Travailleuses, vous souffrez de menstruations éprouvantes? Posez donc un RTD ! La coopérative française La Collective vient d'instaurer ce nouveau congé pour " règles très douloureuses" (l'appellation est de la rédaction). Une première hexagonale, se réjouit cette entreprise basée à Montpellier et embauchant une cinquantaine de personnes chargées de récolter des dons pour les ONG. Dans un article du journal chrétien La Croix, publié le 13 avril, ses responsables racontent pourquoi ils permettent à leurs employées, depuis janvier dernier, de s'absenter un jour par mois lorsqu'elles sont péniblement indisposées. Tout en étant rémunérées. Pas besoin de certificat médical, "nous préférons faire confiance", assure le patron, qui espère que son initiative fera "tache d'huile".
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Travailleuses, vous souffrez de menstruations éprouvantes? Posez donc un RTD ! La coopérative française La Collective vient d'instaurer ce nouveau congé pour " règles très douloureuses" (l'appellation est de la rédaction). Une première hexagonale, se réjouit cette entreprise basée à Montpellier et embauchant une cinquantaine de personnes chargées de récolter des dons pour les ONG. Dans un article du journal chrétien La Croix, publié le 13 avril, ses responsables racontent pourquoi ils permettent à leurs employées, depuis janvier dernier, de s'absenter un jour par mois lorsqu'elles sont péniblement indisposées. Tout en étant rémunérées. Pas besoin de certificat médical, "nous préférons faire confiance", assure le patron, qui espère que son initiative fera "tache d'huile". "Alors, à qui le tour? On avance", a d'ailleurs commenté dans la foulée le média féministe digital (Simone). C'est marrant, ça donnerait tout autant l'impression qu'on recule. Encore un peu plus vers les inégalités sur le marché du travail. Ainsi donc, aujourd'hui, de nombreux employeurs préfèrent: Et donc ces mêmes employeurs, déjà tellement sensibilisés à la parité, accepteront très certainement de débourser de bonne grâce jusqu' à douze jours par an de congés supplémentaires, parce qu'il faut bien entendu se préoccuper du bien-être des salariées. Mais oui. Une grande fausse bonne idée, aussi, d'alimenter le mythe des femmes fragiles, pauvres petits êtres menstrués, esclaves de leurs hormones, in- féodées à leurs humeurs, donc improductives. Peut-être faut-il rappeler, juste comme ça, que dans quelques pays les jeunes filles sont interdites d' école certains jours par mois à cause de leurs ragnagnas. Faudrait-il prévoir dans les règlements scolaires que les étudiantes puissent s'absenter mensuellement, alors que leur bas-ventre les fait souffrir? Ça partirait aussi d'un bon sentiment, pourtant. Restent ces fichues dysménorrhées, bien sûr. Terme bien pompeux pour désigner ces crampes plus ou moins déchirantes selon qu'elles sont classifiées "primaires" (légères) ou "secondaires" (p***** de sa mère). Les femmes ont été élevées, depuis toujours, selon le principe qu'il était normal de morfler, les jours sanguins. Or "il faut leur dire que ça ne l'est pas!" scandait déjà le gynécologue Valéry Bogne (Erasme) dans Le Soir, en 2017, alors que l'Italie étudiait l'idée (finalement abandonnée) d'instaurer le congé menstruel. "Il y a lieu de s'inquiéter à partir du moment où [la douleur] altère la qualité de vie." Plutôt que de renvoyer ces femmes dans leur foyer, peut-être serait-il sociétalement plus pertinent d'investir dans la recherche, la prise en charge, la reconnaissance de pathologies comme l'endométriose, dont souffriraient 10% des femmes. Qui mettent parfois près de dix ans à être correctement diagnostiquées. Et de réfléchir globalement à d'autres formes d'organisation du travail, loin des horaires rigides et du présentéisme pernicieux. Pour tous. Pas seulement pour elles.