Quelle est la situation actuelle ?

À la période de la rentrée, la Belgique a connu une seconde vague plus importante que la 1ère : elle a touché globalement plus de personnes et causé plus de décès que la première vague. "Mais depuis au moins 12 semaines, la situation reste stable, et ce, grâce aux mesures intensives prises", indique le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem, qui parle même de "corset" bien serré.
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À la période de la rentrée, la Belgique a connu une seconde vague plus importante que la 1ère : elle a touché globalement plus de personnes et causé plus de décès que la première vague. "Mais depuis au moins 12 semaines, la situation reste stable, et ce, grâce aux mesures intensives prises", indique le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem, qui parle même de "corset" bien serré.À l'heure actuelle, les hôpitaux ne sont plus sous une pression intense, comme lors du pic des 899 admissions par jour atteint lors de la seconde vague. "On reste malgré tout à 100/150 admissions par jour, ce qui est encore loin des 10/50 admissions par jour qu'on avait durant la période estivale (juin/juillet/août)", prévient Yves Van Laethem. Globalement, lorsqu'on regarde le taux de personnes infectées, 6% sont encore à ce jour hospitalisées. Un taux qui reste important et qui montre qu'il ne faut pas relâcher trop vite la pression. "Les soins de santé ne sont pas saturés, mais il faut peu de chose pour que la situation s'inverse", ajoute-t-il.Les soins intensifs, c'est là "le plus gros problème", selon le porte-parole interfédéral. La Belgique a encore une moyenne de 329 patients en soins intensifs, comparés aux 25/90 patients en soins intensifs enregistrés durant la période des grandes vacances. "On a tendance à assimiler la période actuelle à celle de juin/juillet dernier, mais on n'y est pas du tout, non seulement au niveau climatique, mais également du point de vue des données épidémiologiques" rappelle Yves Van Laethem. Bonne nouvelle cependant : la situation actuelle, même si elle est encore sévère, n'est pas la même que partout ailleurs en Europe. La Belgique, du point de vue des décès, est à 40 décès par jour - c'est encore nettement plus que les 1 à 15 décès que l'on déplorait en juin/juillet -, mais sur la carte européenne, on constate que notre plat pays a globalement moins de décès que nos voisins. On a réussi, grâce à notre "corset de mesures", à garder la situation sous contrôle. Est-ce que l'on peut se dire que nous avons bâti une immunité collective suffisante pour se protéger du virus ? Ce n'est pas le cas. "Même parmi ceux qui étaient parmi les plus exposés - c'est-à-dire dans les soins de santé -, on arrive à 24-25 % de gens qui ont des anticorps", explique le porte-parole interfédéral. "Et même en regardant les chiffres de la vaccination - 3,5 % de la population ont reçu la première dose, 2,3 % ont reçu la seconde -, on est encore très loin d'avoir une immunité collective."Les experts ont construit un modèle de référence pour essayer d'estimer l'évolution de deux données essentielles : l'impact du variant britannique qui va modifier la donne dans les semaines à venir, et l'influence de la vaccination en cours qui devrait avoir un impact positif sur les hospitalisations.Il est difficile de savoir à quel point le variant britannique est plus transmissible que les autres souches. Les meilleures estimations donnent une transmission augmentée de l'ordre de 50 % par rapport aux souches traditionnelles. Actuellement, les modèles montrent que ce variant va devenir dominant en Belgique. Grâce à nos efforts, on a réussi à contrôler la présence de ce variant en Belgique et nous n'avons pas encore vu d'augmentation de type "troisième vague" que d'autres pays ont connu.Le but des mathématiques est d'essayer d'estimer quelles seraient les évolutions possibles dans les périodes à venir selon différents scénarios. Ces scénarios seraient des estimations de ce qu'il pourrait se produire suivant certaines mesures et certains comportements. Les voici.Scénario A - on ne change rien C'est un scénario hypothétique où on imagine ce qu'il pourrait se passer si la situation actuelle se poursuit durant les prochains mois. Dans le cas le plus grave, il pourrait y avoir une petite troisième vague venant de l'augmentation de ce variant britannique. À l'heure actuelle, il est impossible de savoir ce qu'il va réellement se passer. Il pourrait aussi bien y avoir une troisième vague à cause du variant, ou bien une diminution des contaminations grâce à la poursuite des mesures.Scénario B - levée des mesures simultanées le 1er mars C'est un scénario hypothétique où on imagine une levée des mesures simultanées pour retomber à la même situation, la même transmission et les mêmes contraintes du mois de septembre, et ce à la date du 1er mars. Ce scénario permet donc d'évaluer quel serait l'impact si on recommençait à vivre exactement comme en septembre, à la date du 1er mars. Si on augmente le contact entre les gens, le scénario le plus probable montre une augmentation assez forte et un nombre d'hospitalisations comparables à ce qu'on a connu lors des 1er et 2e vagues. Le scénario du pire, lui, dépasse clairement les capacités hospitalières.Scénario C - levée des mesures simultanées le 1er avril C'est un scénario hypothétique où on imagine une levée des mesures plus tardive, à la date du 1er avril. Les courbes sont alors beaucoup plus favorables. Pourquoi ? Parce que la vaccination est déjà beaucoup plus avancée et cela permet donc de contrer les effets cumulés du variant et de l'augmentation des contacts suite à la reprise des activités. Seul le pire scénario montre encore des signes de troisième vague, mais qui reste tout de même inférieure à ce qu'il s'est passé lors de la 2e vague.Scénario D - levée des mesures simultanées le 1er mai Enfin, c'est un scénario hypothétique où on imagine une levée des mesures encore plus tardive : c'est-à-dire qu'on ne rouvre rien avant le 1er mai. Dans ce cas-ci, c'est une levée des mesures imaginée après l'absorption du variant. C'est le meilleur scénario possible, car même dans le pire des cas, la situation resterait sous contrôle. Cela donnerait de bonnes perspectives pour le mois de mai, juin et les vacances d'été.