Une rentrée le 18 mai prochain est-elle possible dans votre établissement ?

A la lecture de la circulaire envoyée à toutes les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les défis sont nombreux. Les règles sanitaires sont claires, mais elles nécessitent des précisions. Les instructions ne sont pas impossibles à appliquer, mais elles sont complexes à mettre en place au niveau logistique. Les premières années à rentrer sont les rhétoriciens. Nous avons établi de diviser les 9 classes en 27 groupes de 10. Nous les accueillerons 2 jours maximum par semaine, en continuant l'apprentissage à distance les jours où les élèves ne seront pas présents à l'école.
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A la lecture de la circulaire envoyée à toutes les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les défis sont nombreux. Les règles sanitaires sont claires, mais elles nécessitent des précisions. Les instructions ne sont pas impossibles à appliquer, mais elles sont complexes à mettre en place au niveau logistique. Les premières années à rentrer sont les rhétoriciens. Nous avons établi de diviser les 9 classes en 27 groupes de 10. Nous les accueillerons 2 jours maximum par semaine, en continuant l'apprentissage à distance les jours où les élèves ne seront pas présents à l'école. Nous fonctionnerons comme le veut la circulaire en silo, c'est-à-dire que ces groupes de 10 élèves resteront fixes, toujours dans le même local, seul le professeur changera de pièce. Les élèves ne pourront pas rentrer en contact avec les autres groupes. Sinon, il faudrait à chaque fois désinfecter les locaux et le matériel au cours de la journée. Les pauses se feront aussi de façon alternée. Le souci, c'est la pause de midi, car il n'y aura pas de réfectoires ni de repas chauds. Nous avons la chance d'avoir un grand campus. Les élèves ont assez d'espace et des surveillants veilleront au respect de la distanciation sociale. Il faudra aussi tenir compte des profils à risque (diabétiques, cardiaques...) dans le personnel enseignant et les élèves. Ça c'est pour la théorie, nous restons très prudents. Un retour en classe est réalisable selon nos plans, mais nous ne l'avons pas encore passé au modèle pratique. Il faudra voir comment cela s'organise concrètement sur le terrain, notamment pour les nouveaux horaires à établir. On doit véritablement organiser une nouvelle rentrée scolaire en plein mois de mai. La circulaire n'est pas claire en ce qui concerne la fourniture de masques et de gels désinfectants. Nous avons encore du gel en stock, mais pour les masques, c'est le flou le plus total. En plus des masques à fournir aux professeurs, nous aurions besoin de 2 masques en tissu par élève, car il doit être lavé chaque jour selon les recommandations d'hygiène. Le gouvernement devrait donc nous fournir près de 500 masques rien que pour la 6ème année et 2500 par semaine s'il s'agit de masques jetables. Nous ne savons pas à l'heure actuelle si ces masques seront disponibles le 18 mai. Devons-nous les commander nous-mêmes ou attendre que le gouvernement nous les fournisse ? Une autre question que l'on se pose : qui va les payer ? Les plus petites écoles risquent d'avoir des problèmes pour financer ce matériel. Nous avons relayé tous ces doutes et ces questions au SeGEC (le Secrétariat général de l'enseignement catholique).Ce que l'on remarque c'est que l'écrasante majorité des élèves de 6ème secondaire désire revenir à l'école. Selon un sondage que nous avons organisé, 96,8 % des répondants sont pour. Même si des inquiétudes bien légitimes sont exprimées par nos professeurs et éducateurs (en particulier celles et ceux faisant partie de groupes à risque), ceux-ci sont majoritairement motivés et enthousiastes à l'idée de reprendre le travail et de renouer le contact avec les élèves. L'importance d'une présence en classe est cruciale pour nos élèves de dernières années. Les "gros" cours, de plus de 2 heures, seront prioritisés. Il s'agit des cours de langues, de maths, de sciences, de français ou encore, de sciences économiques. Et cela, afin de les préparer au mieux aux examens d'entrée de médecine ou d'ingénieur. Parmi nos élèves, 30% désirent passer ce type d'examens. En ce qui concerne les enfants des autres niveaux d'étude, je suis, par contre, d'avis que le jeu ne vaut vraiment pas la chandelle de les faire revenir en classe. Sauf pour les enfants en difficulté scolaire qui ont besoin d'un apprentissage accompagné d'un professeur, un ou deux jours par semaine. C'est tout à fait inorganisable d'accueillir davantage d'élèves en même temps dans notre établissement selon le respect strict des règles édictées. Il est évident que les syndicats veillent au grain. Ils feront tout pour que les instructions de la circulaire soient strictement respectées dans chaque établissement, quitte à interdire une rentrée si ce n'est pas le cas. Le 6 mai, le CPPT (le Comité pour la prévention et la protection au travail) se réunit pour avaliser nos plans. La possibilité de rentrer en toute sécurité dépend aussi de la décision du Conseil National de Sécurité par rapport à l'évolution de la courbe épidémique. Nous avons donc plusieurs épées de Damoclès au-dessus de nos têtes. Nous devons rester créatifs. Nous ne sommes pas en mesure à l'heure actuelle de répondre aux multiples questions des parents inquiets.