Il faut re-fé-dé-ra-liser des compétences et réorganiser la lasagne institutionnelle belge. Le leitmotiv, déjà présent dans les milieux politiques avant la crise, vit de plus belle depuis l'épidémie de coronavirus. Jean-Marc Nollet, coprésident d'Ecolo, se félicitait encore ce lundi matin des signaux positifs perçus en ce sens auprès des libéraux. Georges-Louis Bouchez, président du MR, avait réveillé le débat avec son 'coming out' amoureux belge et son nouveau collègue à l'Open VLD, Egbert Lachaert, n'est pas fermé sur le sujet. La refédéralisation est le concept à la mode.
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Il faut re-fé-dé-ra-liser des compétences et réorganiser la lasagne institutionnelle belge. Le leitmotiv, déjà présent dans les milieux politiques avant la crise, vit de plus belle depuis l'épidémie de coronavirus. Jean-Marc Nollet, coprésident d'Ecolo, se félicitait encore ce lundi matin des signaux positifs perçus en ce sens auprès des libéraux. Georges-Louis Bouchez, président du MR, avait réveillé le débat avec son 'coming out' amoureux belge et son nouveau collègue à l'Open VLD, Egbert Lachaert, n'est pas fermé sur le sujet. La refédéralisation est le concept à la mode.Un sondage Le Soir/RTL/Ipsos, dont le partenaire en Flandre est Het Laatste Nieuws, donne du grain à moudre à ce souhait. La gestion de l'épidémie par neuf ministres de la Santé, même si tout a été centralisé avec les pouvoirs spéciaux, est largement conspuée par les sondés : sans surprise, 86% trouvent que c'est là un nombre trop important. Mais il est davantage surprenant de constater que 69% des Flamands se déclarent en faveur d'une refédéralisation de la compétence, à peine moins que les 71% au niveau national et les 75% de Wallons et Bruxellois. Même les électeurs N-VA et Vlaams Belang le souhaitent, contre la ligne de leur parti, analyse Het Laaste Nieuws, relayé par le politologue Dave Sinardet.Les lignes bougeraient donc, même si Bart De Wever, patron de la N-VA, a déjà exclu toute refédéralisation, au même titre d'ailleurs que le CD&V.C'est là un contraste étonnant. Du moins en apparence. Car si la volonté d'avoir une politique davantage centralisée ou coordonnée transparaît de ce sondage, comme d'autres enquêtes, le tout est de savoir quelle politique mener et avec quelle majorité politique ? Là, on en revient forcément à l'impasse politique belge, effective depuis décembre 2018.Or, le fossé polititique entre le Nord et le Sud reste béant. Les Flamands votent pour des partis (N-VA, Vlaams Belang et CD&V en trio de tête) prônant une politique budgétaire plus rigoureuse, une gestion sociale plus "égoïste" (y compris en excluant les demandeurs d'asile de certaines protections sociales, par exemple) et profitant des fruits de leur croissance pour effectuer davantage de prévention. En Belgique francophone, les partis de gauche (PS, Ecolo et PTB) plaident en faveur d'un nouveau contrat social et environnemental, d'une augmentation substantielle du budget des soins de santé, d'un "monde d'après" qui ne ressemble pas à celui d'avant, avec pour certains des accents de décroissance et de rupture. Refédéraliser ? D'accord, mais pour quoi faire et, surtout, avec quelle majorité fédérale ? Ce lundi matin, encore, le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS) réaffirmait que le PS ne "veut pas servir de roue de secours à une coalition des droites" avec les partis de l'ancienne suédoise (N-VA, MR, CD&V et Open VLD). Tant que l'on ne sera pas sorti de cette impasse-là...