Tous les pays du monde sont, depuis plusieurs semaines, focalisés sur la crise du coronavirus. En Belgique, le confinement est mis en place et respecté par une majorité de la population. Mais ce respect à l'extrême des mesures fait planer un autre risque : celui de ne pas se soigner - à temps - pour d'autres maladies ou pathologies.

C'est la sonnette d'alarme tirée, entre autres, par la Ligue cardiologique belge. Cette dernière a constaté, via les cardiologues en milieu hospitalier, une nette diminution des consultations pour AVC et crises cardiaques. Or, on peut raisonnablement penser qu'ils n'ont pas spécialement diminué en cette période.

AVC et crise cardiaques, urgences absolues

Dans le cadre de problèmes cardiaques en particulier, la Ligue s'inquiète. "Cette situation est susceptible d'entraîner de nombreux décès par accidents vasculaires cérébraux et cardiaques qui pourraient, et devraient, être évités". Les services de cardiologie du pays sont d'ailleurs équipés et préparés : "Un AVC ou une crise cardiaque est une urgence, au même titre qu'une suspicion de coronavirus. Toute personne qui en présente les symptômes doit suivre le protocole et rechercher une aide médicale, appeler le 112", explique Sandrine Daoud, Directrice de la Ligue cardiologique belge contactée par nos soins.

L'UZ Brussel constatait ainsi il y a quelques jours que des patients auraient pu être mieux soignés s'ils étaient venus plus tôt aux urgences. Des patients sont "arrivés dans un état catastrophique parce qu'ils avaient reporté des soins nécessaires". Dans cet hôpital, un patient a dû être amputé d'une jambe en raison d'un apport insuffisant en oxygène dû à un rétrécissement de l'artère. Un autre patient s'est retrouvé paralysé à vie à cause d'un AVC, alors qu'un autre encore est décédé d'un anévrisme durant le transport vers la salle d'opération.

Reconnaitre les symptômes...

... d'un AVC. En cas d'accident vasculaire cérébral, les symptômes sont les suivants et les gens sont invités à agir VITE :

  • V pour visage. Le visage de la personne est tombé d'un côté. Peut-elle sourire ?
  • I pour incapacité. La personne peut-elle lever ses deux bras et les maintenir en place ?
  • T pour trouble. La personne a-t-elle des troubles de la parole, de prononciation ?
  • E pour extrême urgence. Il est temps d'appeler le 112 si vous voyez l'un de ces signes.

... d'une crise cardiaque. En cas de crise cardiaque, les symptômes les plus fréquents sont des douleurs brutales dans la partie supérieure du corps comme le thorax, le cou, la mâchoire ou les bras (en particulier le côté gauche du corps), mais aussi l'essoufflement, la transpiration et la nausée. Ces symptômes sont cependant variables. En particulier, les femmes et les personnes âgées ont tendance à éprouver des symptômes également très soudains, mais plus vagues (nausées, fatigue, contraction de la mâchoire) et ne ressentent parfois pas de douleur thoracique particulière.

À l'hôpital, un trajet différent pour les patients "corona"

Les patients hésitent à consulter, même en cas d'urgence, pour deux principales raisons, selon Sandrine Daoud, Directrice de la Ligue cardiologique belge. "D'une part, la peur du contact avec le Covid-19. Et d'autre part, le fait de ne pas vouloir peser sur un système de santé qui a déjà l'air fort saturé. Ils se disent : je n'ai pas le coronavirus, j'ai juste un peu mal dans la poitrine, je vais m'assoir et ça va passer. Mais c'est dangereux. C'est très bien de rester confiné, il le faut, d'autant que les patients cardiaques sont souvent à risque. Mais il est normal et important d'appeler de l'aide médicale en cas d'urgence."

Sandrine Daoud rassure d'ailleurs les patients qui devraient se rendre à l'hôpital pour une urgence: "quand on se présente à l'hôpital, il y a un trajet de soins pour les suspects Covid et un trajet pour les autres urgences." Si le risque zéro n'existe pas, les hôpitaux s'organisent depuis le début de l'épidémie pour que les patients qui ont besoin d'une prise en charge ne croisent pas des personnes suspectées de coronavirus.

Des urgences laissées à l'appréciation des spécialistes

Si les problèmes cardiaques graves relèvent souvent de l'urgence vitale, il ne faut pas non plus oublier les autres pathologies qui doivent, même en temps de coronavirus, être suivies : maladies chroniques, diabète, urgences dentaires... Ici aussi, il convient de consulter pour ne pas que cela s'aggrave, à condition de la situation et ses conséquences probables relèvent bien de l'essentiel. "Toutes les consultations, tests et opérations planifiés et non urgents doivent être annulés. Uniquement les consultations, examens et interventions urgentes et/ou indispensables peuvent avoir lieu", indique le SPF Santé sur le site dédié au coronavirus.

