Le gouvernement bruxellois voulait initier la mise en oeuvre d'une taxation intelligente à l'échelle nationale. Impossible, il fallait s'y attendre : le gouvernement flamand a abandonné son projet initial et son homologue wallon a toujours refusé de rentrer dans cette logique qui risquerait de handicaper les habitants d'un territoire plus vaste. La majorité PS-Ecolo-DéFI a donc rangé l'idée dans ses cartons. Mais elle planche sur une alternative, révélée ce matin par Le Soir.

Il s'agirait d'établir une taxe de congestion que payerait tous les véhicules dans le territoire régional. Le montant se situerait quelque part entre 1 et 3 euros (un montant plus dissuasif). Des compensations seraient étudiées pour ne pas handicaper les Bruxellois eux-mêmes.

L'idée s'inscrit dans la volonté bruxelloise de "rendre la ville aux Bruxellois". Depuis des années, les autorités de la capitale mettent en place des mesures pour décourager les automobilistes de rouler à Bruxelles ou d'y rouler trop rapidement (la fameuse limitation à 30 km/h). Cela irrite les navetteurs. Cela comble d'aise des habitants exaspérés de voir leur ville transformée en ring.

Ce projet de taxe congestion suscite forcément des réactions outrées ou, à tout le moins, perplexes.

Dans les rangs libéraux, surtout, on s'indigne de cette nouvelle taxe. Et l'on déplore cette nouvelle contrainte alors que les alternatives manquent. Le débat sur la nécessité d'investir dans le métro, vif durant la campagne entre MR et Ecolo, resurgit.

A gauche, c'est le caractère potentiellement antisocial de la mesure qui énerve. Le PTB ne s'est pas privé de le relever. Le prix à payer pour les plus démunis est d'ailleurs la raison pour laquelle le PS reste pour l'instant prudent sur ce projet et "attend des précisions sur sa supportabilité".

Au centre du jeu politique, on regrette l'impossible concertation entre les Régions du pays, dont la responsabilité n'incombe donc pas aux seuls Bruxellois. Et pester une nouvelle fois contre l'incapacité à s'entendre sur un projet de taxation intelligente dont de nombreux experts s'accordent à dire qu'il serait la solution idéale pour désengorger ce pays et sa capitale. C'est ce qui ressortait du débat préélectoral que nous avions organisé.

Willy Borsus (MR), vice ministre-président wallon, a exprimé sa colère jeudi matin: "La nouvelle taxe dite de "congestion" imaginée ou envisagée par le Gouvernement bruxellois est un non-sens et impacterait durement les travailleurs wallons et les entreprises se déplaçant à Bruxelles. Avec une taxe pouvant s'élever jusqu'à 720 euros par an (!) par véhicule, c'est une nouvelle lourde couche de pression fiscale qui serait ainsi encore imposée à nos travailleurs, nos indépendants, nos entreprises, ou encore nos commerçants."

Ridouane Chahid, chef de groupe socialiste au parlement bruxellois, a tué" ensuite l'idée dans l'oeuf en disant au Soir: "Avec le PS, il n'y aura jamais de taxe de congestion à Bruxelles". Torpillant le projet, il ajoute: "Nous voulons un package global : gratuité de la Stib, réforme sociale et environnementale de la fiscalité automobile bruxelloise. Et il faut poursuivre les négociations avec les autres Régions." Qui a dit que la gestion de la politique de mobilité était un chaos dans ce pays?

Lire aussi notre opinion https://www.levif.be/actualite/belgique/une-taxe-congestion-a-bruxelles-le-projet-fache-a-droite-a-gauche-et-au-milieu/article-normal-1257635.html

Le gouvernement bruxellois voulait initier la mise en oeuvre d'une taxation intelligente à l'échelle nationale. Impossible, il fallait s'y attendre : le gouvernement flamand a abandonné son projet initial et son homologue wallon a toujours refusé de rentrer dans cette logique qui risquerait de handicaper les habitants d'un territoire plus vaste. La majorité PS-Ecolo-DéFI a donc rangé l'idée dans ses cartons. Mais elle planche sur une alternative, révélée ce matin par Le Soir.Il s'agirait d'établir une taxe de congestion que payerait tous les véhicules dans le territoire régional. Le montant se situerait quelque part entre 1 et 3 euros (un montant plus dissuasif). Des compensations seraient étudiées pour ne pas handicaper les Bruxellois eux-mêmes.L'idée s'inscrit dans la volonté bruxelloise de "rendre la ville aux Bruxellois". Depuis des années, les autorités de la capitale mettent en place des mesures pour décourager les automobilistes de rouler à Bruxelles ou d'y rouler trop rapidement (la fameuse limitation à 30 km/h). Cela irrite les navetteurs. Cela comble d'aise des habitants exaspérés de voir leur ville transformée en ring.Ce projet de taxe congestion suscite forcément des réactions outrées ou, à tout le moins, perplexes.Dans les rangs libéraux, surtout, on s'indigne de cette nouvelle taxe. Et l'on déplore cette nouvelle contrainte alors que les alternatives manquent. Le débat sur la nécessité d'investir dans le métro, vif durant la campagne entre MR et Ecolo, resurgit.A gauche, c'est le caractère potentiellement antisocial de la mesure qui énerve. Le PTB ne s'est pas privé de le relever. Le prix à payer pour les plus démunis est d'ailleurs la raison pour laquelle le PS reste pour l'instant prudent sur ce projet et "attend des précisions sur sa supportabilité".Au centre du jeu politique, on regrette l'impossible concertation entre les Régions du pays, dont la responsabilité n'incombe donc pas aux seuls Bruxellois. Et pester une nouvelle fois contre l'incapacité à s'entendre sur un projet de taxation intelligente dont de nombreux experts s'accordent à dire qu'il serait la solution idéale pour désengorger ce pays et sa capitale. C'est ce qui ressortait du débat préélectoral que nous avions organisé.Willy Borsus (MR), vice ministre-président wallon, a exprimé sa colère jeudi matin: "La nouvelle taxe dite de "congestion" imaginée ou envisagée par le Gouvernement bruxellois est un non-sens et impacterait durement les travailleurs wallons et les entreprises se déplaçant à Bruxelles. Avec une taxe pouvant s'élever jusqu'à 720 euros par an (!) par véhicule, c'est une nouvelle lourde couche de pression fiscale qui serait ainsi encore imposée à nos travailleurs, nos indépendants, nos entreprises, ou encore nos commerçants."Ridouane Chahid, chef de groupe socialiste au parlement bruxellois, a tué" ensuite l'idée dans l'oeuf en disant au Soir: "Avec le PS, il n'y aura jamais de taxe de congestion à Bruxelles". Torpillant le projet, il ajoute: "Nous voulons un package global : gratuité de la Stib, réforme sociale et environnementale de la fiscalité automobile bruxelloise. Et il faut poursuivre les négociations avec les autres Régions." Qui a dit que la gestion de la politique de mobilité était un chaos dans ce pays?