots aux résidents et soignants des maisons de repos. Une décision justifiée par la vulnérabilité des aînés et le lourd tribut qu'ils ont déjà payé à la crise. Pour autant, le personnel soignant, fatigué et lassé, revendique lui aussi de récupérer sa position de numéro 1, perdue dans le retard de livraison par Pfizer. Une exigence justifiée par un personnel qui voudrait poursuivre son combat le mieux armé possible, et qui pointe qu'en le protégeant, c'est le bon fonctionnement des soins de santé qui est aussi préservé. N'était-ce pas depuis le début de la pandémie la priorité numéro 1? Pour cela, un impératif: augmenter la cadence. C'est sur la table.