Le Parti socialiste a tranché: il "considère que le port des signes convictionnels doit être interdit dans le secteur public pour tous les agents qui exercent des fonctions d'autorité, càd des fonctions de décision et de contrainte, et qui sont en contact visuel avec le public."
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Le Parti socialiste a tranché: il "considère que le port des signes convictionnels doit être interdit dans le secteur public pour tous les agents qui exercent des fonctions d'autorité, càd des fonctions de décision et de contrainte, et qui sont en contact visuel avec le public." Le PS était embarrassé par la question de la neutralité dans l'administration publique, suite à la décision du tribunal du travail de Bruxelles rendue au début de ce mois, évoquant une double discrimination - de genre et religieuse, au sujet d'une femme voilée empêchée de travaillée à la STIB. Alors que le MR et DeFI prenaient des décisions fortes sur le sujet, le PS avait mis le sujet au manu d'un réflexion interne, pour trouver une voie médiane entre les laïcs historiques et son aile plus "communaurariste".Ce faisant, les socialistes se distinguent clairement de la ligne écologiste. Ce week-end, dans un interview à L'Echo, Paul Magnette le disait clairement en critiquant la décision prise par les verts de nommer une commissaire générale voilée à l'Institut fédéral pour l'égalité hommes-femmes:" J'avoue que j'ai un peu de mal à suivre Ecolo qui dit ne pas vouloir autoriser les signes religieux à des fonctions d'autorité désigne une personne portant un signe religieux à une fonction d'autorité."Par ailleurs, le PS rappelle par ailleurs que notre pays est régulièrement pointé du doigt pour les discriminations, en particulier dans le monde du travail. Il souligne que le port de signes convictionnels doit toujours résulter d'un libre choix. Aucune pression ne peut être tolérée. Cela va dans le sens de la volonté de la majorité régionale bruxelloise de trouver un compromis concernant la STIB et les autres services publics, pour faire un pas en faveur d'une "diversité inclusive", comme le souhaite Ecolo, tout en respectant la neutralité.Enfin, le PS se dit prêt à un débat au sujet de l'inscirption de la laïcité dans la Constitution, un débat qui avait été initié sous la législature précédente et qui a avorté faute d'accord... sur les articles de la Constitution soumis à révision.Au sein de la majorité bruxelloise, c'est DeFI qui tient la position la plus intransigeante en ce qui concerne la neutralité. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, lui a d'ailleurs exprimé son soutien ce week-end, affirmant que le MR ne remplacerait en aucun cas DeFI dans le gouvernement pour prendre des décisions allant à l'encontre de cette valeur fondamentale.François De Smet, président de DeFI, se pose des questions au sujet de la ligne adoptée par le PS: "Qu'est-ce qu'une fonction de décision et de contrainte? Pas si clair. Un agent communal ou un conducteur de bus le sont, stricto sensu. Ceci plaide logiquement en faveur de l'appel dans le dossier STIB; car acquiescer au jugement reviendrait à y refuser une telle distinction."Le MR a immédiatement réagi: "Cette position est un cheval de Troie, souligne Georges-Louis Bouchez. Dans quelques années, on dira que les personnes qui portent des signes convictionnels ne peuvent évoluer dans la carrière en raison d'une règle "absurde" puisque des agents en portent déjà. La neutralité doit être totale et non négociable."La cheffe de groupe libérale au parlement bruxellois, Alexia Bertrand, est également tranchée: "Position intenable!, écrit-elle. Il arrive que des citoyens doivent rencontrer ces personnes qui travaillent en back-office (en matière d'urbanisme par ex). Dans les petites communes, les gens sont polyvalents et amenés à faire tant du travail au guichet que derrière celui-ci.""En limitant la neutralité de l'Etat aux fonctions de contrainte et d'autorité, le PS abandonne son héritage laïc et tourne le dos à une part de son histoire, estime le député fédéral Denis Ducarme (MR). Triste pour mes amis socialistes qui portaient ces valeurs que nous avons en commun."