" Profites-en pour t'avancer pour tes devoirs, comme tu ne nages pas. " " Ah mais non, maman, on doit recopier des pages. " Même tarif qu'un oubli de maillot : gratter, bêtement. " Mais des textes intelligents, hein ! " avait répliqué l'enseignante interpellée lors de cette réunion de parents.
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" Profites-en pour t'avancer pour tes devoirs, comme tu ne nages pas. " " Ah mais non, maman, on doit recopier des pages. " Même tarif qu'un oubli de maillot : gratter, bêtement. " Mais des textes intelligents, hein ! " avait répliqué l'enseignante interpellée lors de cette réunion de parents. Punis et menstruées, traitement indifférencié. Ça vaut pour les malades aussi, précise en substance le directeur du collège bruxellois Saint-Pierre. Evidemment, l'idéal serait une autre activité physique adaptée, une participation indirecte, un travail de réflexion, poursuit-il. Mais bon, les professeurs n'ont que cinquante minutes et beaucoup d'élèves, alors oui, certains demandent " peut-être un peu vite " de recopier. Et de toute façon, tout cela est réglé par une circulaire. Circulez.Y a pourtant à voir, dans ce texte. Qui préconise - en derniers recours - des travaux théoriques en relation avec le cours, des analyses, des synthèses. Mais nulle part le bête recopiage de textes intelligents. Nulle part, non plus, ces circulaires n'évoquent les menstruations. Les élèves du secondaire ont pourtant statistiquement plus de chances d'être indisposées que de se casser le pied. Les règles ? Quelles règles ?Le sang qui s'écoule mensuellement des vagins n'existe pas. La preuve, dans les pubs, il est bleu ! Puis, il ne se nomme pas. Il se surnomme : ragnagnas, ours, périodes, armée rouge... C'est plus pudique. Parce qu'il est sale, c'est la Bible qui l'a dit. " Quand une femme aura un flux [...] elle sera sept jours dans son impureté. Quiconque la touchera sera impur jusqu'au soir. Tout meuble sur lequel elle se couchera pendant son impureté sera impur, tout objet sur lequel elle s'assiéra sera impur. " Seigneur ! Tant d'impuretés et, à l'époque, même pas de Dettol pour nettoyer. Les tampons se planquent, les serviettes s'échangent clandestinement. Plutôt crever que de vider une cup menstruelle dans un évier partagé. Personne n'en a rien à faire, que ces protections " hygiéniques " coûtent cher. Qu'elles soient bourrées de pesticides, de phtalates, de substances cancérigènes et de perturbateurs endocriniens. Le vagin ensanglanté est déjà plein d'impuretés, askip(araît). Parole de Dieu. Saignez, femmes. En secret. Et en silence. Même quand l'endométriose cogne comme des coups de pied dans le bide. De ça aussi, la science se fiche. " Une formidable avancée serait de casser l'image de saleté et de honte collée aux menstruations. Cela doit commencer le plus tôt possible car les adolescentes apprennent à considérer le sang menstruel comme une source de honte et de dégoût. Cette perception a des effets sur l'expérience qu'elles font de cet événement et les pousse à considérer leur statut de femme comme contraignant et négatif. " Bête recopiage d'une analyse intelligente des Femmes prévoyantes socialistes (FPS) sur le tabou des règles. Ces " ragnagnas " qui sont devenus l'un des combats du féminisme nouvelle génération. Comme celui qui s'est affiché, en février 2019, dans les rues de Paris, le legging volontairement taché à l'entrejambe. Parce que le sang n'est pas impur, peu importe d'où il coule. Penser le contraire, c'est perpétuer l'image d'un corps féminin faible, inférieur, intrigant. Casser l'image de la saleté et de la honte, le plus tôt possible, écrivent donc les FPS. A l'école, par exemple ?