Prendre les devants sur le virus pour éviter une surcharge dans les hôpitaux, telle est la volonté des autorités, à l'heure où Bruxelles souffre de son faible taux de vaccination. Recrudescence des cas, multiplication des hospitalisations... L'épidémie s'accélère dans la capitale, qui apparaît désormais en rouge foncé sur la carte du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
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Prendre les devants sur le virus pour éviter une surcharge dans les hôpitaux, telle est la volonté des autorités, à l'heure où Bruxelles souffre de son faible taux de vaccination. Recrudescence des cas, multiplication des hospitalisations... L'épidémie s'accélère dans la capitale, qui apparaît désormais en rouge foncé sur la carte du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC)."Si la situation dans le pays n'est guère critique - avec 9% d'occupation des lits en soins intensifs en Belgique - rien qu'à Bruxelles, on a dépassé les 25%, en moyenne", prévient Marcel Van der Auwera. Cela signifie donc que certains hôpitaux atteignent déjà près de 50% d'occupation des lits en soins intensifs. "Le point critique, c'est qu'à partir de 25%, certains soins pour d'autres pathologies sont déjà reportés. A fortiori si on atteint 50% d'occupation des lits. "Le SPF Santé publique appelle donc à la solidarité des autres Régions : "Nous voulons disperser les patients bruxellois vers d'autres institutions qui sont moins lourdement touchées. "S'il y a plus de personnes hospitalisées dans les hôpitaux de la capitale qu'ailleurs, la situation n'est certainement pas aussi grave que les fois précédentes. "Dans les faits, ce n'est pas vraiment un tsunami bruxellois qui va se déverser sur le pays. Car on ne parle en quantité réelle que d'une septantaine de patients covid en soins intensifs à Bruxelles", rassure néanmoins le chef du département aide médicale urgente au SPF Santé publique.Une situation qui n'a donc rien avoir avec les vagues précédentes. À l'époque, tous les hôpitaux étaient pleins. Le principe des transferts reste donc le même, mais l'objectif diffère : les autorités veulent désormais éviter que les lits destinés aux patients qui n'ont pas le covid soient convertis en lits covid. " Si on arrivait à déplacer 10-15 patients, cela soulagerait déjà beaucoup les institutions bruxelloises. Et ce n'est pas une quantité qui va impacter les soins dans d'autres Régions ", nous explique Marcel Van der Auwera.La situation n'est donc pas critique, mais il ne faut pas non plus qu'il y ait des soucis, voire une implosion du système hospitalier. "Ce que je tiens à nuancer, c'est que dans les hôpitaux bruxellois, 23% des patients ne viennent pas de la capitale. Ils viennent principalement de Wallonie et du Brabant flamand", précise Inge Neven, chef de l'inspection sanitaire de Bruxelles dans une interview accordée à De Morgen. "Mais il est indéniable que les admissions sont les plus élevées à Bruxelles. Il y a beaucoup de nouvelles infections en raison du retour des voyageurs et parce que la vaccination ne se déroule pas aussi bien que nous le souhaiterions."Si les transferts dans les autres Régions débutent officiellement aujourd'hui, des patients ont déjà été déplacés dans d'autres hôpitaux ce week-end. Les hôpitaux, via leurs réseaux, ont en effet déjà vu arriver des transferts, même en dehors de Bruxelles. "Si on prend l'exemple de l'hôpital VUB à Jette, le réseau de la VUB s'étend sur Alost et Hal. Ce qui fait qu'eux ont déjà transféré des patients vers Alost. Mais ça se fait en intra-réseau".Aujourd'hui, le système prévoit de répartir les patients au-delà de ces réseaux hospitaliers. D'où l'importance d'avoir un dispatching fédéral qui a l'image de l'entièreté du pays et qui permettra et facilitera les transferts des patients vers d'autres institutions, hors réseaux.Pour cela, une liste des lits disponibles dynamique a été créée. Si une institution bruxelloise est en demande de transfert d'un ou plusieurs patients, un inspecteur d'hygiène va contacter les hôpitaux présents dans la liste pour vérifier leurs disponibilités. À ce moment-là, l'hôpital bruxellois qui désire envoyer un patient et l'hôpital receveur sont mis en contact. "Il est nécessaire de faire un lien médical entre les deux institutions, car les soins requis par le patient ne peuvent peut-être pas lui être offerts dans tous les hôpitaux de cette liste", explique Marcel Van der Auwera. Le transfert doit donc être bien réfléchi au préalable.Dernier élément clé dans ce puzzle: la famille. Sans son accord, le patient ne sera pas transféré. La liberté de choix du patient et de ses proches reste le dernier élément à respecter avant toute prise de décision définitive. "Régulièrement, on voit des familles qui ne veulent pas voir le patient transféré dans une autre institution, à cause du dossier médical déjà enregistré dans l'institution bruxelloise notamment." Plusieurs facteurs nécessitent donc un feu vert. Dès que tout est accepté, le transfert est alors organisé.