La situation dans les maisons de repos au plus fort de la crise du coronavirus s'est révélée de plus en plus sensible et préoccupante au fil des semaines. Dans le secteur, les voix se sont élevées durant la crise, déplorant que les politiques les avaient abandonnés.

Faire la lumière "sur les responsabilités politiques"

Résidents isolés, personnel à bout, pénurie de matériel, pas de testing... les professionnels du secteur ont eu l'impression de ne pas être entendus. Faut-il dès lors mettre en place une commission d'enquête pour faire la lumière sur la gestion de crise ?

C'est dans cette optique que le PTB a déposé une proposition de résolution, visant la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire dans les maisons de repos au sud du pays. "Il y a eu plus de 6.000 décès parmi les résidents de maisons de repos en Belgique, dont 2.100 en Wallonie. Nous voulons une commission d'enquête pour les familles mais aussi pour le personnel soignant de ces établissements qui a affronté cette crise sans armure", souligne le chef de groupe du PTB au parlement wallon, Germain Mugemangango. "Il est important de faire la lumière sur les responsabilités politiques qui ont conduit à cette situation."

Pas le bon format, pas le bon moment

Mais seul le PTB a voté en faveur du texte lors de la commission santé du parlement régional. Le cdH, aussi demandeur d'une commission d'enquête, s'est abstenu. La majorité wallonne a quant à elle rejeté la proposition : "Il y a toujours moyen de faire mieux mais le gouvernement wallon a géré du mieux qu'il le pouvait et en toute transparence, au cours notamment des réunions de la commission spéciale covid-19 mise en place au sein de cette assemblée. Dire le contraire, c'est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle", a rétorqué le chef de file du PS au parlement régional, André Frédéric. "Nous n'échapperons pas à une réflexion de fond sur ce qu'il s'est passé mais une commission d'enquête n'est pas l'outil adéquat. Et ce n'est pas non plus le moment opportun, alors que la crise n'est pas terminée."

Cette question du timing a également été soulevée par Ecolo, Laurent Heyvaert estimant notamment que "la seule question importante, pour le moment, c'est celle de savoir si nous sommes prêts en cas de seconde vague".

Différents niveaux de pouvoirs concernés

"La proposition de résolution du PTB semble considérer la Wallonie comme une île. Or, il y avait un épicentre fédéral dans la gestion de cette crise", a renchéri Stéphane Hazée (Ecolo).

Dans le fond, les partis pour une future évaluation de la gestion de la crise dans les maisons de repos. "Il serait invraisemblable que nous ne tirions pas les conclusions de ce qu'il s'est passé mais ne nous précipitons pas", a pour sa part souligné le chef de file du MR au Parlement de Wallonie, Jean-Paul Wahl. "Prenons le temps de tout évaluer, de tout analyser en concertation avec les autres niveaux de pouvoir. Une commission d'enquête parlementaire n'est pas le bon outil", a-t-il encore estimé.

Le cdH, d'accord sur le fond, pas sur le ton

Un avis que ne partage pas le cdH, lui aussi partisan d'une telle commission, "pas pour trouver un bouc émissaire mais pour obliger certaines personnes à venir s'exprimer devant ce parlement et pour tirer les choses au clair afin que ça ne se reproduise pas", a expliqué François Desquesnes, le chef de file des humanistes wallons. Le cdH s'est toutefois abstenu lors du vote en commission pour une question de "tonalité", "de l'esprit inquisiteur de la proposition de résolution du PTB".

Si la question d'une commission d'enquête parlementaire est écartée pour l'instant en Wallonie, elle reviendra sans aucun doute sur la table au cours de la séance plénière du 1er juillet, consacrée à la gestion de la crise du coronavirus en Wallonie. L'agenda des travaux sera ensuite fixé, mais la volonté partagée est aujourd'hui de se préparer à une éventuelle seconde vague, précise cabinet de la ministre de la Santé, Christie Morreale (PS). (avec Belga)

La situation dans les maisons de repos au plus fort de la crise du coronavirus s'est révélée de plus en plus sensible et préoccupante au fil des semaines. Dans le secteur, les voix se sont élevées durant la crise, déplorant que les politiques les avaient abandonnés. Résidents isolés, personnel à bout, pénurie de matériel, pas de testing... les professionnels du secteur ont eu l'impression de ne pas être entendus. Faut-il dès lors mettre en place une commission d'enquête pour faire la lumière sur la gestion de crise ?C'est dans cette optique que le PTB a déposé une proposition de résolution, visant la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur la gestion de la crise sanitaire dans les maisons de repos au sud du pays. "Il y a eu plus de 6.000 décès parmi les résidents de maisons de repos en Belgique, dont 2.100 en Wallonie. Nous voulons une commission d'enquête pour les familles mais aussi pour le personnel soignant de ces établissements qui a affronté cette crise sans armure", souligne le chef de groupe du PTB au parlement wallon, Germain Mugemangango. "Il est important de faire la lumière sur les responsabilités politiques qui ont conduit à cette situation."Mais seul le PTB a voté en faveur du texte lors de la commission santé du parlement régional. Le cdH, aussi demandeur d'une commission d'enquête, s'est abstenu. La majorité wallonne a quant à elle rejeté la proposition : "Il y a toujours moyen de faire mieux mais le gouvernement wallon a géré du mieux qu'il le pouvait et en toute transparence, au cours notamment des réunions de la commission spéciale covid-19 mise en place au sein de cette assemblée. Dire le contraire, c'est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle", a rétorqué le chef de file du PS au parlement régional, André Frédéric. "Nous n'échapperons pas à une réflexion de fond sur ce qu'il s'est passé mais une commission d'enquête n'est pas l'outil adéquat. Et ce n'est pas non plus le moment opportun, alors que la crise n'est pas terminée."Cette question du timing a également été soulevée par Ecolo, Laurent Heyvaert estimant notamment que "la seule question importante, pour le moment, c'est celle de savoir si nous sommes prêts en cas de seconde vague"."La proposition de résolution du PTB semble considérer la Wallonie comme une île. Or, il y avait un épicentre fédéral dans la gestion de cette crise", a renchéri Stéphane Hazée (Ecolo).Dans le fond, les partis pour une future évaluation de la gestion de la crise dans les maisons de repos. "Il serait invraisemblable que nous ne tirions pas les conclusions de ce qu'il s'est passé mais ne nous précipitons pas", a pour sa part souligné le chef de file du MR au Parlement de Wallonie, Jean-Paul Wahl. "Prenons le temps de tout évaluer, de tout analyser en concertation avec les autres niveaux de pouvoir. Une commission d'enquête parlementaire n'est pas le bon outil", a-t-il encore estimé.Un avis que ne partage pas le cdH, lui aussi partisan d'une telle commission, "pas pour trouver un bouc émissaire mais pour obliger certaines personnes à venir s'exprimer devant ce parlement et pour tirer les choses au clair afin que ça ne se reproduise pas", a expliqué François Desquesnes, le chef de file des humanistes wallons. Le cdH s'est toutefois abstenu lors du vote en commission pour une question de "tonalité", "de l'esprit inquisiteur de la proposition de résolution du PTB".Si la question d'une commission d'enquête parlementaire est écartée pour l'instant en Wallonie, elle reviendra sans aucun doute sur la table au cours de la séance plénière du 1er juillet, consacrée à la gestion de la crise du coronavirus en Wallonie. L'agenda des travaux sera ensuite fixé, mais la volonté partagée est aujourd'hui de se préparer à une éventuelle seconde vague, précise cabinet de la ministre de la Santé, Christie Morreale (PS). (avec Belga)