Interrogé sur la politique internationale, Theo Francken prévoit une vague de droite lors des prochaines élections italiennes, et notamment du parti Lega Nord. "Quelque part, je comprends. Ces dernières années, 650 000 réfugiés sont arrivés en Italie, presque tous des Africains noirs. Les gens en ont tellement marre. Je ne parle pas de l'électeur amer, mais de l'Italien ordinaire".
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Interrogé sur la politique internationale, Theo Francken prévoit une vague de droite lors des prochaines élections italiennes, et notamment du parti Lega Nord. "Quelque part, je comprends. Ces dernières années, 650 000 réfugiés sont arrivés en Italie, presque tous des Africains noirs. Les gens en ont tellement marre. Je ne parle pas de l'électeur amer, mais de l'Italien ordinaire". "C'est le reflet électoral de l'esprit du temps. Les citoyens sont inquiets et aspirent à la sécurité. Ils veulent garder et défendre la communauté existante. Cela va encore durer des années. Je dois toujours faire attention quand je parle au nom du peuple ou (le politologue néerlandais) Cas Mudde me traite de populiste. Mais on le voit sur internet : les articles les plus lus parlent souvent de Saint-Nicolas. Cela préoccupe-t-il tant de gens, penseriez-vous ? Eh oui. Il s'agit de notre identité, et du sentiment que tout s'écroule". Au cours de l'interview, Francken insiste qu'il n'a rien à voir avec l'extrême droite ni avec le populisme. "La N-VA n'est pas un parti populiste d'extrême droite. Pour nous, "l'identité" est au centre. Eh oui, il s'agit donc aussi des frontières de notre pays, de la politique de sécurité, de qui nous laissons entrer et qui nous refusons. Même Macron parle tout le temps de la France et de la validité universelle des valeurs françaises de la république : la liberté, l'égalité et la fraternité". Francken revient également sur le nouveau Manifeste socialiste annoncé par le PS le 26 novembre dernier. "Le PS propose un nouveau chantier des idées. Mais je dois déblayer le chantier du passé. Je frémis à l'idée que la gauche revienne au pouvoir, car après il faudra qu'on répare les dégâts. Leur politique de sécurité et de migration était désastreuse. Heureusement, Maggie De Block (Open VLD) avait déjà un peu nettoyé". Le 8 février dernier, le think tank britannique Chatham House a révélé les résultats d'une enquête réalisée parmi 10 000 Européens. Celle-ci révèle que deux Belges sur trois (64%) estiment qu'il faut mettre fin à la migration de pays habités majoritairement par des musulmans. Francken confirme ce chiffre. "C'est le cas. Et dans les régions rurales, ce chiffre peut atteindre les huit sur les dix. La question c'est : y a-t-il un problème dans ou avec l'islam ? Il y a un problème avec le salafisme et le wahhabisme, les interprétations les plus conservatrices du Coran. Les prédicateurs salafistes sont-ils encore les bienvenus en Europe ?", s'interroge-t-il.Problème dans l'islam Theo Francken revient également sur sa décision de retirer le permis de travail d'Abdelhadi Sewif, l'imam de la Grande Mosquée (et annulée par le Conseil du Contentieux des Étrangers). "Certains trouvent que ce genre de personnes ne menacent pas directement notre sécurité, mais je trouve ça très naïf. Les imams salafistes ne presseront pas la détente eux-mêmes et ne feront pas exploser de bombes eux-mêmes. Mais ils incitent des gens à le faire. On le voit tous les mois en Europe. (...) Je le répète, il y a un problème dans l'islam. Celui-ci est encore renforcé dans notre pays parce qu'il y a gigantesque problème d'organisation de l'islam. Au début, c'était la Grande Mosquée qui en était responsable, ensuite c'était l'Exécutive des musulmans. Les deux systèmes ont longtemps très mal fonctionné. Du coup, il n'y a presque pas de mosquées reconnues, le niveau des professeurs d'islam est lamentable, et nous n'avons toujours pas de formation d'imam digne de ce nom. Les conséquences de cette non-politique sont funestes pour la façon dont l'islam est vécu dans ce pays, et dont les autres Flamands perçoivent cette religion. Je le dis dans toutes les salles populaires de Flandre". Francken, élevé au rang de politicien le plus populaire de Flandre, a régulièrement fait l'objet de polémiques en 2017 : pensez à sa remarque sur le rôle de Médecins sans Frontières en Méditerranée (qu'il avait traités de passeurs) et sur le 'nettoyage' du Parc Maximilien à Bruxelles le 14 septembre. Il raconte à Knack comment ça se passe quand le Premier ministre le rappelle à l'ordre. "Parfois il m'appelle, parfois il me le fait savoir via un porte-parole ou il passe par Jan Jambon. Le Premier ministre n'a pas parlé du Parc Maximilien, mais il a parlé de Carles Puigdemont. Ce n'est pas parce qu'un journal écrit qu'on me rappelle à ordre que le Premier ministre me téléphone réellement. C'est arrivé, par exemple après mon tweet sur Médecins sans Frontières. Alors j'ai décidé de me taire. Ce n'était d'ailleurs pas très difficile parce que depuis beaucoup de choses ont changé en Méditerranée". "C'était peut-être un peu trop polémique de qualifier les gens de Médecins sans Frontières de 'passeurs'. Mais j'ai eu raison à 100% sur l'histoire des routes de contrebande en Méditerranée, tous les jours", déclare le Secrétaire d'état. Francken se défend de se délecter des petites guerres qu'il déclenche sur Twitter. "Je n'ai jamais été malintentionné, je n'ai pas d'agenda caché, je ne manipule pas, je fais mon travail. Parfois, je me laisse entraîner. Là, je commets des erreurs. Je ne m'excuse pas toujours, parfois oui. J'apprends aussi, mais je me défendrai toujours. Et n'ai-je pas été calme ces dernières semaines?"