Patience. La communication "scientifique" faite par le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), en compagnie des experts, ce lundi après-midi, visait avant tout à appeler la population à la prudence, en dépit de la lassitude affichée ces derniers temps.
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Patience. La communication "scientifique" faite par le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), en compagnie des experts, ce lundi après-midi, visait avant tout à appeler la population à la prudence, en dépit de la lassitude affichée ces derniers temps. Mais ce message visait aussi, sans doute, à tempérer les ardeurs de plus en plus pressantes des partenaires de la majorité. "A qui s'adressent réellement les powerpoints pédagogiques du Premier ministre? , s'interrogeait d'ailleurs en cours de conférence de presse, François De Smet (DéFI). A la population ? Ou plus vraisemblablement à ses propres partenaires de majorité ?" Ce fut, à tout le moins, un exercice de communication politique inédit qui vise à remettre les pendules à l'heure.Ce week-end, les libéraux et les écologistes ont affirmé en choeur leur désir de voir certains assouplissements intervenir lors du Comité de concertation programmé vendredi en évoquant l'horeca, la culture, la bulle sociale, les voyages à l'étranger... N'en jetez plus. D'où cette communication impromptue? Le Premier ministre a évoqué l'évolution de la science qui permet de tels modèles.Un message politique, assurément. Paul Magnette, président du PS, l'a en quelque sorte confirmé via sa réaction, peu après la conférence de presse: "Et si on arrêtait les surenchères qui dressent les secteurs (et les générations) les uns contre les autres ? Et si on cessait de tirer les conclusions avant le débat ? Et si on poursuivait notre stratégie, de manière scientifique et cohérente?". En substance, le long plaidoyer du Premier ministre, adressé de façon impromptue ce lundi après-midi, saluait la stratégie menée par la Belgique ces derniers mois, en comparaison avec d'autres pays européens. Il reprenait les modèles scientifique intégrant la perspective d'un variant britannique dominant à partir de la mi-mars, couplé à l'impact d'une vaccination qui se poursuit (trop) lentement. Il appuyait... la prudence affichée ce week-end par le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A): un relâchement très partiel ne pourrait avoir lieu que dans trois ou quatre semaines. Pour éviter le risque d'une troisième vague. En tenant compte d'un variant britannique plus contagieux de l'ordre de 50 à 70%, si l'on relachait entièrement les mesures le 1er mars pour revenir à la situation de septembre, on assisterait à une troisième vague aussi forte que la deuxième, voire davantage en cas de grande contagiosité. Ce serait moins grave le 1er avril et sous contrôle à partir du 1er mai. Le message politique est clair."Nous avons entendu beaucoup de voix appellant à des perspectives, c'est un message très légitime, souligne Alexander De Croo. Mais cette présentation appelle à rester très prudent pour éviter une troisième vague. Le point où le risque diminuera n'est pas pour la semaine prochaine, mais il n'est plus très loin.""Les secteurs à rouvrir dépendent des politiques", disent les experts. "Cela ne veut pas dire que rien n'est possible durant le mois de mars, dit De Croo. Mais sans aller aussi loin qu'en septembre dernier."Marc Van Ranst, le virologue qui conseille le gouvernement, prône lui aussi la prudence dans un message publié peu après cette opération de communication. "Les modèles mathématiques montrent que les assouplissements anticipés induisent un bien plus grand risque d'une troisième vague forte que les assouplissements en avril/mai", dit-il. En précisant que les différents gouvernements devront bel et bien se prononcer vendredi.Patience, donc. Le message sera-t-il audible?Les libéraux, en tout état de cause, continueront à plaider pour des assouplissements. Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre-président fracophone, l'a confirmé: "Encore une fois, vous pourrez compter sur moi pour mettre sur la table du Comité de concertation la prise en compte des difficultés des secteurs de la Fédération wallonie-Bruxelles. Je plaiderai également pour donner des perspectives à nos concitoyens à travers des mesures d'assouplissements raisonnables et graduels."Le Comité de concertation, vendredi, s'annonce animé.