En France et, dans une moindre mesure, en Belgique, les appels au boycott d'Amazon se sont multipliés. Pollueur, instigateur de la surconsommation, emblème des dérives de la mondialisation, fossoyeur de l'emploi. Les critiques sur le géant de l'e-commerce ont plu comme les réductions un jour de Black Friday. C'est qu'à lui seul, le géant de la Silicon Valley symbolise tous les maux de l'époque, de l'ingénierie fiscale aux excès du capitalisme, en passant par la destruction de la planète et l'exploitation des travailleurs . Un sentiment exacerbé par la fermeture obligatoire des commerces dits "non essentiels" qui a dopé les ventes en ligne, fais...

En France et, dans une moindre mesure, en Belgique, les appels au boycott d'Amazon se sont multipliés. Pollueur, instigateur de la surconsommation, emblème des dérives de la mondialisation, fossoyeur de l'emploi. Les critiques sur le géant de l'e-commerce ont plu comme les réductions un jour de Black Friday. C'est qu'à lui seul, le géant de la Silicon Valley symbolise tous les maux de l'époque, de l'ingénierie fiscale aux excès du capitalisme, en passant par la destruction de la planète et l'exploitation des travailleurs . Un sentiment exacerbé par la fermeture obligatoire des commerces dits "non essentiels" qui a dopé les ventes en ligne, faisant de la société de Jeff Bezos la victime expiatoire de la colère de commerçants démunis, ruinés parfois. Dans la foulée, c'est tout l'e-commerce qui a été pointé du doigt, conduisant au report en France du fameux vendredi noir au 4 décembre, avec l'intention de permettre aux commerces physiques de peut-être regarnir un peu leur tiroir-caisse en cette période de fêtes traditionnellement faste pour eux. Sur les réseaux, le débat s'est rapidement polarisé entre les aficionados de l'e-commerce versus les défenseurs du commerce physique, chacun développant ses arguments pour faire valoir la primauté de l'un sur l'autre. En faveur de l'e-commerce: la réponse à une demande. Les webshops et les plateformes jouent un rôle d'intermédiaires entre des producteurs qui veulent vendre et des consommateurs qui veulent acheter. De manière intuitive, efficace, précise, rapide, bon marché. Au crédit des commerces physiques, le plaisir de flâner, faire du fun shopping, tailler le bout de gras avec un commerçant et profiter de ses conseils. Mais soyons franc, les centres-villes n'ont pas attendu Amazon pour se vider. Ils attendent en revanche toujours des politiques et stratégies de soutien efficaces. Quant au bilan environnemental de ces deux types de distribution, il n'est peut-être pas aussi évident qu'il n'y paraît à première vue. Le type de produit analysé, la distance parcourue, la méthode de livraison ou le comportement du consommateur peuvent faire pencher la balance en faveur de l'un ou de l'autre. Derrière ces arguments se profile un véritable débat socio-économique: est-il impossible de faire cohabiter efficacement le réel et le virtuel? Comment passer outre la distorsion de concurrence qui fait qu'aujourd'hui Zalando, Bol.com ou Coolblue vendent plus que jamais, quand E5 Mode ou Cameleon doivent, eux, se mettre à l'abri de leurs créanciers? Pourquoi n'a-t-on pas réussi en Europe à se constituer un géant comme Amazon? D'ailleurs, pourquoi l'Europe a-t-elle pris tant de retard dans la digitalisation de son économie? Comment accompagner les commerçants dans leur transition digitale? Les plateformes peuvent-elles être partie de la solution? Comment instaurer cette fameuse taxe Gafa? Sur quoi? Et comment? Comment redonner vie à des centres-villes désertés? C'est à ces questions qu'il convient de répondre. Non à: "Faut-il boycotter Amazon pour Noël?"