Il s'agissait d'un beau "coup médiatique" comme les affectionne l'hyperprésident du MR, Georges-Louis Bouchez. Mercredi, le numéro un libéral a rencontré Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB, au siège du syndicat. Le lendemain, les deux hommes s'expriment ensemble dans les colonnes du Soir pour un duo inédit et constructif. Ils se disent prêt à travailler ensemble, tout en assumant leurs différences. Ils envisagent même la possibilité de participer un nouveau "pacte social".
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Il s'agissait d'un beau "coup médiatique" comme les affectionne l'hyperprésident du MR, Georges-Louis Bouchez. Mercredi, le numéro un libéral a rencontré Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB, au siège du syndicat. Le lendemain, les deux hommes s'expriment ensemble dans les colonnes du Soir pour un duo inédit et constructif. Ils se disent prêt à travailler ensemble, tout en assumant leurs différences. Ils envisagent même la possibilité de participer un nouveau "pacte social". "Je n'oserais pas dire que c'est historique, mais je ne suis pas loin de le penser", souligne même Robert Vertenueil en guise de préambule de l'entretien. Il précise, toutefois : " Comme organisation syndicale jalouse de son indépendance - même si des liens nous lient historiquement au mouvement socialiste -, nous sommes ouverts au dialogue. J'ai toujours dit que si l'on m'invitait à un congrès du MR, je m'y rendrais... Pour le reste, il ne faut pas chercher dans cette rencontre ce qui ne s'y trouve pas, nous n'aurons pas demain un mémorandum commun FGTB-MR sur l'ensemble des enjeux de l'heure."Au sujet du Pacte social, dont il rappelle être un des premiers à en avoir parlé, le secrétaire général de la FGTB appuie : " J'ai envie de dire que nous ne sommes pas d'accord, et pourtant nos sommes d'accord... Nous n'avons pas les mêmes réponses aux problèmes, ou pas avec la même intensité, nous en avons parlé aujourd'hui. Non, la FGTB n'est pas OK avec le MR. Mais, oui, nous sommes d'accord en revanche sur le fait que nous devons discuter de tout cela, avec le MR, avec le monde politique démocratique. Si la société civile dans sa globalité - syndicats, mutualités, coalition Climat, etc. - ne discute pas avec le monde politique démocratique, alors nous n'aurons pas de Pacte social, et nous n'avancerons sur rien."Le lendemain, il s'empresse toutefois de publier un communiqué: "Il s'agissait d'une rencontre cordiale, mais je persiste et signe: M. Bouchez est effectivement à la botte du patronat, écrit-il. Hier, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) présentait son plan de relance. Je constate qu'il n'y a qu'une feuille de papier à cigarette entre les propositions rétrogrades de la FEB et celles du MR." Visiblement, le "coup" est mal passé chez les rouges. D'autant plus mal que le président du MR ne s'est pas privé de communiquer à ce sujet. Selon la RTBF, le secrétaire général de la FGTB serait même "sur la sellette", depuis lors. Une réunion des instances wallonnes devrait discuter de son sort, mercredi prochain. L'homme se dit serein et il est peu probable que la fronde mène à son éjection pour un "simple" débat hors cadre. La tension est toutefois révélatrice.Au MR, on regarde cela les yeux écarquillés. "C'est toujours plus facile d'avoir raison quand on ne débat plus qu'avec soi-même", ironise sur Twitter Steve Detry, présidents des Jeunes MR (qui s'exprime à ce titre, bien qu'il soit par ailleurs, porte-parole de la Première ministre). Cela résume le sentiment général au sein du parti : il est difficilement compréhensible qu'un responsable syndical soit contesté pour avoir dialogué avec le président d'un parti-démocratique, fut-il de centre-droit.Le dialogue MR - FGTB s'inscrit, en réalité, dans une séquence où le numéro un libéral a multiplié les démarches inédites. En début de semaine, Bouchez dialoguait - de façon certes plus stérile - avec Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Ce faisant, il voulait surtout démontrer le caractère non-démocratique de l'extrême gauche et communique d'ailleurs en boucle à ce sujet, séquences du duel à l'appui. Dans ce billard à trois bandes, l'intention consistait aussi à polariser le débat d'une autre façon, quitte à faire rire jaune le PS et Ecolo. Le troisième effet, consécutif à ce dialogue avec le syndicat, aura peut-être pour effet de démontrer que la FGTB est infiltrée par une aile radicale, dont certains membres proches du PTB. Message général venu des rangs libéraux : la complaisance francophone à l'égard des troupes marxistes - maoïstes est coupable. Message reçu ? Dans le contexte polarisé de l'heure, chacun entendra sans doute ce qu'il a envie d'entendre.