Jusqu'à aujourd'hui en Belgique, le coronavirus a tué 9.675 personnes. Parmi celles-ci, la moitié étaient des résidents de maisons de repos et soins. L'application d'un protocole d'urgence dans ces institutions aurait-il pu permettre de sauver des vies ? Oui, selon le professeur Jan De Lepeleire de la KU Leuven, à l'initiative des travaux sur un plan d'urgence en 2006.

Ce que prévoyait le plan

Des masques buccaux, du gel hydroalcoolique, une hygiène des mains renforcée, des formations supplémentaires et un soutien des services de gériatrie des hôpitaux voisins. Voici dans les grandes lignes les recommandations à destination des maisons de repos et de soins en cas d'épidémie élaborée par l'équipe du professeur De Lepeleire en 2006, signalent Het Nieuwsblad et De Standaard jeudi.

Une demande gouvernementale

À la demande du gouvernement en 2006, un groupe de travail universitaire avait élaboré une proposition pour "la gestion des infections dans les maisons de repos et de soins". En d'autres termes, que faire en cas d'épidémie? "Cela coûterait environ 20.000 euros par installations", affirmait le professeur Jan De Lepeleire de la KU Leuven.

Dans un premier temps, le SPF Santé publique avait qualifié ces suggestions d'"irréalistes", mais un projet pilote mené en 2011 avait prouvé que le raisonnement était applicable et efficace. Pourtant ces plans n'ont pas été mis en pratique.

"On aurait pu sauver des vies"

"La politique nous a abandonnés", déplore M. De Lepeleire dans ces journaux. "Elle n'a rien fait depuis 14 ans pour nous préparer à une telle épidémie. Cela aurait permis de sauver des vies", constate-t-il.

"Elle n'a rien fait depuis 14 ans pour nous préparer à une telle épidémie. Cela aurait permis de sauver des vies"

Femarbel stupéfaite par l'abandon de ce plan d'urgence

La fédération des maisons de repos Femarbel a fait part de sa colère après ces révélations. Elle rappelle qu'elle avait pointé dès le début du mois de mars le risque épidémique sur le secteur et qu'elle avait insisté sur "l'urgence absolue" de disposer du matériel de protection requis et de tester les résidents ainsi que les membres du personnel.

Femarbel se dit furieuse d'avoir été tenue dans l'ignorance de ce plan, "de son enterrement en grande pompe" et des "conséquences dramatiques de cet abandon".

"Des semaines précieuses ont été perdues pendant que des recommandations d'usage au strict minimum des masques disponibles étaient données, ainsi que pour réduire au maximum les hospitalisations des résidents", dénonce la fédération. "Dans ce contexte, des hospitalisations ont été aussi refusées. Le prix de ces pertes de temps et de ces recommandations a été lourdement payé en avril."

"Le prix de ces pertes de temps et de ces recommandations a été lourdement payé en avril."

La fédération demande aujourd'hui l'élaboration d'une stratégie durable de "testing" et une adaptation des normes afin de permettre aux institutions de disposer d'un stock permanent de matériel de protection spécialisé. Les tutelles régionales doivent également prendre des mesures de soutien, ajoute Femarbel.

Jusqu'à aujourd'hui en Belgique, le coronavirus a tué 9.675 personnes. Parmi celles-ci, la moitié étaient des résidents de maisons de repos et soins. L'application d'un protocole d'urgence dans ces institutions aurait-il pu permettre de sauver des vies ? Oui, selon le professeur Jan De Lepeleire de la KU Leuven, à l'initiative des travaux sur un plan d'urgence en 2006. Des masques buccaux, du gel hydroalcoolique, une hygiène des mains renforcée, des formations supplémentaires et un soutien des services de gériatrie des hôpitaux voisins. Voici dans les grandes lignes les recommandations à destination des maisons de repos et de soins en cas d'épidémie élaborée par l'équipe du professeur De Lepeleire en 2006, signalent Het Nieuwsblad et De Standaard jeudi.À la demande du gouvernement en 2006, un groupe de travail universitaire avait élaboré une proposition pour "la gestion des infections dans les maisons de repos et de soins". En d'autres termes, que faire en cas d'épidémie? "Cela coûterait environ 20.000 euros par installations", affirmait le professeur Jan De Lepeleire de la KU Leuven.Dans un premier temps, le SPF Santé publique avait qualifié ces suggestions d'"irréalistes", mais un projet pilote mené en 2011 avait prouvé que le raisonnement était applicable et efficace. Pourtant ces plans n'ont pas été mis en pratique. "La politique nous a abandonnés", déplore M. De Lepeleire dans ces journaux. "Elle n'a rien fait depuis 14 ans pour nous préparer à une telle épidémie. Cela aurait permis de sauver des vies", constate-t-il.La fédération des maisons de repos Femarbel a fait part de sa colère après ces révélations. Elle rappelle qu'elle avait pointé dès le début du mois de mars le risque épidémique sur le secteur et qu'elle avait insisté sur "l'urgence absolue" de disposer du matériel de protection requis et de tester les résidents ainsi que les membres du personnel.Femarbel se dit furieuse d'avoir été tenue dans l'ignorance de ce plan, "de son enterrement en grande pompe" et des "conséquences dramatiques de cet abandon". "Des semaines précieuses ont été perdues pendant que des recommandations d'usage au strict minimum des masques disponibles étaient données, ainsi que pour réduire au maximum les hospitalisations des résidents", dénonce la fédération. "Dans ce contexte, des hospitalisations ont été aussi refusées. Le prix de ces pertes de temps et de ces recommandations a été lourdement payé en avril."La fédération demande aujourd'hui l'élaboration d'une stratégie durable de "testing" et une adaptation des normes afin de permettre aux institutions de disposer d'un stock permanent de matériel de protection spécialisé. Les tutelles régionales doivent également prendre des mesures de soutien, ajoute Femarbel.