Rassemblés en début d'après-midi au pied de la tour des Finances à l'appel du collectif "La santé en lutte", les travailleurs du secteur des soins étaient reconnaissables à leur tenue de travail. Soutenus par des sympathisants, ils agitaient des pancartes, clamant "le gouvernement compte ses sous, nous comptons les morts" ou encore "Maggie tue les soins".

"Le secteur des soins de santé pâtit depuis des années d'un sous-financement qui s'est révélé plus flagrant encore pendant la crise sanitaire liée au Covid-19. A certains moments, nous devions choisir qui allait porter un masque et qui pas. Le personnel des soins de santé et les personnes vulnérables ont été complètement oubliés", estime Stephen, jeune soignant, parmi les manifestants.

"Le gouvernement a mis les soignants et la population en danger. Nous appelons tous ceux qui le souhaitent à nous rejoindre pour une plus grande manifestation le 13 septembre en soutien au secteur. Nous espérons y voir des milliers de personnes", ajoute-t-il.

Des rassemblements similaires ont eu lieu dimanche à Charleroi, Liège et Namur. A Charleroi, une centaine de personnes y ont pris part.

La manifestation bruxelloise avait pourtant été interdite, ou à tout le moins non-autorisée, comme les organisateurs l'ont appris par mail vendredi. Un recours en extrême urgence introduit au Conseil d'Etat contre l'interdiction a été rejeté par ce dernier le matin-même. Une décision "surprise" pour l'avocat de la partie requérante, et difficile à comprendre au vu de la jurisprudence et de décisions récemment tombées en Allemagne ou en France.

"Le droit de manifester est l'un des droits les plus fondamentaux en démocratie"

Le Conseil d'Etat a estimé que "l'atteinte à la liberté de manifester n'est pas suffisante pour justifier l'urgence" dans ce cas-ci, résume dimanche après-midi Vincent Letellier, avocat qui a comparu pour le membre du collectif à l'origine du recours. Le rejet du Conseil d'Etat l'a surpris, admet-il. "Le droit de manifester, entre autres repris dans la Convention européenne des Droits de l'homme, est l'un des droits les plus fondamentaux en démocratie".

Ce droit n'est pas "absolu", reconnait-il, et un impératif de santé publique comme celui de la lutte contre la pandémie de Covid-19 peut venir l'encadrer, le limiter. Cependant, "une interdiction absolue et généralisée", comme celle qui semble valoir à Bruxelles en s'appuyant sur l'arrêté ministériel définissant les contours stricts du confinement, "ne peut pas être justifiée au regard de la Convention européenne des Droits de l'homme".

Vincent Letellier n'est d'ailleurs pas le seul à le penser. L'avocat renvoie à une décision rendue à la mi-avril par la cour constitutionnelle allemande, invalidant des décisions d'interdiction de rassemblements de protestation. La Cour installée à Karlsruhe ne validait pas forcément l'organisation d'une action spécifique, mais stipulait qu'il fallait pouvoir examiner au cas par cas, en mettant en balance les mesures sanitaires et la liberté de manifester, tout en tenant compte des balises proposées par les organisateurs (nombre de participants, distanciation, port du maque, etc.), écrivait Deutsche Welle.

La même ligne a été suivie ce week-end par le Conseil d'Etat en France. Ce dernier était appelé à se prononcer en urgence sur un article d'un décret de mai, interdisant sur tout le territoire de la République "tout rassemblement, réunion ou activité à un titre autre que professionnel" avec plus de 10 personnes en même temps sur la voie publique. Quelques exceptions étaient prévues, mais les manifestations d'opinion n'en faisaient pas partie. Les dispositions litigieuses ont été invalidées par le juge des référés du Conseil d'Etat, qui conclut à "une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales".

En gros, "les maires doivent justifier les interdictions", explique Vincent Letellier. L'espoir était donc le même en Belgique: faire reconnaitre qu'il faut pouvoir examiner les demandes de manifestation au cas par cas, et tenir compte des conditions permettant éventuellement un respect des règles de précaution sanitaire (choix du lieu, nombre de participants, type de manifestation, distance interpersonnelle, port du masque, etc), ...

