Combien de laboratoires médicaux réalisent-ils des tests de dépistage du coronavirus aujourd'hui ? Et combien de tests peuvent-ils absorber chaque jour ?
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Combien de laboratoires médicaux réalisent-ils des tests de dépistage du coronavirus aujourd'hui ? Et combien de tests peuvent-ils absorber chaque jour ? Pour l'instant, les tests sont effectués par une cinquantaine de laboratoires de biologie clinique sur le territoire belge, alors qu'au début de l'épidémie, seul le laboratoire de référence de la KULeuven le faisait. Notre rôle de laboratoire de référence a été d'aider d'autres labos cliniques à développer ces capacités de diagnostic. On en est à 2 500 tests réalisés quotidiennement. On veut évidemment améliorer ce rendement, mais les labos sont toujours confrontés à des problèmes d'approvisionnement en réactifs, tout comme l'ensemble de la planète en ces temps de pandémie.La Chine n'a-t-elle pas repris la production massive de réactifs ? Oui. Mais les labos de biologie clinique en Belgique travaillent avec des techniques automatisées qui ne sont pas compatibles avec tous les réactifs produits en Chine. Ils sont donc relativement limités dans leurs circuits d'approvisionnement.Et quid du fameux test mis au point par l'Université de Namur, qui permet de ne plus être dépendant du commerce des réactifs ? Là, les choses avancent bien également, grâce à l'appui de laboratoires de biologie moléculaire de type universitaire qui appliquent le protocole de l'Université de Namur pour effectuer des tests. Ces labos académiques de Mons, Charleroi, Gosselies, Liège, Anderlecht... - pour ne citer que les francophones - ont donc désormais accepté d'aider les hôpitaux à réaliser un dépistage. Ils viennent donc en appui des 50 labos cliniques. Grâce à eux, on va pouvoir augmenter de façon significative le nombre de tests réalisés. L'avantage est que la technique est plus manuelle, les réactifs utilisés sont différents et beaucoup moins sujets à un problème d'approvisionnement. Les choses avancent donc. On va bientôt pouvoir dépister de manière plus systématique toutes les personnes qui rentrent à l'hôpital, pas seulement les plus malades, et davantage de soignants. N'y a-t-il pas d'autres labos encore qui peuvent participer au dépistage ? Ne faut-il pas lancer un appel ? Oui, bien sûr. Le processus est toujours en cours de développement et ne s'arrêtera pas tant que les besoins seront là. Mais organiser tout cela en si peu de temps, en un weekend, n'est pas évident, car ça nécessite aussi de la logistique, ne fut-ce que pour réunir le matériel d'échantillonnage comme les écouvillons pour les frottis nano-pharyngés. Or, en période de pandémie, rien n'est facile à acquérir. Il faut aussi s'assurer que la sous-traitance des labos universitaires pour les hôpitaux se fasse dans les règles légales. Les gens travaillent jour et nuit. Cela va porter ses fruits très vite. C'est-à-dire ? Combien de tests demain ? Avec la stratégie que je viens de vous exposer, on va pouvoir multiplier par deux le nombre de tests réalisés, soit environ 5 000 tests par jour d'ici une semaine.Ne faut-il pas bien davantage de tests, si l'on veut un jour sortir du confinement de manière définitive ? En effet. On sait que les patients qui sont testés ne constituent que le sommet de l'iceberg. Donc, pour l'instant, on mobilise également des ressources industrielles pour produire des tests à très grande échelle. Les "bigs pharmas", donc les grandes entreprises pharmaceutiques belges, se sont engagées dans la mise au point de cette technique industrielle de dépistage actif. Nous avons des réunions tous les jours. Cela nécessite une très grosse infrastructure qui entrera en piste dans un deuxième temps. Ce système devra être très solide. Ce dépistage pourrait être réalisé par des professionnels de première ligne, comme les médecins généralistes. Je ne peux pas vous dire quand cela sera au point. De toute façon, pour le moment, le confinement reste de mise plus que jamais. Il ne faut absolument rien lâcher de ce côté-là. C'est crucial..