Depuis qu'il a été mis fin à la règle non écrite qui voulait que les ministres de la Justice et de l'Intérieur ne soient pas du même bord linguistique, le paysage sécuritaire belge est outrageusement dominé par les néerlandophones. Les cabinets ministériels sont à l'avenant. A part le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw (Bruxellois), et le patron de la police judiciaire fédérale, Eric Snoeck (Wallon), tous les autre...

Depuis qu'il a été mis fin à la règle non écrite qui voulait que les ministres de la Justice et de l'Intérieur ne soient pas du même bord linguistique, le paysage sécuritaire belge est outrageusement dominé par les néerlandophones. Les cabinets ministériels sont à l'avenant. A part le procureur fédéral, Frédéric Van Leeuw (Bruxellois), et le patron de la police judiciaire fédérale, Eric Snoeck (Wallon), tous les autres opérationnels de la sécurité sont flamands (Sûreté de l'Etat, SGRS, Collège des procureurs généraux, Ocam...), sans compter les présidences du Conseil fédéral de police (avec l'omniprésent Willy Bruggeman, qui fournit des avis aux ministres de tutelle) et de la Commission permanente de la police locale. Lire aussi: Police, pourquoi tant de haineLe déséquilibre est flagrant. A l'intérieur de la police fédérale, le comité de direction (quatre personnes) est paritaire, mais une personne (N) est toujours en attente de nomination, une autre est fragilisée par l'affaire Chovanec (le commissaire général, Marc De Mesmaeker, N), de même qu'André Desenfants (photo), directeur-général de la police administrative (F), sous enquête. D'aucuns le verraient bien porter le chapeau du drame de Gosselies, après son pas de côté sous le coup de l'émotion des images diffusées par les médias, puis son retour au poste. Le 9 décembre dernier, en commission de la Chambre, la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), a affirmé que l'homme n'avait pas été mis au courant de la gravité des faits survenus à l'aéroport de Charleroi, le 23 février 2018. Alors, si pas lui, qui? Assurément, Jan Jambon (N-VA), alors ministre de l'Intérieur, Catherine De Bolle, alors CG, et son successeur, Marc De Mesmaeker, alors courroie de transmission entre la police fédérale et le cabinet. Le rapport du comité P dont le but était d'examiner "le flux d'information dans le cadre de l'arrestation" de Jozef Chovanec, a pointé un "problème de culture" au sein de la police aéronautique que chapeaute André Desenfants.