Rassemblés en début d'après-midi au pied de la tour des Finances à l'appel du collectif "La santé en lutte", les travailleurs du secteur des soins étaient reconnaissables à leur tenue de travail. Soutenus par des sympathisants, ils agitaient des pancartes, clamant "le gouvernement compte ses sous, nous comptons les morts" ou encore "Maggie tue les soins". "Le secteur des soins de santé pâtit depuis des années d'un sous-financement qui s'est révélé plus flagrant encore pendant la crise sanitaire liée au Covid-19. A certains moments, nous devions choisir qui allait porter un masque et qui pas. Le personnel des soins de santé et les personnes vulnérables ont été complètement oubliés", estime Stephen, jeune soignant, parmi les manifestants. "Le gouvernement a mis les soignants et la population en danger. Nous appelons tous ceux qui le souhaitent à nous rejoindre pour une plus grande manifestation le 13 septembre en soutien au secteur. Nous espérons y voir des milliers de personnes", ajoute-t-il. Des rassemblements similaires ont eu lieu dimanche à Charleroi, Liège et Namur. A Charleroi, une centaine de personnes y ont pris part.La manifestation bruxelloise avait pourtant été interdite, ou à tout le moins non-autorisée, comme les organisateurs l'ont appris par mail vendredi. Un recours en extrême urgence introduit au Conseil d'Etat contre l'interdiction a été rejeté par ce dernier le matin-même. Une décision "surprise" pour l'avocat de la partie requérante, et difficile à comprendre au vu de la jurisprudence et de décisions récemment tombées en Allemagne ou en France."Le droit de manifester est l'un des droits les plus fondamentaux en démocratie"Le Conseil d'Etat a estimé que "l'atteinte à la liberté de manifester n'est pas suffisante pour justifier l'urgence" dans ce cas-ci, résume dimanche après-midi Vincent Letellier, avocat qui a comparu pour le membre du collectif à l'origine du recours. Le rejet du Conseil d'Etat l'a surpris, admet-il. "Le droit de manifester, entre autres repris dans la Convention européenne des Droits de l'homme, est l'un des droits les plus fondamentaux en démocratie". Ce droit n'est pas "absolu", reconnait-il, et un impératif de santé publique comme celui de la lutte contre la pandémie de Covid-19 peut venir l'encadrer, le limiter. Cependant, "une interdiction absolue et généralisée", comme celle qui semble valoir à Bruxelles en s'appuyant sur l'arrêté ministériel définissant les contours stricts du confinement, "ne peut pas être justifiée au regard de la Convention européenne des Droits de l'homme". Vincent Letellier n'est d'ailleurs pas le seul à le penser. L'avocat renvoie à une décision rendue à la mi-avril par la cour constitutionnelle allemande, invalidant des décisions d'interdiction de rassemblements de protestation. La Cour installée à Karlsruhe ne validait pas forcément l'organisation d'une action spécifique, mais stipulait qu'il fallait pouvoir examiner au cas par cas, en mettant en balance les mesures sanitaires et la liberté de manifester, tout en tenant compte des balises proposées par les organisateurs (nombre de participants, distanciation, port du maque, etc.), écrivait Deutsche Welle. La même ligne a été suivie ce week-end par le Conseil d'Etat en France. Ce dernier était appelé à se prononcer en urgence sur un article d'un décret de mai, interdisant sur tout le territoire de la République "tout rassemblement, réunion ou activité à un titre autre que professionnel" avec plus de 10 personnes en même temps sur la voie publique. Quelques exceptions étaient prévues, mais les manifestations d'opinion n'en faisaient pas partie. Les dispositions litigieuses ont été invalidées par le juge des référés du Conseil d'Etat, qui conclut à "une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales". En gros, "les maires doivent justifier les interdictions", explique Vincent Letellier. L'espoir était donc le même en Belgique: faire reconnaitre qu'il faut pouvoir examiner les demandes de manifestation au cas par cas, et tenir compte des conditions permettant éventuellement un respect des règles de précaution sanitaire (choix du lieu, nombre de participants, type de manifestation, distance interpersonnelle, port du masque, etc), ...