Ce lundi 25 mai se déroule la deuxième phase de la reprise scolaire en Wallonie. Après les élèves de 6e primaire (pour maximum deux jours), c'est au tour des élèves de 1re et 2e primaires de rentrer. Dans le secondaire, après la rentrée des rhétoriciens le 18 mai dernier, c'est maintenant au tour des élèves de 2e secondaire de retrouver les bancs de leur école. Chaque direction reste toutefois libre de moduler cette deuxième phase de déconfinement en fonction de ses capacités organisationnelles, de ses locaux, ou encore, des conditions de sécurité.
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Ce lundi 25 mai se déroule la deuxième phase de la reprise scolaire en Wallonie. Après les élèves de 6e primaire (pour maximum deux jours), c'est au tour des élèves de 1re et 2e primaires de rentrer. Dans le secondaire, après la rentrée des rhétoriciens le 18 mai dernier, c'est maintenant au tour des élèves de 2e secondaire de retrouver les bancs de leur école. Chaque direction reste toutefois libre de moduler cette deuxième phase de déconfinement en fonction de ses capacités organisationnelles, de ses locaux, ou encore, des conditions de sécurité. La ville de Liège a, par exemple, annoncé ne pas organiser la rentrée des classes en première année primaire et en deuxième année secondaire ce lundi. Les garanties, en termes de locaux disponibles, n'étant pas réunies, a indiqué l'échevinat de l'instruction publique fin de la semaine dernière.Du côté flamand, le ministre de l'Enseignement Ben Weyts (N-VA) a pris de vitesse le Conseil National de Sécurité (CNS) en plaidant pour que toutes les classes de primaire et maternelle retournent à l'école dès le 2 juin. Ben Weyts a déjà concerté les acteurs de l'enseignement néerlandophones et a invité la présidente du GEES (Erika Vlieghe) à cette réunion. Va-t-on assister à une rentrée à double vitesse en Flandre et en Wallonie ? "Aucune raison que les choses se passent différemment d'un côté ou de l'autre de la frontière linguistique", rétorque Caroline Désir (PS), ministre de l'Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles dans les colonnes de La Libre. La sortie de Ben Weyts a été peu appréciée par le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet (MR). D'autres observateurs lui reprochent une impatience inutile et s'agacent de sa politique d'annonces jugée contreproductive. Dans une carte blanche publiée sur De Morgen ce week-end, un directeur d'une école flamande reproche au ministre Weyts le manque de considération du travail effectué par les enseignants et leur direction ces dernières semaines pour organiser le retour à l'école et son peu d'expérience sur le terrain. Ce n'est pas la première fois que le ministre Ben Weyts, qui aime montrer qu'il se fait du souci pour la scolarité perturbée des écoliers, joue cavalier seul et met la pression pour faire rentrer le maximum d'élèves à l'école, aniticipant sur les décisions officielles. Pour la première phase de rentrée, il avait décidé de déjà faire rentrer une partie des élèves de première année primaire le vendredi 15 mai, avec une petite longueur d'avance symbolique sur le sud du pays. La Flandre a aussi pris quelques libertés par rapport à la Wallonie et a assoupli certaines règles édictées par le CNS. Les garderies accueillent jusqu'à 20 enfants. Dans les classes, on compte jusqu'à 14 enfants alors que la règle est de 10. Du côté francophone et en communauté germanophone, si on se montre plus discrets - attentistes selon certains observateurs plus critiques - dans les déclarations, la volonté est bien de faire rentrer le maximum d'élèves "mais seulement si c'est possible au niveau sanitaire et organisationnel", déclare, prudente, la ministre Caroline Désir. "Au départ, les experts ont dit que les petits enfants n'étaient pas en mesure de respecter les consignes de distanciation physique. Un mois plus tard, la question se pose : peut-on réévaluer ça ? Les choses sont en train de changer. Les experts du secteur de la santé nous alertent sur les effets du confinement qui sont à un moment donné plus dangereux que la reprise de l'école, notamment pour leur santé mentale. Car le virus touche très peu les enfants et quand ils sont malades, c'est rarement grave ", explique-t-elle dans La Libre. La ministre n'est pas insensible à l'appel de 269 pédiatres qui prônent le retour à l'école, sans masque et sans distanciation. Environ 16.000 médecins toutes disciplines confondues rassemblés sur un groupe Facebook privé ont aussi publié ce week-end un communiqué demandant le redémarrage de l'école maternelle et primaire pour tous les élèves le plus rapidement possible, rapporte Het Nieuwsblad. Des pétitions citoyennes sont également lancées pour la réouverture de toutes les classes début juin ou pour l'égalité des chances des enfants dans l'enseignement belge.La Fédération Wallonie-Bruxelles a donc demandé au GEES si, et comment, un assouplissement de ces normes pouvait être envisagé en toute sécurité. La ministre Désir et le ministre-Président Pierre-Yves Jeholet (MR) attendent un retour officiel avant de communiquer.Coté francophone, certains avancent la puissance des syndicats qui rendrait des déclarations comme celle de Ben Weyts plus compliquée. "Nous avons donné un grand rôle aux syndicats dans la reprise, avec beaucoup de pouvoir. Mais c'est aussi une condition pour rassurer les acteurs. Il y a beaucoup plus d'angoisse côté francophone que flamand. Peut-être en partie à cause du traitement médiatique. Aujourd'hui, c'est bien plus sûr d'aller à l'école que dans un supermarché", déclare la ministre. Ce sera in fine au CNS de trancher lors de sa réunion du 3 juin pour un cadre commun à la Flandre et à la Wallonie. Des réunions sont prévues au cours de la semaine pour discuter de la position du GEES en comité de concertation (fédéral et entités fédérées). Les écoles seront alors libres d'organiser ou non, le retour des élèves dans les meilleures conditions possibles. Il restera alors environ un peu plus d'un mois d'école. Certains se demandent si cela en vaut encore la peine vu le temps qu'il reste jusqu'aux vacances d'été.Mais, accueillir un maximum d'élèves avant la fin juin, c'est aussi préparer la rentrée de septembre plaident les ministres de l'éducation. "C'est notre défi aujourd'hui : préparer le lien avec l'école pour les élèves les plus en difficulté ", dit Jean-Pierre Jeholet, dans Sud Presse. "Je veux la rentrée la plus normale possible, dans l'enseignement obligatoire comme le supérieur", lance-t-il. "Je parle aussi de la présence à l'école. Le 1er septembre, il faut faire en sorte que l'on en revienne à l'obligation scolaire. Il faudra bien sûr voir ce que les experts recommanderont. Ce n'est donc pas plus mal si l'on peut déjà assouplir les conditions dans les jours à venir...". Une grande phase de test donc jusqu'au 30 juin, avec encore quelques rebondissements et prises de bec entre les responsables politiques du nord et du sud du pays ?