Malgré les mesures générales relatives à la distanciation sociale, la prise en charge des personnes vulnérables reste une priorité et doit être garantie. Pour les soins en dehors de l'hôpital, le SPF conseille de ne se rendre aux consultations externes que pour les soins urgents et nécessaires. Ainsi, les dentistes, kinésithérapeutes, ostéopathes ou encore podologues peuvent continuer leur activité, mais les soins non-urgents doivent être reportés. Il convient alors aux différents prestataires de soins de juger si le cas mérite une prise en charge urgente ou non, selon les directives établies par Sciensano.

Une prise de contact par téléphone ou par vidéoconférence est conseillée dans un premier temps. Votre praticien décidé alors si vous faites partie des exceptions. En voici quelques exemples :

  • Toutes les thérapies nécessaires pour le traitement du cancer, comme les chimiothérapies et les dialyses sont poursuivies.
  • Les dentistes peuvent prendre un patient en charge pour une rage de dent, ou délivrer un traitement pour un abcès.
  • Les kinésithérapeutes peuvent prodiguer de la kiné respiratoire.
  • Les opérations urgentes sont toujours possibles (chirurgie vitale, appendicites,...).
  • Les patients qui ont des problèmes de diabètes ou d'hypertension peuvent consulter si leur médecin juge que la situation l'exige.
  • ...

Toutes les procédures à destination des médecins et spécialistes se trouvent sur le site de Sciensano.

Ne pas changer ou arrêter son traitement sans avis médical

La situation inquiète également les médecins généralistes, qui ont alerté des répercussions sur la santé des autres malades dans différents médias. "On a beaucoup moins d'appels, beaucoup moins de visites, beaucoup moins de consultations", indiquait ainsi le médecin généraliste Étienne Maniquet au micro de RTL. Une inquiétude que nous confiait fin mars un médecin assistant en médecine interne à Epicura : "Je redoute que le coronavirus empêche des patients atteints d'autres pathologies graves, telles qu'un infarctus, une appendicite, une diverticulite, une cholécystite, etc. de venir à l'hôpital à cause du coronavirus. Je redoute de voir arriver des patients dans des états dépassés, en septicémie, en insuffisance cardiaque, voire décédés suite à des pathologies qui sont habituellement guérissables."

Un danger qui guette également ceux qui arrêtent leur traitement par crainte d'être contaminé ou parce qu'ils n'ont plus d'ordonnances. Cela a notamment été le cas des anti-inflammatoires, pourtant nécessaires dans certaines pathologies chroniques. Ceux qui prennent de l'ibuprofène sur les conseils de leur médecin ne doivent pas changer ou arrêter d'eux-mêmes. Cette règle vaut pour tous les traitements ordonnés par son médecin traitant ou un spécialiste.

Il ne faut néanmoins faire preuve de bon sens et ne consulter que pour les problèmes médicaux urgents et nécessaires. La règle reste le confinement et le report des soins non essentiels. Mais l'exception dans les cas d'urgence doit être signalée et prise en charge. Si vous n'êtes pas sûr, en cas de suspicion, le patient peut toujours appeler son médecin traitant. Mais si vous êtes sûr que votre situation mérite une prise en charge urgente et vitale, il ne faut pas hésiter à appeler le 112.

