Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, est fortement critiqué par les libéraux pour avoir autorisé la manifestation contre le racisme, qui a rassemblé dix mille personnes dimanche dans les rues de la capitale. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, et la Première ministre, Sophie Wilmès, se sont étonnés de la tenue d'un tel rassemblement alors que cela reste toujours interdit en raison de l'épidémie de coronavirus.

"L'indignation est légitime, le combat noble, l'objectif indépassable, a souligné Georges-Louis Bouchez. Mais il y avait d'autres moyens d'exprimer sa solidarité et sa fraternité que d'enfreindre les règles sanitaires de base. Quel sens ont les règles adoptées par le Conseil national de sécurité ?"

"La cause est juste et elle doit pouvoir s'exprimer, a enchaîné Sophie Wilmès. Aucun doute là-dessus. À la vue des images, je regrette qu'il n'ait pas été possible de trouver une alternative qui respecte consignes sanitaires et efforts de ceux en première ligne dans la lutte contre l'épidémie." Elle avait déjà exprimé cette préoccupation à l'issue du Conseil national de sécurité, mercredi, et à la Chambre, jeudi. "Je m'entretiendrai avec les Bourgmestres concernés et les autorités régionales pour tirer les leçons de ce week-end, y compris sur le plan sanitaire", prolonge-t-elle.

David Leisterh, président du MR bruxellois, estime même que Philippe Close a failli et devra rendre des comptes. La N-VA, elle aussi, estime que cela est grave.

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles assume: "Nous avons dû faire une balance d'intérêts entre ordre public, conditions sanitaires - j'entends les experts et ils ont raison - et expression publique, a réagi ce lundi matin Philippe Close, à la RTBF. Nous avons distribué 4000 masques - pas ceux du fédéral, ils ne sont pas toujours là. C'est vrai, je comprends mais on ne peut pas demander à la population de contenir cette colère." Certains rappellent aussi que des manifestations similaires ont été organisées à Anvers et à Liège - avec moins de monde il est vrai, autour de 1500 personnes, et un respect relatif des règles de distanciation physique.

Olivier Maingain (DéFi), bourgmestre de Woluwé-Saint-Lambert, le soutient: "Un peu d'honnêteté intellectuelle, dit-il, tout bourgmestre sait qu'il est vain de chercher à interdire une manifestation à laquelle plusieurs milliers de participants sont annoncés. C'est à chacun d'être responsable de son comportement en cette période de crise sanitaire."

Au sujet de la polémique initiée par le MR et la Première ministre, Philippe Close a des mots secs : "Mon téléphone est ouvert depuis jeudi, Sophie Wilmès pouvait m'appeler. Tout ça, c'est une organisation du MR pour mettre à mal. Je comprends les virologues, mais je constate qu'un parti se nourrit d'une polémique par jour." A cran, il se demande même si ce n'est pas le fond du message qui pose problème au MR.

Nouvelle réplique de Georges-Louis Bouchez: "L'attitude de Philippe Close est inacceptable. Le MR se mobilise chaque jour dans la lutte contre le racisme et hier encore ! Nous l'avons fait dans le respect des règles sanitaires. Je lui demande de la hauteur et des excuses pour ces insinuations inacceptables." Des mandataires libéraux étaient présents à Bruxelles, mais ont fait une photo en mode distanciation sociale, en marge de la manifestation.

Le virologue Marc Van Ranst, notamment, s'est indigné qu'un tel rassemblement ait eu lieu en période de crise sanitaire, en craignant de nouvelles contaminations mais aussi et surtout l'impact symbolique: "Il est très ennuyeux que je doive maintenant expliquer qu'un barbecue avec onze personnes dans votre jardin n'est pas autorisé, alors qu'il y avait 10 000 personnes à Bruxelles ensemble...", dit-il.

Un autre expert très médiatique, Emmanuel André, est plus en phase avec le message des manifestants: "Si le racisme n'existait pas, 10.000 personnes n'auraient pas du rappeler à Bruxelles que nous sommes tous égaux. A ces personnes, je demande de respecter strictement les gestes barrières pendant 15 jours et de continuer leur combat toute leur vie."

La tonalité du message de François De Smet, président de DéFi, est similaire: "Je comprends que ce rassemblement ait suscité des critiques. Même munis de masques, se rassembler à plusieurs milliers en parlant, chantant, criant est hélas un danger réel en termes épidémiques. Il était impossible de respecter les distances sociales, et de fait elles ne l'ont pas constamment été. (...) Mais il faut voir pourtant plus loin. Ces milliers de personnes connaissaient les risques et ont estimé, malgré tout, que la cause en question valait de le courir. Et c'est là que doivent résider notre attention et notre interrogation. (...) oui, on pourra blâmer les manifestants pour les risques pris; mais si nous voulons faire société, si nous voulons un monde où le vivre-ensemble soit davantage qu'on slogan, il sera nécessaire d'écouter cette colère, de travailler à ce qu'elle soit reconnue, et de la rencontrer."

Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, est fortement critiqué par les libéraux pour avoir autorisé la manifestation contre le racisme, qui a rassemblé dix mille personnes dimanche dans les rues de la capitale. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, et la Première ministre, Sophie Wilmès, se sont étonnés de la tenue d'un tel rassemblement alors que cela reste toujours interdit en raison de l'épidémie de coronavirus."L'indignation est légitime, le combat noble, l'objectif indépassable, a souligné Georges-Louis Bouchez. Mais il y avait d'autres moyens d'exprimer sa solidarité et sa fraternité que d'enfreindre les règles sanitaires de base. Quel sens ont les règles adoptées par le Conseil national de sécurité ?""La cause est juste et elle doit pouvoir s'exprimer, a enchaîné Sophie Wilmès. Aucun doute là-dessus. À la vue des images, je regrette qu'il n'ait pas été possible de trouver une alternative qui respecte consignes sanitaires et efforts de ceux en première ligne dans la lutte contre l'épidémie." Elle avait déjà exprimé cette préoccupation à l'issue du Conseil national de sécurité, mercredi, et à la Chambre, jeudi. "Je m'entretiendrai avec les Bourgmestres concernés et les autorités régionales pour tirer les leçons de ce week-end, y compris sur le plan sanitaire", prolonge-t-elle.David Leisterh, président du MR bruxellois, estime même que Philippe Close a failli et devra rendre des comptes. La N-VA, elle aussi, estime que cela est grave.Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles assume: "Nous avons dû faire une balance d'intérêts entre ordre public, conditions sanitaires - j'entends les experts et ils ont raison - et expression publique, a réagi ce lundi matin Philippe Close, à la RTBF. Nous avons distribué 4000 masques - pas ceux du fédéral, ils ne sont pas toujours là. C'est vrai, je comprends mais on ne peut pas demander à la population de contenir cette colère." Certains rappellent aussi que des manifestations similaires ont été organisées à Anvers et à Liège - avec moins de monde il est vrai, autour de 1500 personnes, et un respect relatif des règles de distanciation physique.Olivier Maingain (DéFi), bourgmestre de Woluwé-Saint-Lambert, le soutient: "Un peu d'honnêteté intellectuelle, dit-il, tout bourgmestre sait qu'il est vain de chercher à interdire une manifestation à laquelle plusieurs milliers de participants sont annoncés. C'est à chacun d'être responsable de son comportement en cette période de crise sanitaire."Au sujet de la polémique initiée par le MR et la Première ministre, Philippe Close a des mots secs : "Mon téléphone est ouvert depuis jeudi, Sophie Wilmès pouvait m'appeler. Tout ça, c'est une organisation du MR pour mettre à mal. Je comprends les virologues, mais je constate qu'un parti se nourrit d'une polémique par jour." A cran, il se demande même si ce n'est pas le fond du message qui pose problème au MR.Nouvelle réplique de Georges-Louis Bouchez: "L'attitude de Philippe Close est inacceptable. Le MR se mobilise chaque jour dans la lutte contre le racisme et hier encore ! Nous l'avons fait dans le respect des règles sanitaires. Je lui demande de la hauteur et des excuses pour ces insinuations inacceptables." Des mandataires libéraux étaient présents à Bruxelles, mais ont fait une photo en mode distanciation sociale, en marge de la manifestation.Le virologue Marc Van Ranst, notamment, s'est indigné qu'un tel rassemblement ait eu lieu en période de crise sanitaire, en craignant de nouvelles contaminations mais aussi et surtout l'impact symbolique: "Il est très ennuyeux que je doive maintenant expliquer qu'un barbecue avec onze personnes dans votre jardin n'est pas autorisé, alors qu'il y avait 10 000 personnes à Bruxelles ensemble...", dit-il.Un autre expert très médiatique, Emmanuel André, est plus en phase avec le message des manifestants: "Si le racisme n'existait pas, 10.000 personnes n'auraient pas du rappeler à Bruxelles que nous sommes tous égaux. A ces personnes, je demande de respecter strictement les gestes barrières pendant 15 jours et de continuer leur combat toute leur vie."La tonalité du message de François De Smet, président de DéFi, est similaire: "Je comprends que ce rassemblement ait suscité des critiques. Même munis de masques, se rassembler à plusieurs milliers en parlant, chantant, criant est hélas un danger réel en termes épidémiques. Il était impossible de respecter les distances sociales, et de fait elles ne l'ont pas constamment été. (...) Mais il faut voir pourtant plus loin. Ces milliers de personnes connaissaient les risques et ont estimé, malgré tout, que la cause en question valait de le courir. Et c'est là que doivent résider notre attention et notre interrogation. (...) oui, on pourra blâmer les manifestants pour les risques pris; mais si nous voulons faire société, si nous voulons un monde où le vivre-ensemble soit davantage qu'on slogan, il sera nécessaire d'écouter cette colère, de travailler à ce qu'elle soit reconnue, et de la rencontrer."