Au lendemain du Comité de concertation, cela chauffe bel et bien au sein de la majorité fédérale. Ce jeudi matin, en Conseil des ministres restreint, le Premier ministre, Alexander De Croo (MR), a a exprimé devant ses collègues son agacement face au comportement de Georges-Louis Bouchez, président du MR, qui avait parlé de "triple échec". Le vice-Premier ministre PS, Pierre-Yves Dermagne, a abondé dans le même sens.
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Au lendemain du Comité de concertation, cela chauffe bel et bien au sein de la majorité fédérale. Ce jeudi matin, en Conseil des ministres restreint, le Premier ministre, Alexander De Croo (MR), a a exprimé devant ses collègues son agacement face au comportement de Georges-Louis Bouchez, président du MR, qui avait parlé de "triple échec". Le vice-Premier ministre PS, Pierre-Yves Dermagne, a abondé dans le même sens.Les informations de La Libre nous ont été confirmées et précisées. "Quand on est président de parti, ça ne va pas, a déclaré Alexander De Croo. Il faut que le MR clarifie sa position au sein du gouvernement, ça ne peut plus durer." Les vice-Premiers ministres ont pris la parole et ont abondé dans le même sens.Pierre-Yves Dermagne a lui aussi estimé que cela ne pouvait plus durer. Sur Bel RTL, ce jeudi matin, le vice-Premier PS avait déjà exprimé son irritation: "Le MR fait toujours partie de la table du gouvernement, mais ça commence un peu à m'agacer, ça laisse penser que les libéraux ne soutiennent pas les décisions alors qu'ils sont cinq à table contre quatre aux socialistes. Ca laisse à penser que certains défendent des secteurs plus que les autres." C'est David Clarinval, le ministre fédéral des PME et des Indépendants, qui représentait le MR au kern de ce matin. Selon plusieurs sources, il aurait reconnu qu'il aurait communiqué autrement que de la manière dont son parti s'est exprimé à l'égard des décisions du Comité de concertation. David Clarinval a expliqué au Premier ministre et aux vice-Premiers ministres qu'il allait "transmettre le message" à Georges-Louis Bouchez. Le même David Clarinval avait exprimé lors du Comité de concertation de mercredi que les métiers de contact étaient les "boucs émissaires" de la situation sanitaire.Selon la Dernière Heure, la vice-Première ministre MR, Sophie wilmès, était, elle aussi, "en rage ce mercredi contre Georges-Louis Bouchez et plus largement, tous les ministres MR". La vice-Première et le président de parti forment un cuple souvent présenté comme "l'eau et le feu', qui fonctionne bien, mais peut parfois générer des tensions. "Une fois les décisions prises, Sophie Wilmès estime qu'il faut les assumer et se monter loyale envers le gouvernement et à l'extérieur, di une source à la DH. Elle n'a vraiment mais alors vraiment pas apprécié"Au MR, on ne souhaite pas réagir à ces "querelles intra-kern". Georges-Louis Bouchez sera ce jeudi soir à l'émission Jeudi en prime sur la RTBF, mais davantage pour explique ses positions que pour répondre à des polémiques, nous dit-on.Le Premier ministre a par ailleurs justifié à la Chambre, jeudi après-midi, les mesures prises la veille avec les entités fédérées lors du comité de concertation. Il a également appelé à la solidarité entre les différents partenaires, alors que des voix discordantes se sont fait entendre au sein même de sa majorité, singulièrement au MR. "Quand la situation change, vous devez revoir vos plans et je n'ai pas de honte à le dire: si la situation a fondamentalement changé, je n'hésite pas à corriger les plans", a-t-il déclaré lors d'une séance avancée d'une heure afin de lui permettre de participer ensuite au sommet européen. "Et c'est cela que la population attend de notre part."Face aux critiques, Alexander De Croo a confirmé que l'ensemble des mesures avaient été validées mercredi par tous les ministres-présidents. "Je tiens aussi à respecter les accords, à défendre le résultat de cette concertation. C'est la seule façon d'aller de l'avant", a conclu le Premier ministre.L'opposition est revenue sur les propos divergents entendus au sein de la majorité. "Ce n'est plus un comité de concertation, mais un comité de contestation", a lancé Catherine Fonck (CDH). "Y aurait-il deux MR, l'un qui siège au comité de concertation et l'autre qui gère les comptes Twitter?", s'est ironiquement interrogé François De Smet (DéFI). "Allez, prenez votre micro et dites 'on a losé'", a exhorté Raoul Hedebouw (PTB).Les députés de la majorité ont défendu le travail du comité de concertation mais avec des accents différents.Le chef de groupe des libéraux francophones, Benoît Piedboeuf, a d'emblée évoqué "une gestion erratique" de la pandémie, précisant toutefois son propos dans sa réplique. "Nous sommes dans un apprentissage par essai et erreur et on fait ce qu'on peut parce qu'on n'a pas la science infuse."