C'est à la fois un jeu de massacre et un jeu de piste. Avec souvent, pour indices, des traces de peinture rouge sang. Et les autorités de se demander quelle sera la prochaine cible des jeunes activistes " décoloniaux ". Le 7 juin, en marge de la manifestation bruxelloise Black Lives Matter contre le racisme, le poing serré du mouvement est tagué sur le socle de la statue équestre de Léopold II, à un jet de pierre du Palais royal. Trois jours plus tard, le monument de la place du Trône est à nouveau vandalisé : les yeux et les mains de deuxième roi des Belges et souverain fondateur du Congo sont peints en rouge sang et un grand " pardon " est inscrit sur sa ...

C'est à la fois un jeu de massacre et un jeu de piste. Avec souvent, pour indices, des traces de peinture rouge sang. Et les autorités de se demander quelle sera la prochaine cible des jeunes activistes " décoloniaux ". Le 7 juin, en marge de la manifestation bruxelloise Black Lives Matter contre le racisme, le poing serré du mouvement est tagué sur le socle de la statue équestre de Léopold II, à un jet de pierre du Palais royal. Trois jours plus tard, le monument de la place du Trône est à nouveau vandalisé : les yeux et les mains de deuxième roi des Belges et souverain fondateur du Congo sont peints en rouge sang et un grand " pardon " est inscrit sur sa poitrine. Sur le socle, on peut lire " assassin ", " raciste ", " cet homme a tué plus de quinze millions de personnes ", avant qu'une équipe de nettoyage n'efface toutes les inscriptions. Dans la nuit du 11 au 12 juin, un commando d'une quinzaine de jeunes déboulonnent une statue du roi au square du Souverain, à Auderghem, et effacent à la peinture des plaques de l'avenue Léopold II, à Molenbeek. Ils y voient des " symboles de la colonisation du Congo et des exactions commises contre les populations locales ". Les activistes justifient leur opération en affirmant qu'il fallait marquer les esprits, rien n'ayant été fait " pour répondre aux revendications des associations qui réclament depuis dix ans une décolonisation de l'espace public ". Réplique de Didier Gosuin (DéFI), bourgmestre d'Auderghem : " Ces actes de vandalisme ne permettent pas d'apaiser une histoire controversée, mais risquent, au contraire, de radicaliser les propos... Ce n'est pas en faisant tomber une statue qu'on gomme le passé ". Entre-temps, à Anvers, une statue de Léopold II est retirée d'un square. La KULeuven enlève de sa bibliothèque un buste du souverain et l'UMons escamote une statue du roi, remisée dans les réserves. Le 12 juin, le roi Baudouin est à son tour victime des activistes : son buste, qui se trouve devant la cathédrale Saint-Michel, est recouvert de peinture rouge et le mot " répération " est inscrit sur le socle. Deux jours plus tard, la statue du général Storms, square de Meeus, à Ixelles, connaît le même sort. Envoyé par Léopold II conquérir l'est du futur Etat indépendant du Congo, l'officier et ses hommes y ont commis des violences. En 1884, Storm a fait exécuter Lusinga, chef congolais de la région du lac Tanganyika, et a ramené son crâne en Belgique. A Bruxelles, une pétition en faveur d'un retrait des statues de Léopold II a réuni plus de 70 000 signatures en quelques jours, tandis que les politiques se positionnent : Catherine Moureaux (PS), la maïeure de Molenbeek, annonce qu'elle veut rebaptiser le boulevard Léopold II. Pascal Smet (SP.A), le secrétaire d'Etat bruxellois en charge du patrimoine, propose l'érection d'un mémorial de la décolonisation. Caroline Désir (PS), la ministre de l'Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, compte relancer son projet de rendre obligatoires, dans tous les réseaux et toutes les filières, les cours sur l'histoire du Congo et de la colonisation.