Maggie De Block (Open VLD), ministre fédérale de la Santé, est l'objet d'un tir groupé de critiques en cette période de lutte à mort contre l'épidémie de coronavirus. L'incroyable saga des masques et les commandes ratées à répétition, la pénurie globale de matériel médical et la destruction d'un stock stratégique non renouvelé ont miné sa crédibilité. Au même titre que la gestion contestée du budget des soins de santé lors de la législature passée, sous la majorité suédoise.

La fronde syndicale

Dans une carte blanche cinglante publiée sur notre site, la CSC - Services publics réclamait ni plus ni moins, mardi après-midi, le départ de la ministre libérale en pleine tempête : "Votre démission est plus que souhaitée! Vous qui prônez un modèle libéral, si vous n'étiez pas Ministre, dans le privé, vous auriez déjà été remerciée depuis bien bien longtemps." Ce texte résume de façon radicale une grogne généralisée.

Le front commun syndical FGTB-CSC ne va pas aussi loin pour l'instant et ne réclame pas la démission de Maggie De Block. Pas encore, pas tant que l'épidémie sévit de façon sévère. Mais le mécontentement y est tout aussi profond et les syndicats se sont fendus d'ailleurs fendus d'une lettre commune à la Première ministre, Sophie Wilmès (MR) sur un autre sujet : le financement des hôpitaux. Selon Le Soir de ce mercredi matin, les syndicats attendent toujours des garanties sur un maintien de 100% des financements régulières des hôpitaux. Car l'activité hospitalière "normale" diminue et le financement, qui y est en partie lié, risque d'en souffrir.

La grogne médicale

Ce n'est pas tout. Dans une lettre ouverte publiée par La Libre, le Collège des médecins généralistes clame : "Nous avons besoin d'un commandement unique clair pour le navire Belgique". Les médecins soulignent qu'ils se préparent dès à présent à la potentielle seconde vague de la crise avec la sortie des patients Covid-19, les malades dans les maisons de retraite, les patients non traités en raison de la crise... Or, leurs demandes n'ont pas assez été rencontrées à ce jour, notamment en matière d'équipements.

"Nous avons un besoin urgent d'équipement de protection individuel (EPI), écrivent-ils, pour faire face à cette seconde vague qui, si elle n'est pas gérée, ira grossir le flot de ceux qui rejoignent l'hôpital avec ce que cela entraînera inévitablement comme conséquences en termes de surcharge des services, soulignent-ils. Nous avons besoin d'un commandement unique clair pour le navire Belgique. Qui informe et explique en toute transparence l'état de la situation (...). Qui sache réquisitionner le matériel nécessaire et le mettre à disposition des soignants via un système fédéral et efficace." Le président du Collège des médecins généralistes, Thomas Orban, regrette le manque de communication claire et estime même qu'il y a "un manque de volonté de le faire".

De façon générale, le corps médical attend un cap plus clair sur la sortie de crise et la capacité de généraliser les tests. Nonante-et-un médecins engagés ont publié un texte pour dire que le confinement ne suffit pas: "Dites-nous, Madame Sophie Wilmès, pendant que nous apprenons à vivre autrement, que nous renonçons à nos libertés fondamentales et aux rapports humains tels que nous les connaissions, quel est votre plan à moyen et à long terme ? Car, oui, pour protéger les populations vulnérables et ne pas saturer les hôpitaux, nous sommes prêts au confinement ! Mais comment se positionne le gouvernement sur la possibilité d'un dépistage plus systématique et sur la question des besoins immédiats - comme les équipements de sécurité - des professionnel.le.s du social et de la santé ?" Un groupe de travail a été mis en place à ce sujet par le gouvernement.

Les grincements politiques

Politiquement aussi, on grince des dents parmi les soutiens extérieurs au gouvernement Wilmès II, doté de pouvoirs spéciaux. Catherine Fonck (CDH) multiplie les interviews très critiques depuis deux jours. Au Soir, elle affirme qu'il y aura inévitablement une commission d'enquête sur les manquements constatés dans la gestion du matériel. A La Libre, elle affirme que le gouvernement donne l'impression de ne pas savoir où aller, avant de lâcher : "En temps normal, Maggie De Block aurait sans doute dû démissionner."

Quand on la critique sur le caractère étonnant du "soutien" apporté par le CDH au gouvernement et son côté "yaka", elle réplique sur Twitter : "Oui je mets la pression sur le begov. Oui je relaie le terrain trop svt oublié, les multiples appels que je reçois, l'oubli de soignants ds la distribution du matériel de protection, l'urgence de stocks suffisants, l'enjeu du testing massif. C'est pas yaka. Mais nécessaire." Les autres partis francophones soutenant le gouvernement, PS et Ecolo, sont plus discrets ces dernières heures, mais ont eux aussi émis de sérieuses critiques au sujet de sa gestion.

Interrogée par Sudinfo, la ministre Maggie De Block réagit à sa manière : "Je travaille jour et nuit pour gérer cette crise sanitaire, dans l'intérêt de tous. Je n'ai pas le temps de jouer les Caliméro. Je veux protéger au mieux nos citoyens, surtout les plus vulnérables, et nos prestataires de soins qui font un travail remarquable." Une fois le pic de la crise passé, elle risque pourtant de devoir rendre des comptes.

