Depuis plus de quatre ans, elle enquête et alerte.
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Depuis plus de quatre ans, elle enquête et alerte. Elle a d'abord mis au jour des pratiques douteuses et amené sur la place publique un vaste scandale politico-financier: l'affaire Publifin et la révélation - par Le Vif - que des mandataires locaux touchaient de confortables jetons de présence pour des réunions fantômes. Elle est ensuite restée vigilante quand, sous couvert de démanteler Nethys et de donner un avenir industriel aux différentes filiales du groupe, se préparait en fait le casse du siècle autour de la vente de Win, Elicio et Voo. Et elle l'a écrit. Elle a encore annoncé urbi et orbi la signature de transactions pénales dont les principaux protagonistes auraient préféré qu'elles restent secrètes. Elle a, tout au long de ces années, décortiqué moult rapports, suivi le parcours sinueux de relations privilégiées et dénoncé dans la foulée ces confusions récurrentes entre intérêts personnel et public. La presse a joué son rôle dans le dossier Nethys. Il y a quelques mois, elle a décidé de donner un gros coup d'accélérateur et de frapper fort. Elle a opportunément choisi de diviser une méga-affaire en différents volets. Pour avancer rapidement, avec la volonté affirmée d'aboutir avant que ce dossier ne soit un jour, comme dans l'affaire Fortis, frappé de prescription. Ou qu'une transaction pénale ne devienne à un moment la seule issue possible pour faire aboutir un dossier trop lourd et trop complexe. Ces dernières semaines, elle a enclenché le turbo. Elle a procédé à des interpellations, des incarcérations. Elle a entendu toutes les parties. Pour tenter de connaître la vérité et faire la lumière sur une nébuleuse particulièrement sombre. Pour que le sentiment d'impunité absolue ne prédomine plus. Pour que les suspects, toujours présumés innocents, puissent se défendre mais qu'à un moment, un jugement soit rendu. Et qu'une vérité judiciaire existe. En lançant cette tornade sur Nethys, la justice a fait son job. Reste maintenant à lever le voile sur un dernier angle. Qui sont ces "mains invisibles" qui ont donné le feu vert à la vente des actions de Voo, Win et Elicio? Etaient-elles au courant du contenu réel de ces deals et des montants des faramineuses indemnités "de rétention" versées à des ex-managers de Nethys et Integrale? Pourquoi n'y a-t-il pas eu davantage de contrôle de l'expansion de l'intercommunale et des pratiques de son management? Aujourd'hui, comme cela aurait déjà dû être le cas hier, c'est au monde politique de faire son job. De condamner ces pratiques, ce "système". De reconnaître avoir été dupés ou ne pas avoir suffisamment contrôlé et vérifié. Au minimum. Le silence n'est plus acceptable.