En avril dernier, le conseil des ministres a adopté des arrêtés royaux visant à fermer nos sept centrales nucléaires d'ici 2025. Le gestionnaire belge de la haute tension, Elia, estime qu'après la fermeture de la dernière centrale nucléaire, une capacité de remplacement de 3,6 gigawatts sera nécessaire pour continuer à garantir l'approvisionnement en électricité de notre pays. Un approvisionnement qui passera par de nouvelles centrales au gaz.
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En avril dernier, le conseil des ministres a adopté des arrêtés royaux visant à fermer nos sept centrales nucléaires d'ici 2025. Le gestionnaire belge de la haute tension, Elia, estime qu'après la fermeture de la dernière centrale nucléaire, une capacité de remplacement de 3,6 gigawatts sera nécessaire pour continuer à garantir l'approvisionnement en électricité de notre pays. Un approvisionnement qui passera par de nouvelles centrales au gaz. Cependant, les obstacles se multiplient pour la construction de ces centrales à gaz. Après le rejet en avril par la province du Limbourg d'un projet de construction d'une usine à gaz à Dilsen-Stokkem, le refus de la province du Brabant flamand d'accorder un permis pour la centrale au gaz de Vilvorde continue de faire du bruit en Flandre. Un revers pour la politique énergétique fédérale et une décision a été qualifiée de "surprenante" par Engie.Malgré un avis positif de la commission provinciale du permis d'environnement en juin, ce sont des arguments environnementaux que la Province a avancés pour rejeter le projet. Un non-suivi extrêmement rare, selon Engie. Le député provincial N-VA, Gunther Coppens justifie cette décision en indiquant que le projet émettrait trop d'azote, de CO2 et d'ammoniac. De plus, il entrerait en contradiction avec le plan de politique de qualité de l'air mené par la ville de Vilvorde. Notons qu'une procédure d'appel de la décision provinciale reste encore possible devant la ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir.Bataille politiqueInterrogée sur le rejet dans l'émission "De Ochtend" sur Radio 1, la ministre fédérale de l'Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) a déclaré "refuser d'en faire une bataille politique". Cela y ressemble pourtant très fort. Bart De Wever ne s'est pas privé de rappeler son profond désaccord avec la décision de sortie du nucléaire d'ici 2025, présente dans l'accord de gouvernement. "Abolissons la sortie du nucléaire et concentrons-nous pleinement sur une politique énergétique durable, fiable et abordable avec l'énergie nucléaire", a-t-il d'ailleurs déclaré sur Twitter."Le gouvernement fédéral n'est clairement pas en mesure de fournir une capacité de remplacement suffisante pour absorber la fermeture de toutes les centrales nucléaires", a de son côté réagi Zuhal Demir sur sa page Facebook. Elle a immédiatement précisé que "la Flandre examine chaque demande en fonction de la capacité de charge de notre environnement" et que "les usines à gaz n'auront pas la vie facile". Si la capacité de remplacement devient un problème et que la sécurité d'approvisionnement est compromise, l'accord de gouvernement prévoir le prolongement de l'énergie nucléaire jusqu'à 2 GW. Cinq réacteurs seront progressivement arrêtés, quoi qu'il arrive, entre 2022 et 2025, et les deux autres font l'objet d'une décision finale en automne.