Sur les réseaux sociaux, dans les interventions publiques, devant les grilles du palais d'Egmont, on n'entendait plus parler que de ça, des trophées emportés par les uns et par les autres au terme de longues heures de négociation sur le programme de la Vivaldi. Des totems même, plus que des trophées, que chacun voulait brandir à la face de ses électeurs. Le gel d'une révision de la loi sur l'IVG pour le CD&V, l'absence de nouvel impôt ou une réforme du marché du travail pour les libéraux, la revalorisation de la pension minimum à 1 500 euros pour les socialistes, un pacte climatique et la confirmation du stop nucléaire pour les verts.

Que le début

Chacun le sien, donc, et une base pour le programme du nouveau gouvernement belge. Car enfin, après seize mois de notes de travail, d'exclusives, de coups de poker et d'urgence Corona, la course pour doter la Belgique d'un gouvernement de plein exercice touche au but. Une course longue et semée d'embûches qui ne fait pourtant que commencer. Et qui doit encore durer quatre ans. Or, quatre années, c'est long quand on est poussé dans le dos par la crainte de l'ennemi davantage que par un objectif commun. Quand on est sept à table. Qu'on entame sa législature avec un déficit de confiance entre partenaires et de la part de l'opinion publique. Pourtant, et c'est une préoccupation criante semaine après semaine dans la gestion de la crise du coronavirus, l'adhésion de la population est fondamentale pour que la politique s'avère efficace. Une adhésion qui n'adviendra que grâce à la transmission d'un message clair. Aujourd'hui, sur le front sanitaire, il n'en est rien.

Autour des contacts sociaux, le message est au mieux perçu comme flou. "Vous pouvez voir autant de personnes que vous voulez tant que vous respectez les règles de distanciation sociale." Mais un "autant que vous voulez", qui est aussi un "pas plus de dix à la fois" et qui se mue en cinq quand on évoque les contacts rapprochés. Autour du masque, carrément contradictoire. Constat : la situation sanitaire est préoccupante. Annonce : le port du masque n'est plus obligatoire sauf dans les zones très fréquentées. Bémol : aux bourgmestres de délimiter ces périmètres. Rétropédalage : des nouvelles restrictions sont mises en place dans différentes provinces, communes et Régions.

Perdre la mobilisation

Bref, désarroi et exaspération grandissent dans la population belge. Sans encore se muer en fronde comme à Marseille. Mais suffisamment pour commencer à perdre la mobilisation au moment où le citoyen est plus que jamais au coeur de la solution pour éviter la deuxième vague tant redoutée. Sur le terrain politique, pareil. La lassitude du citoyen est perceptible. Et on redoute la deuxième vague qui pourrait déferler en 2024. Elle commence d'ailleurs à faire son lit, inondant les réseaux sociaux de discours parcellaires, faux, dangereux et simplistes, organisant des actions ostentatoires, diffusant des messages nauséabonds sur les plateaux télé. Renouer le contact avec le citoyen sera donc "le" totem à conquérir de la Vivaldi. Faute de quoi un autre sera brandi par d'autres dans quatre ans. Et ce ne sera pas celui de l'unité.

Sur les réseaux sociaux, dans les interventions publiques, devant les grilles du palais d'Egmont, on n'entendait plus parler que de ça, des trophées emportés par les uns et par les autres au terme de longues heures de négociation sur le programme de la Vivaldi. Des totems même, plus que des trophées, que chacun voulait brandir à la face de ses électeurs. Le gel d'une révision de la loi sur l'IVG pour le CD&V, l'absence de nouvel impôt ou une réforme du marché du travail pour les libéraux, la revalorisation de la pension minimum à 1 500 euros pour les socialistes, un pacte climatique et la confirmation du stop nucléaire pour les verts. Chacun le sien, donc, et une base pour le programme du nouveau gouvernement belge. Car enfin, après seize mois de notes de travail, d'exclusives, de coups de poker et d'urgence Corona, la course pour doter la Belgique d'un gouvernement de plein exercice touche au but. Une course longue et semée d'embûches qui ne fait pourtant que commencer. Et qui doit encore durer quatre ans. Or, quatre années, c'est long quand on est poussé dans le dos par la crainte de l'ennemi davantage que par un objectif commun. Quand on est sept à table. Qu'on entame sa législature avec un déficit de confiance entre partenaires et de la part de l'opinion publique. Pourtant, et c'est une préoccupation criante semaine après semaine dans la gestion de la crise du coronavirus, l'adhésion de la population est fondamentale pour que la politique s'avère efficace. Une adhésion qui n'adviendra que grâce à la transmission d'un message clair. Aujourd'hui, sur le front sanitaire, il n'en est rien.Autour des contacts sociaux, le message est au mieux perçu comme flou. "Vous pouvez voir autant de personnes que vous voulez tant que vous respectez les règles de distanciation sociale." Mais un "autant que vous voulez", qui est aussi un "pas plus de dix à la fois" et qui se mue en cinq quand on évoque les contacts rapprochés. Autour du masque, carrément contradictoire. Constat : la situation sanitaire est préoccupante. Annonce : le port du masque n'est plus obligatoire sauf dans les zones très fréquentées. Bémol : aux bourgmestres de délimiter ces périmètres. Rétropédalage : des nouvelles restrictions sont mises en place dans différentes provinces, communes et Régions.Bref, désarroi et exaspération grandissent dans la population belge. Sans encore se muer en fronde comme à Marseille. Mais suffisamment pour commencer à perdre la mobilisation au moment où le citoyen est plus que jamais au coeur de la solution pour éviter la deuxième vague tant redoutée. Sur le terrain politique, pareil. La lassitude du citoyen est perceptible. Et on redoute la deuxième vague qui pourrait déferler en 2024. Elle commence d'ailleurs à faire son lit, inondant les réseaux sociaux de discours parcellaires, faux, dangereux et simplistes, organisant des actions ostentatoires, diffusant des messages nauséabonds sur les plateaux télé. Renouer le contact avec le citoyen sera donc "le" totem à conquérir de la Vivaldi. Faute de quoi un autre sera brandi par d'autres dans quatre ans. Et ce ne sera pas celui de l'unité.