Tous les pays du monde sont, depuis plusieurs semaines, focalisés sur la crise du coronavirus. En Belgique, le confinement est mis en place et respecté par une majorité de la population. Mais ce respect à l'extrême des mesures fait planer un autre risque : celui de ne pas se soigner - à temps - pour d'autres maladies ou pathologies. C'est la sonnette d'alarme tirée, entre autres, par la Ligue cardiologique belge. Cette dernière a constaté, via les cardiologues en milieu hospitalier, une nette diminution des consultations pour AVC et crises cardiaques. Or, on peut raisonnablement penser qu'ils n'ont pas spécialement diminué en cette période. Dans le cadre de problèmes cardiaques en particulier, la Ligue s'inquiète. "Cette situation est susceptible d'entraîner de nombreux décès par accidents vasculaires cérébraux et cardiaques qui pourraient, et devraient, être évités". Les services de cardiologie du pays sont d'ailleurs équipés et préparés : "Un AVC ou une crise cardiaque est une urgence, au même titre qu'une suspicion de coronavirus. Toute personne qui en présente les symptômes doit suivre le protocole et rechercher une aide médicale, appeler le 112", explique Sandrine Daoud, Directrice de la Ligue cardiologique belge contactée par nos soins.L'UZ Brussel constatait ainsi il y a quelques jours que des patients auraient pu être mieux soignés s'ils étaient venus plus tôt aux urgences. Des patients sont "arrivés dans un état catastrophique parce qu'ils avaient reporté des soins nécessaires". Dans cet hôpital, un patient a dû être amputé d'une jambe en raison d'un apport insuffisant en oxygène dû à un rétrécissement de l'artère. Un autre patient s'est retrouvé paralysé à vie à cause d'un AVC, alors qu'un autre encore est décédé d'un anévrisme durant le transport vers la salle d'opération. Les patients hésitent à consulter, même en cas d'urgence, pour deux principales raisons, selon Sandrine Daoud, Directrice de la Ligue cardiologique belge. "D'une part, la peur du contact avec le Covid-19. Et d'autre part, le fait de ne pas vouloir peser sur un système de santé qui a déjà l'air fort saturé. Ils se disent : je n'ai pas le coronavirus, j'ai juste un peu mal dans la poitrine, je vais m'assoir et ça va passer. Mais c'est dangereux. C'est très bien de rester confiné, il le faut, d'autant que les patients cardiaques sont souvent à risque. Mais il est normal et important d'appeler de l'aide médicale en cas d'urgence." Sandrine Daoud rassure d'ailleurs les patients qui devraient se rendre à l'hôpital pour une urgence: "quand on se présente à l'hôpital, il y a un trajet de soins pour les suspects Covid et un trajet pour les autres urgences." Si le risque zéro n'existe pas, les hôpitaux s'organisent depuis le début de l'épidémie pour que les patients qui ont besoin d'une prise en charge ne croisent pas des personnes suspectées de coronavirus. Si les problèmes cardiaques graves relèvent souvent de l'urgence vitale, il ne faut pas non plus oublier les autres pathologies qui doivent, même en temps de coronavirus, être suivies : maladies chroniques, diabète, urgences dentaires... Ici aussi, il convient de consulter pour ne pas que cela s'aggrave, à condition de la situation et ses conséquences probables relèvent bien de l'essentiel. "Toutes les consultations, tests et opérations planifiés et non urgents doivent être annulés. Uniquement les consultations, examens et interventions urgentes et/ou indispensables peuvent avoir lieu", indique le SPF Santé sur le site dédié au coronavirus. Malgré les mesures générales relatives à la distanciation sociale, la prise en charge des personnes vulnérables reste une priorité et doit être garantie. Pour les soins en dehors de l'hôpital, le SPF conseille de ne se rendre aux consultations externes que pour les soins urgents et nécessaires. Ainsi, les dentistes, kinésithérapeutes, ostéopathes ou encore podologues peuvent continuer leur activité, mais les soins non-urgents doivent être reportés. Il convient alors aux différents prestataires de soins de juger si le cas mérite une prise en charge urgente ou non, selon les directives établies par Sciensano. Une prise de contact par téléphone ou par vidéoconférence est conseillée dans un premier temps. Votre praticien décidé alors si vous faites partie des exceptions. En voici quelques exemples : Ne pas changer ou arrêter son traitement sans avis médicalLa situation inquiète également les médecins généralistes, qui ont alerté des répercussions sur la santé des autres malades dans différents médias. "On a beaucoup moins d'appels, beaucoup moins de visites, beaucoup moins de consultations", indiquait ainsi le médecin généraliste Étienne Maniquet au micro de RTL. Une inquiétude que nous confiait fin mars un médecin assistant en médecine interne à Epicura : "Je redoute que le coronavirus empêche des patients atteints d'autres pathologies graves, telles qu'un infarctus, une appendicite, une diverticulite, une cholécystite, etc. de venir à l'hôpital à cause du coronavirus. Je redoute de voir arriver des patients dans des états dépassés, en septicémie, en insuffisance cardiaque, voire décédés suite à des pathologies qui sont habituellement guérissables."Un danger qui guette également ceux qui arrêtent leur traitement par crainte d'être contaminé ou parce qu'ils n'ont plus d'ordonnances. Cela a notamment été le cas des anti-inflammatoires, pourtant nécessaires dans certaines pathologies chroniques. Ceux qui prennent de l'ibuprofène sur les conseils de leur médecin ne doivent pas changer ou arrêter d'eux-mêmes. Cette règle vaut pour tous les traitements ordonnés par son médecin traitant ou un spécialiste. Il ne faut néanmoins faire preuve de bon sens et ne consulter que pour les problèmes médicaux urgents et nécessaires. La règle reste le confinement et le report des soins non essentiels. Mais l'exception dans les cas d'urgence doit être signalée et prise en charge. Si vous n'êtes pas sûr, en cas de suspicion, le patient peut toujours appeler son médecin traitant. Mais si vous êtes sûr que votre situation mérite une prise en charge urgente et vitale, il ne faut pas hésiter à appeler le 112.