Le dossier de la sortie du nucléaire n'est pas un long fleuve tranquille. C'est un euphémisme de l'écrire: décidé au début des années 2000 par une majorité arc-en-ciel avec les écologistes, le dossier reste sensible près de 20 ans plus tard, pour une nouvelle majorité arc-en-ciel "améliorée" (toujours avec les écologistes, mais avec le CD&V en supplément). Au coeur de l'été, les tensions politiques sur le sujet enflent.
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Le dossier de la sortie du nucléaire n'est pas un long fleuve tranquille. C'est un euphémisme de l'écrire: décidé au début des années 2000 par une majorité arc-en-ciel avec les écologistes, le dossier reste sensible près de 20 ans plus tard, pour une nouvelle majorité arc-en-ciel "améliorée" (toujours avec les écologistes, mais avec le CD&V en supplément). Au coeur de l'été, les tensions politiques sur le sujet enflent.L'objectif de fermer toutes les centrales nucélaires en 2025 pourra-t-il être tenu? C'est loin d'être sûr. Et si l'accord de gouvernement n'a pas vraiment tranché, en attendant d'établir le mix énergétique du futur,les libéraux mettent la pression afin que l'on maintienne au moins deux réacteurs actifs au-delà de 2025. Motivation? Une sortie avant cette date compromettrait l'approvisionnement en électricité et ferait exploser les prix.Dans La Libre de ce mardi, c'est le député wallon MR Manu Douette, par ailleurs bourgmestre de Hannut, qui a sorti la calculette pour affirmer l'impossibilité de fermer toutes les centrales à la date prévue. Si l'on s'en tient au niveau wallon, à tout le moins. "En additionnant de manière très optimiste l'impact des mesures qui sont prévues, comme l'isolation des maisons, l'augmentation des transports en commun, la mobilité douce, l'effort des industries, la conscientisation des industries etc., ce ne sera pas suffisant", plaide-t-il, chiffres à l'appui. Il resterait 220 TWh à compenser, résume-t-il. Or, les énergies renouvelables ne seraient pas en mesure de combler entièrement le déficit. Outre le maintien de centrales existantes qui ont été rénovées pour le prolongement, le député libéral wallon plaide en faveur de nouvelles technologiques comme les petits réacteurs modulaires.Le débat, sensible entre libéraux et écologistes, rebondit donc au sein de la majorité wallonne.Au nord du pays, les tensions sont fortes entre les écologistes et les nationalistes de la N-VA.La semaine dernière, le refus de la province du Brabant flamand d'accorder un permis pour la centrale au gaz de Vilvorde a fait grand bruit en Flandre. Bart De Wever, président de la N-VA, en avait profité pour rappeler son profond désaccord avec la décision de sortie du nucléaire d'ici 2025. "Abolissons la sortie du nucléaire et concentrons-nous pleinement sur une politique énergétique durable, fiable et abordable avec l'énergie nucléaire", avait-il déclaré sur Twitter.Depuis, le torchon brûle entre la ministre fédérale de l'Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) et son homologue flamande, Zuhal Demir (N-VA). La première a rappelé dans une interview au Morgen des déclarations de la seconde affirmant qu'elle n'octroierait pas de permis aux centrales au gaz. "Mensonge", a rétorqué Zuhal Demir sur Facebook. Selon elle, cet octroi doit suivre les procédures habituelles, rien de plus.Rik Van de Walle, recteur de l'université de Gand, a lui aussi plongé dans le débat avec des déclarations fortes s'en prenant aux écologistes, dénonçant dans une série de messages sur Twitter "la malhonnêteté intellectuelle et le discours unidirectionnel" des responsables de Groen qui qualifient, dit-il, ceux qui ne sont pas d'accord avec eux "quasiment d'illettrés".La sérénité pour trouver un accord, qui impliquera forcément tous les niveau de pouvoir, n'est pas de mise.