Le gouvernement De Croo n'a pas le temps de souffler à son retour de vacances. Plusieurs dossiers chauds s'accumulent d'emblée, alors que la rentrée politique s'annonçait déjà mouvementée avec la nécessité d'écrire la page post-Covid, avec des thématiques sensibles comme le climat, l'énergie, le socio-économique ou le migratoire au sens large, qui divisent potentiellement les sept partis de la coalition.
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Le gouvernement De Croo n'a pas le temps de souffler à son retour de vacances. Plusieurs dossiers chauds s'accumulent d'emblée, alors que la rentrée politique s'annonçait déjà mouvementée avec la nécessité d'écrire la page post-Covid, avec des thématiques sensibles comme le climat, l'énergie, le socio-économique ou le migratoire au sens large, qui divisent potentiellement les sept partis de la coalition.D'ores et déjà, la Vivaldi a les mains dans le cambouis. Avec la nécessité de prendre position et d'arbitrer les points de vue des uns et des autres. La chute de Kaboul et la prise de pouvoir des talibans s'est imposé à la une de l'actualité, avec le sauvetage des Belges (mais aussi, de façon plus large, les activites féminines), avant la gestion des fluw migratoires. Et en dépit d'une campagne de vaccination prometteuse, le Covid reste un souci majeur.L'Afghanistan à la une politique, donc. Alexander De Croo (Open VLD), Premier ministre, et Sophie Wilmès (MR), ministre des Affaires étrangères, gèrent prioritairement la crise et la nécessité de sauver les Belges coincés sur place. "Un groupe d'environ 100 Belges et membres de leur famille de nationalité afghane ont fait savoir qu'ils voulaient quitter l'Afghanistan, précisait lundi soir Sophie Wilmès.Quatre avions militaires partiront dès que possible."La mission de rapatriement pourrait en outre être élargie. Sammy Mahdi ('CD&V), secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, suggère en outre que la Belgique à mettre en sécurité des activistes travaillant pour les droits des femmes en Afghanistan. Parce qu'"aucun autre groupe que les femmes ne sentira l'impact des talibans", précise-t-il.La question migratoire va s'inviter rapidement au menu gouvernemental. La question des rapatriements forcés des demandeurs d'asile afghans a été réglée d'elle-même avec la chute de Kaboul. Mais la probabilité importante de flux migratoires importants en provenance de ce pays sera une des priorités européennes. Le président français Emmanuel Macron a suscité des réactions en sens divers lorsqu'il a annoncé, lundi soir, une initiative visant à gérer ces flux migratoires. "Comme beaucoup, je suis abasourdi par cette déclaration qui me semble absolument indigne au regard des circonstances", a notamment réagi le professeur François Gemenne, suscitant un vaste débat sur Twitter."Emmanue Macron anticipe parfaitement les enjeux à venir, souligne pour sa part Georges-Louis Bouchez, président du MR. Chacun doit faire sa part dans la nécessaire protection de ceux qui doivent l'être mais cela ne doit pas générer une pression migratoire irrégulière qui déstabilisera inévitablement nos démocraties."Ce n'est pas le seul débat provoquant de l'émoi. Alors que le président américain assume le retrait des troupes d'Afghanistan, les Européens doivent décider d'une ligne commune ce mardi. André Flahaut (PS), ancien ministre de la Défense, a suscité de vives désapprobations en estimant ce mardi matin sur Bel RTL qu'il serait opportun de "tester la bonne volonté des talibans". Il avait déjà appeler à une solution diplomatique et un dialogue sous l'égide des Nations unies.Plusieurs partis réclament en outre un débat d'urgence au parlement, tandis que la N-VA appelle à une "analyse de la menace".Pour le gouvernement De Croo, au coeur de l'été, il s'agit aussi de veiller à l'atterrissage de deux dossiers qui restent sensibles.Après les inondations dramatiques de juillet en Wallonie, de vives critiques ont été émises au sujet de sa gestion initale et du soutien apporté ensuite à la Région la plus touchée du pays. Le fédéral devra assumer sa promesse de "ne pas laisser tomber la Wallonie", soulignait le 5 août Jean-Luc Crucke (MR), ministre wallon du Budget, au Vif. "Je rappellerai cette promesse à Alexander De Croo à chaque fois", assurait-il.Quant au Covid, si l'urgence est moins palpable que lors des pics passés, la crise sanitaire reste au menu de nombreuses réunions cette semaine avant un Comité de concertation (Codeco), chargé vendredi. Il est question de la vaccination obligatoire des soignants, de la troisième dose du vaccin, des conditions de la rentrée scolaire, d'éventuels assouplissements nécessaires (dont les heures de fermeture de l'horeca, le monde de la nuit, la suite du "plan été"...). Sans oublier la campagne de vaccination et, notamment, le retard enregistré en Région bruxelloise.Autant de sujets brûlants, là encore, même s'ils divisent moins la Vivaldi. Pour l'instant, du moins.Lire aussi: Vandenbroucke veut rendre obligatoire la vaccination pour le personnel soignant