Les couteaux sont ressortis au MR, après les décisions du Comité de concertation, mercredi, et les critiques rapides du président, Georges-Louis Bouchez. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) a sermonné son allié libéral en Conseil des ministres restreint et, lors de la réunion parlementaire hebdomadaire jeudi midi, la vice-Première MR Sophie Wilmès a exprimé sa colère et rappelé à chacun l'importance de défendre "l'intérêt général" en cette période délicate pour le pays, avec ce reconfinement imposé.
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Les couteaux sont ressortis au MR, après les décisions du Comité de concertation, mercredi, et les critiques rapides du président, Georges-Louis Bouchez. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) a sermonné son allié libéral en Conseil des ministres restreint et, lors de la réunion parlementaire hebdomadaire jeudi midi, la vice-Première MR Sophie Wilmès a exprimé sa colère et rappelé à chacun l'importance de défendre "l'intérêt général" en cette période délicate pour le pays, avec ce reconfinement imposé.La position de Georges-Louis Bouchez, qui s'est expliqué jeudi soir sur la RTBF, serait "fragilisée", dit-on à certaines sources. Pour d'autres, la situation est plus complexe: les pontes du parti seraient furieux que leur président fasse à nouveau feu de tout bois, après la crise d'octobre dernier, consécutive à l'échec du casting ministériel et à ses sorties incessantes. Le principal intéressé relaie quant à lui une phrase de son intervetion télévisée: "Ce qui m'indigne, c'est qu'alors que des milliers de personnes vont devoir fermer et réfléchir à une solution pour eux, on parle pendant des heures du tweet de Georges-Louis Bouchez." L'extrait de la vidéo est titré: "Je suis un homme de conviction. Je ne renoncerai jamais à dire ce que j'estime être juste." Même, dit-il à la RTBF, "si ça doit me coûter ma carrière".En réalité, il s'agirait de rappeler au président que sa position est fragile et qu'un "Comité des onze" est d'ailleurs censé encadrer son action - c'est ce qui avait été décidé l'automne dernier. "On tente de savonner la planche de Bouchez", résume un libéral. Or, la position de Bouchez ne serait pas si fragile que ça.Un autre élément étonnant dans cet épisode, c'est en effet que Georges-Louis Bouchez est soutenu becs et ongles par l'ancien ministre Denis Ducarme, qui fut pourtant son ancien rival à la présidence du parti. Celui-ci a pourtant des raisons d'être en colère après avoir raté un poste de ministre en octobre, suite à la bévue de son président (qui voulait le recaser au gouvernement wallon à la place de Valérie De Bue, mais n'avait pas tenu compte des règles de parité). Mais sur le fond, dans cet épisode délicat pour le MR, les deux hommes se fédèrent contre Sophie wilmès.Lors de la réunion parlementaire de jeudi, nous rapporte-t-on, Denis Ducarme a exprimé une ligne dissonante après le plaidoyer de la vice-Première ministre. "Quand les indépendants sont KO debout, le MR est KO debout", a-t-il clamé. Selon lui, les libéraux sont sortis "à poil" de ce Comité de concertation qui a décidé de refermer les magasins non-essentiels (sauf rendez-vous) et les métiers de contact, d'autant plus que les perspectives d'une réouverture le 1er mai s'éloignent pour l'horeca. Le même Denis Ducarme avait confié au Vif: "Ma confiance en ce Comité de concertation est ébranlée."Avec cette alliance entre le président et son ancien rival, la position de Georges-Louis Bouchez serait "moins remise en cause qu'il y paraît", dit-on. Et la ligne du parti serait "absolument ce qu'elle doit être dans ce contexte".Le MR tangue et retrouve des accents des guerres du passé, quand Charles Michel s'en prenait à Didier Reynders: certains reprochent à Sophie Wilmès de ne pas prendre suffisamment en mains son rôle de vice-Première, d'avoir choisi les affaires étrangères pour perpétuer son rôle de Première ministre et de ne pas être assez forte face aux socialistes et, aussi, à un Premier ministre, Alexander De Croo, qui ne sert pas spécialement les intérêts libéraux. De son côté, Sophie Wilmès ne souhaite pas s'exprimer à ce sujet. En toile de fond, certains parlementaires qui la soutiennent déplorent le caractère "puéril" de la position présidentielle et regrettent surtout que la séquence soit "ratée intégralement", tant pour la gestion de la pandémie que pour le positionnement du MR.Ambiance. David Clarinval, autre ministre fédéral, est quant à lui pris en tenailles entre les deux camps. Jeudi, il remplaçait Sophie Wilmès au "kern", en raison de ses obligations dues aux affaires étrangères, c'est lui qui a pris le "sermon" d'Alexander De Croo et du PS. Après, il a appelé son président pour en faire part. C'est David Clarinval, encore, qui doit gérer la situation extrêmement délicate des indépendants.En attendant, pendant que le MR est au bord de la crise de nerfs, le virus continue ses ravages.