Le procureur fédéral envisage-t-il de passer l'un de ses rares moments libres en cette période au salon Batibouw? La métaphore de la construction - très en vogue depuis le début du procès - a en tout cas une nouvelle fois été à l'honneur ce lundi.

Dans son introduction, lors de laquelle il a dénoncé l'attitude de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, Bernard Michel a rappelé aux jurés qu'il leur reviendrait bientôt d'apporter une "réponse judiciaire" au silence du premier et aux mensonges et trous de mémoire du second.

Le silence du principal accusé "fait écho" à celui qu'il a ressenti au Musée juif de Belgique lorsqu'il y est descendu le 24 mai 2014, et à celui qui l'a également saisi à la station Maelbeek le 22 mars 2016, a souligné le magistrat.

L'avocat général Yves Moreau a enchaîné par un cours de droit, détaillant au jury les concepts de preuve, d'assassinat et de caractère terroriste. Il a au passage qualifié la défense de Mehdi Nemmouche de "choquante", "scandaleuse" et "stupide".

Il a également surpris, en indiquant à la cour que pour le ministère public, Nacer Bendrer devait être reconnu coupable comme complice, et non comme co-auteur, soit le motif pour lequel il a été renvoyé devant les assises. Ce qui signifie que selon l'accusation, en fournissant des armes à Mehdi Nemmouche, le Marseillais a apporté une aide "accessoire" et non une aide "importante" à la commission des faits. Le fait qu'il n'ait pas eu connaissance des projets précis du principal accusé n'est en revanche pas de nature à écarter sa responsabilité dans l'attentat, a précisé M. Moreau.

Bernard Michel a repris la parole dans l'après-midi. Il s'est d'abord attelé à bâtir un "mur" de 23 "grosses briques", soit des éléments à charge de Mehdi Nemmouche qui permettent d'établir sa culpabilité, selon lui.

Pendant plusieurs heures, le magistrat a évoqué les questions d'ADN, les armes, les objets trouvés en possession de l'accusé, les vidéos de revendication, l'absence d'alibi, l'antisémitisme, l'analyse morphologique des images du musée, la téléphonie ou encore l'attitude de Mehdi Nemmouche depuis son arrestation.

Evoquant l'absence de Me Courtoy, M. Michel s'est fait caustique. "Pourquoi les principaux avocats de Mehdi Nemmouche ne sont-ils pas présents? Sommes-nous trop convaincants?", a-t-il dit avant de s'en prendre à l'acte de défense présenté en début de procès.

Face à son "mur" de preuves, le procureur estime que celui-ci ne constitue qu'un "muret d'approximations" en huit points, et qu'il se devait de le "réduire à néant".

Les trois premiers arguments auxquels il s'est attaqué concernent l'ADN, absent sur la porte de l'accueil du musée alors que le tueur a touché la poignée, sur la détente du revolver et sur le drap avec une inscription en arabe trouvé dans les bagages de Mehdi Nemmouche.

Bernard Michel a, à ce titre, principalement rappelé les conclusions des experts belge et français, à savoir qu'une absence d'ADN ne constituait pas une preuve négative. En clair, cela ne signifie pas qu'une personne n'a pas touché un objet.

Le magistrat s'est également employé à démentir les affirmations relatives à la prétendue défectuosité du revolver, au "soulagement" de Mehdi Nemmouche lors de son arrestation, à la thèse d'une exécution ayant ciblé les époux Riva et aux problèmes d'asthme de l'accusé, qui ne lui auraient pas permis d'effectuer le trajet entre le musée et son appartement de Molenbeek dans le délai établi par les enquêteurs.

Le procureur a terminé son exposé en s'en prenant à la thèse d'un complot, qui constitue selon lui "un cruel aveu d'impuissance". "Tout démontre que Mehdi Nemmouche est la seule personne à avoir tiré dans le musée. La preuve vous en a été apportée au-delà de tout doute raisonnable", a-t-il adressé aux jurés.

Les magistrats fédéraux achèveront leur réquisitoire mardi. Les avocats du principal accusé auront eux la parole jeudi.