Maggie De Block (Open VLD), ministre fédérale de la Santé, est l'objet d'un tir groupé de critiques en cette période de lutte à mort contre l'épidémie de coronavirus. L'incroyable saga des masques et les commandes ratées à répétition, la pénurie globale de matériel médical et la destruction d'un stock stratégique non renouvelé ont miné sa crédibilité. Au même titre que la gestion contestée du budget des soins de santé lors de la législature passée, sous la majorité suédoise.Dans une carte blanche cinglante publiée sur notre site, la CSC - Services publics réclamait ni plus ni moins, mardi après-midi, le départ de la ministre libérale en pleine tempête : "Votre démission est plus que souhaitée! Vous qui prônez un modèle libéral, si vous n'étiez pas Ministre, dans le privé, vous auriez déjà été remerciée depuis bien bien longtemps." Ce texte résume de façon radicale une grogne généralisée.Le front commun syndical FGTB-CSC ne va pas aussi loin pour l'instant et ne réclame pas la démission de Maggie De Block. Pas encore, pas tant que l'épidémie sévit de façon sévère. Mais le mécontentement y est tout aussi profond et les syndicats se sont fendus d'ailleurs fendus d'une lettre commune à la Première ministre, Sophie Wilmès (MR) sur un autre sujet : le financement des hôpitaux. Selon Le Soir de ce mercredi matin, les syndicats attendent toujours des garanties sur un maintien de 100% des financements régulières des hôpitaux. Car l'activité hospitalière "normale" diminue et le financement, qui y est en partie lié, risque d'en souffrir.Ce n'est pas tout. Dans une lettre ouverte publiée par La Libre, le Collège des médecins généralistes clame : "Nous avons besoin d'un commandement unique clair pour le navire Belgique". Les médecins soulignent qu'ils se préparent dès à présent à la potentielle seconde vague de la crise avec la sortie des patients Covid-19, les malades dans les maisons de retraite, les patients non traités en raison de la crise... Or, leurs demandes n'ont pas assez été rencontrées à ce jour, notamment en matière d'équipements."Nous avons un besoin urgent d'équipement de protection individuel (EPI), écrivent-ils, pour faire face à cette seconde vague qui, si elle n'est pas gérée, ira grossir le flot de ceux qui rejoignent l'hôpital avec ce que cela entraînera inévitablement comme conséquences en termes de surcharge des services, soulignent-ils. Nous avons besoin d'un commandement unique clair pour le navire Belgique. Qui informe et explique en toute transparence l'état de la situation (...). Qui sache réquisitionner le matériel nécessaire et le mettre à disposition des soignants via un système fédéral et efficace." Le président du Collège des médecins généralistes, Thomas Orban, regrette le manque de communication claire et estime même qu'il y a "un manque de volonté de le faire".De façon générale, le corps médical attend un cap plus clair sur la sortie de crise et la capacité de généraliser les tests. Nonante-et-un médecins engagés ont publié un texte pour dire que le confinement ne suffit pas: "Dites-nous, Madame Sophie Wilmès, pendant que nous apprenons à vivre autrement, que nous renonçons à nos libertés fondamentales et aux rapports humains tels que nous les connaissions, quel est votre plan à moyen et à long terme ? Car, oui, pour protéger les populations vulnérables et ne pas saturer les hôpitaux, nous sommes prêts au confinement ! Mais comment se positionne le gouvernement sur la possibilité d'un dépistage plus systématique et sur la question des besoins immédiats - comme les équipements de sécurité - des professionnel.le.s du social et de la santé ?" Un groupe de travail a été mis en place à ce sujet par le gouvernement.Politiquement aussi, on grince des dents parmi les soutiens extérieurs au gouvernement Wilmès II, doté de pouvoirs spéciaux. Catherine Fonck (CDH) multiplie les interviews très critiques depuis deux jours. Au Soir, elle affirme qu'il y aura inévitablement une commission d'enquête sur les manquements constatés dans la gestion du matériel. A La Libre, elle affirme que le gouvernement donne l'impression de ne pas savoir où aller, avant de lâcher : "En temps normal, Maggie De Block aurait sans doute dû démissionner."Quand on la critique sur le caractère étonnant du "soutien" apporté par le CDH au gouvernement et son côté "yaka", elle réplique sur Twitter : "Oui je mets la pression sur le begov. Oui je relaie le terrain trop svt oublié, les multiples appels que je reçois, l'oubli de soignants ds la distribution du matériel de protection, l'urgence de stocks suffisants, l'enjeu du testing massif. C'est pas yaka. Mais nécessaire." Les autres partis francophones soutenant le gouvernement, PS et Ecolo, sont plus discrets ces dernières heures, mais ont eux aussi émis de sérieuses critiques au sujet de sa gestion.Interrogée par Sudinfo, la ministre Maggie De Block réagit à sa manière : "Je travaille jour et nuit pour gérer cette crise sanitaire, dans l'intérêt de tous. Je n'ai pas le temps de jouer les Caliméro. Je veux protéger au mieux nos citoyens, surtout les plus vulnérables, et nos prestataires de soins qui font un travail remarquable." Une fois le pic de la crise passé, elle risque pourtant de devoir rendre des comptes.