Le rapport des experts du GIEC a témoigné de l'urgence climatique. Le dossier très sensible de l'avenir énergétique belge, en lien avec la fermeture des centrales nucléaires, agite la Vivaldi. Dans les rangs libéraux, on tire à vue sur les écologistes.
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Le rapport des experts du GIEC a témoigné de l'urgence climatique. Le dossier très sensible de l'avenir énergétique belge, en lien avec la fermeture des centrales nucléaires, agite la Vivaldi. Dans les rangs libéraux, on tire à vue sur les écologistes. C'est le cas de nombreux sympathisants, mais aussi de représentnats MR depuis le parlement et... du gouvernement fédéral. David Clarinval, ministre des PME et Classes moyennes, a ainsi relayé un article soulignant qu'en Belgique, "les écolos... augmentent le CO2", du magazine français Le Point. L'analyse repose sur le fait que pour obtenir la fermeture promise des centrales nucléaires, des centrales au gaz (turbines gaz vapeur - TGV) devront être installées, avec un autre effet pervers pour le climat: l'émission de CO2.Damien Ernst, professeur de l'université de Liège et expert fort écouté par le MR, relaie pour sa part un rapport Onusien selon lequel "les objectifs climatiques ne seront pas atteints si l'énergie nucléaire est exclue". "Pour les pays qui choisissent de mettre en oeuvre cette technologie, l'énergie nucléaire est une source importante d'électricité et de chaleur à faible teneur en carbone qui peut contribuer à atteindre la neutralité carbone et donc à atténuer le changement climatique et à réaliser l'agenda 2030 pour le développement durable, souligne Olga Algayerova, Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l'Europe (CEE-ONU), dans ce texte.Bref, le lobbying est intense pour tenter d'obtenir un prolongement de certaines centrales en Belgique.Georges Gilkinet, vice-Premier ministre fédéral Ecolo, avait souligné sa volonté de "passer aux actes" après le rapport du GIEC. "Et cela passera par une réduction drastique des émissions de CO2", soulignait-il en citant les experts. Pour les verts, cela passera toutefois par le développement des énergies renouvelables, mais aussi par des choix courageux de société.La lecture du chapitre consacré à la "naissance difficile" de la Vivaldi, dans le livre Les Fososyeurs de la Belgique du journaliste flamand Wouter Verschelden, est intéressante pour illustrer le caractère sensible du sujet. Au moment où Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, fait le forcing pour mettre autour de la table les sept partis de la majorité actuelle (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V), c'est le CD&V qui pose les conditions les plus difficiles. Il s'agit de freiner le parcours parlementaire d'une réforme de l'IVG voulue par les autres partis. Il finira par obtenir cette "mise au frigo"."En même temps, une idée vient à l'esprit de Nollet: pourquoi le CD&V serait-ille seul à mettre un 'dossier spécial' sur la table, avant les négociations proprement dites, afin d'obtenir des 'garanties' à son sujet?, écrit Wouter Verschelden. Ecolo doit faire face à son propre traumatisme. Il y a vingt ans, Groen et Ecolo étaient pour la première fois à bord de l'appareil fédéral. Leur grand trophée d el'époque était la fermeture des centrales nucléaires. Deux décennies plus tard, ce n'était toujours pas fait: les gouvernements successifs n'ont cessé de repousser l'échéance. Pour Ecolo, il s'agit cette fois-ci d'obtenir vraiment cette clôture: un grand trophée, qui montre immédiatement que les verts laissent leur empreintesur la Vivaldi."Depuis des semaines, Nollet prévoit conséquemment de faire le lien, le moment venu: l'avortement en échange des centrales nucléaires, prolonge le récit. Face à la demande exprimée par Joachim Coens au sujet de l'IVG, "Nollet déclare qu'il ne peut en accepter le principe que s'il obtient la garantieque les centrales nucléaires seront "prises en charge". Il ne demande pas qu'elles soient fermées définitivement, il se montre habile, mais les conditions dans lesquelles elles pourraient rester ouvertes sont si difficiles qu'il s'agit, de facto, d'une fermeture."Le sujet fait l'office d'un chiffon rouge pour Bouchez, qui oppose son veto, prolonge encore le livre. "Ce n'est vraiment pas possible, c'est un pas trop loin", dit-il. D'autant que les socialistes ajoutent alors également leur revendication à la liste: la 'justice fiscale', c'est-à-dire une forme d'imposition sur la fortune."Le sujet le plus plus délicat à gérer dans la négociation, avant l'avènement de la Vivaldi, sera celui du futur Premier ministre.Mais les équilibres qui seront finalement trouvés expliquent en partie les escarmouches de cet été - qui risquent de générer un débat plus tendu à la rentrée.