Le procureur fédéral envisage-t-il de passer l'un de ses rares moments libres en cette période au salon Batibouw? La métaphore de la construction - très en vogue depuis le début du procès - a en tout cas une nouvelle fois été à l'honneur ce lundi.Dans son introduction, lors de laquelle il a dénoncé l'attitude de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, Bernard Michel a rappelé aux jurés qu'il leur reviendrait bientôt d'apporter une "réponse judiciaire" au silence du premier et aux mensonges et trous de mémoire du second.Le silence du principal accusé "fait écho" à celui qu'il a ressenti au Musée juif de Belgique lorsqu'il y est descendu le 24 mai 2014, et à celui qui l'a également saisi à la station Maelbeek le 22 mars 2016, a souligné le magistrat.L'avocat général Yves Moreau a enchaîné par un cours de droit, détaillant au jury les concepts de preuve, d'assassinat et de caractère terroriste. Il a au passage qualifié la défense de Mehdi Nemmouche de "choquante", "scandaleuse" et "stupide". Il a également surpris, en indiquant à la cour que pour le ministère public, Nacer Bendrer devait être reconnu coupable comme complice, et non comme co-auteur, soit le motif pour lequel il a été renvoyé devant les assises. Ce qui signifie que selon l'accusation, en fournissant des armes à Mehdi Nemmouche, le Marseillais a apporté une aide "accessoire" et non une aide "importante" à la commission des faits. Le fait qu'il n'ait pas eu connaissance des projets précis du principal accusé n'est en revanche pas de nature à écarter sa responsabilité dans l'attentat, a précisé M. Moreau.Bernard Michel a repris la parole dans l'après-midi. Il s'est d'abord attelé à bâtir un "mur" de 23 "grosses briques", soit des éléments à charge de Mehdi Nemmouche qui permettent d'établir sa culpabilité, selon lui.Pendant plusieurs heures, le magistrat a évoqué les questions d'ADN, les armes, les objets trouvés en possession de l'accusé, les vidéos de revendication, l'absence d'alibi, l'antisémitisme, l'analyse morphologique des images du musée, la téléphonie ou encore l'attitude de Mehdi Nemmouche depuis son arrestation.Evoquant l'absence de Me Courtoy, M. Michel s'est fait caustique. "Pourquoi les principaux avocats de Mehdi Nemmouche ne sont-ils pas présents? Sommes-nous trop convaincants?", a-t-il dit avant de s'en prendre à l'acte de défense présenté en début de procès.Face à son "mur" de preuves, le procureur estime que celui-ci ne constitue qu'un "muret d'approximations" en huit points, et qu'il se devait de le "réduire à néant".Les trois premiers arguments auxquels il s'est attaqué concernent l'ADN, absent sur la porte de l'accueil du musée alors que le tueur a touché la poignée, sur la détente du revolver et sur le drap avec une inscription en arabe trouvé dans les bagages de Mehdi Nemmouche.Bernard Michel a, à ce titre, principalement rappelé les conclusions des experts belge et français, à savoir qu'une absence d'ADN ne constituait pas une preuve négative. En clair, cela ne signifie pas qu'une personne n'a pas touché un objet.Le magistrat s'est également employé à démentir les affirmations relatives à la prétendue défectuosité du revolver, au "soulagement" de Mehdi Nemmouche lors de son arrestation, à la thèse d'une exécution ayant ciblé les époux Riva et aux problèmes d'asthme de l'accusé, qui ne lui auraient pas permis d'effectuer le trajet entre le musée et son appartement de Molenbeek dans le délai établi par les enquêteurs.Le procureur a terminé son exposé en s'en prenant à la thèse d'un complot, qui constitue selon lui "un cruel aveu d'impuissance". "Tout démontre que Mehdi Nemmouche est la seule personne à avoir tiré dans le musée. La preuve vous en a été apportée au-delà de tout doute raisonnable", a-t-il adressé aux jurés.Les magistrats fédéraux achèveront leur réquisitoire mardi. Les avocats du principal accusé auront eux la parole jeudi.