Nous voilà en 2020. Ce chiffre symbolique marque une nouvelle série de dix années même si, officiellement, la prochaine décennie ne débutera que le 1er janvier 2021. Ces 366 prochains jours d'une cuvée bissextile, l'actualité sera marquée par la campagne électorale américaine et la volonté de Donald Trump de se succéder à lui-même. On risque de devoir chercher longtemps encore une majorité fédérale dans notre pays et de négocier durement pour concrétiser l'après-Brexit. Au-delà de ces flux et reflux, des tendances lourdes transforment nos sociétés en profondeur. Et si on s'arrêtait un instant pour imaginer le monde tel qu'il sera dans dix ans, en 2030 ? Forcément différent, mais aussi... proche de celui que nous connaissons. Pas question de soucoupes extraterrestr...

Nous voilà en 2020. Ce chiffre symbolique marque une nouvelle série de dix années même si, officiellement, la prochaine décennie ne débutera que le 1er janvier 2021. Ces 366 prochains jours d'une cuvée bissextile, l'actualité sera marquée par la campagne électorale américaine et la volonté de Donald Trump de se succéder à lui-même. On risque de devoir chercher longtemps encore une majorité fédérale dans notre pays et de négocier durement pour concrétiser l'après-Brexit. Au-delà de ces flux et reflux, des tendances lourdes transforment nos sociétés en profondeur. Et si on s'arrêtait un instant pour imaginer le monde tel qu'il sera dans dix ans, en 2030 ? Forcément différent, mais aussi... proche de celui que nous connaissons. Pas question de soucoupes extraterrestres, ni de voitures volantes, mais bien d'un univers que nous façonnons dès à présent. Et que nous imaginons, dans les pages suivantes, dans toutes ses dimensions : politique, économique, sociétale, technologique et géopolitique. Reprenons, donc. Nous sommes en 2030. La Belgique vit toujours, d'une crise à l'autre, se préparant à fêter son 200e anniversaire dans un ennui non feint. La reine Elisabeth veille sur les siens et le Premier ministre Georges-Louis Bouchez entame son deuxième mandat. Le paysage politique reste dominé par les " fils de " Verhofstadt, Van Rompuy, Daerden... rejoints par Adélaïde Charlier, l'activiste climatique devenue ministre de l'Environnement. On se prépare... à la fermeture des dernières centrales nucléaires grâce à l'installation de champs d'éoliennes. Cette détermination n'empêche pas la multiplication des " années les plus chaudes de tous les temps " et s'accompagne d'une campagne de dénigrement numérique - les gens sont davantage préoccupés par les pertes massives d'emploi provoquées par les robots. La dualisation s'accroît entre ceux qui mangent de la viande et les plus démunis qui n'y ont pas droit pour des raisons écologiques. Le temps de la croissance sans fin est révolu. L'argent physique a complètement disparu. On ne parle plus de " pouvoir d'achat ", mais bien de " pouvoir d'usage ". C'est le temps du " tout-se-loue " : logement, voiture, vêtements, électroménager, outils... Il est indispensable de bien en prendre soin pour préserver son " capital de réputation ". La propriété est dépassée : on ne possède plus qu'un lit et un téléphone portable. L'intelligence artificielle domine notre quotidien. Les voitures autonomes facilitent les déplacements, les drones assurent le transport des marchandises et la médecine a fait de nouveaux pas de géants même si, là aussi, la dualisation de la société est préoccupante. Il y a, en outre, des relents de " Big Brother is watching you " en raison de la généralisation de la reconnaissance faciale. Nous sommes tracés, partout et tout le temps. Les manifestations se multiplient pour défendre les libertés. Le monde est devenu plus vert et plus féminin, avec la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez à la présidence américaine. Mais il est aussi plus asiatique. La Chine contrôle ses zones d'influence d'une main de fer et multiplie les droits de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Le repli égotiste des Etats-Unis et la frilosité de l'Europe l'ont aidée à concrétiser sa domination. Le monde s'organise à travers des espaces de libre circulation régionaux. Bloquées, les Nations unies sont impuissantes pour gérer une planète où vivent désormais 8,5 milliards de personnes, dont 1,4 milliard au moins sont sexagénaires. Et dire qu'à la fin du siècle, en 2100, nous pourrions être jusqu'à 16 milliards !