Enfin. Après une semaine de question et de critiques, après que le débat français sur le préjudice causé par la lenteur de la vaccination ait rebondi timidement chez nous, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenboucke (SP.A), a finalement annoncé ce mardi après-midi à la Chambre qu'il avait demandé à la Task force Vaccination d'accélérer le rythme à partir de la semaine prochaine. Dans le même temps, le Monsieur Vaccination du fédéral, Yvon Englert, annonçait que la vaccination du personnel soignant pourrait débuter au mois de février - et non en mars comme prévu initialement.
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Enfin. Après une semaine de question et de critiques, après que le débat français sur le préjudice causé par la lenteur de la vaccination ait rebondi timidement chez nous, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenboucke (SP.A), a finalement annoncé ce mardi après-midi à la Chambre qu'il avait demandé à la Task force Vaccination d'accélérer le rythme à partir de la semaine prochaine. Dans le même temps, le Monsieur Vaccination du fédéral, Yvon Englert, annonçait que la vaccination du personnel soignant pourrait débuter au mois de février - et non en mars comme prévu initialement.Les députés d'opposition francophone, qui s'étaient fait l'écho des critiques, respirent. "Comme quoi, il suffisait de le demander", dit François De Smet, président de DéFI. "Sous pression, le ministre Vandenbroucke annonce qu'il demande un plan à la task force pour accélérer, prolonge Catherine Fonck, cheffe de file CDH à la Chambre. Découvrir le 5 janvier qu'il faut un plan d'attaque: quel aveu d'impréparation! Mais bon soyons positifs. Il faut un plan efficace, précis et ambitieux!"Ces derniers jours, des voix de plus en plus nombreuses s'étonnaient d'un manque d'empressement à débuter la vaccination de masse dans notre pays. Les différents ministrres concernés avaient d'abord relativisé en évoquant le taux proportionnellement plus élevé de vaccinés dans notre pays, comparativement à l'Allemagne. Ils avaient également mis en avant la nécessité de respecter minutieusement les protocoles décidés au niveau europée. Lundi soir, sur VTM, Frank Vandenbroucke louait encore la "prudence" dont nous faisions preuve.Mais le personnel soignant exprimait de plus en plus fortement son impatience à être protégé, lui qui a déjà beaucoup donné dans cette crise et qui craint une troisième vague, notamment en lien avec le virus mutant du Royaume-Uni. Qui plus est, le patronat flamand - le Voka - a exprimé ces dernières heures son incrompréhension alors que le préjudice économique est chaque jour plus important. "Le vaccin est actuellement la clé la plus importante que nous avons entre nos mains pour mettre cette crise coronarienne derrière nous, soulignaient ses responsables lors de leurs voeux. Il ne faut pas perdre un jour et nous devons utiliser pleinement la capacité disponible. Dans les conditions les plus sûres. C'est un must: pour la santé de notre personnel et de nos entreprises." Tant du côté des soignants que des milieux économiques, le message est le même: la prudence, oui, mais la situation sanitaire et socio-économique ne nous permet pas d'être trop prudents. C'était, aussi, une exaspération rampante face àune certaine lenteur culturelle de notre pays et de l'Europe alors que d'autres pays, sans que ce soit toujours parfaitement comparable bien sûr, ne trainaient pas en chemin: Israël, le Royaume-Uni ou l'Allemagne. Ce message a été entendu. Il reste à voir comment cette annonce sera concrétisée, en fonction de l'arrivage des doses de vaccins. Il restera aussi à mener le débat sur l'ordre de priorité des vaccinations: après les maisons de repos et le personnel soignant, la pression s'accentue pour que l'on vaccine les personnes non immunisées ou pour que l'on permette à l'économie de reprendre un cours plus normal. L'enjeu qui arrive, dans la foulée, sera celui de la relance.