Les députés flamands N-VA Lorin Parys et Frieda Gijbels se sont penchés sur les chiffres et réclament une enquête indépendante "pour tirer les bonnes leçons de cette crise sanitaire et savoir si chaque patient s'est retrouvé dans le bon lit".
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Les députés flamands N-VA Lorin Parys et Frieda Gijbels se sont penchés sur les chiffres et réclament une enquête indépendante "pour tirer les bonnes leçons de cette crise sanitaire et savoir si chaque patient s'est retrouvé dans le bon lit".Données anonymes Les chiffres portent sur la période de mars 2020 au 15 juin 2021. L'Institut scientifique de Santé publique Sciensano a rendu les données anonymes et a calculé des moyennes au niveau des provinces sans révéler les noms des hôpitaux.Ils montrent notamment qu'en Flandre, 16,5% des patients hospitalisés sont décédés, pour 20,4% en Wallonie et 18,8% à Bruxelles. Pour les patients qui ont abouti en soins intensifs, le taux de mortalité était de 30,6% en Flandre, 39,6% à Bruxelles et 40,9% en Wallonie. Et pour les patients en soins intensifs qui ont dû être intubés, les taux sont respectivement de 46,6%, 55,4% et 53,3%.En raison de la multiplicité des facteurs qui concourent (le degré de contamination d'une région, l'âge de la population, son état plus ou moins à risque, etc.), ces chiffres doivent être pris avec précaution, "mais les différences entre régions et entre hôpitaux sont trop fortes" pour ne pas analyser le phénomène, selon Lorin Parys. "Nous voulons savoir si chacun a reçu les bons soins. Et en fait, c'est une question que nous aurions dû nous poser il y a longtemps", déclare-t-il au Laatste Nieuws.Interrogé à la Chambre, Marcel Van der Auwera, Chef du service Aide Urgente au SPF Publique admet que de nombreuses incertitudes demeurent. Ainsi, les hôpitaux étaient libres de remplir ou non les questionnaires. S'il constate que les régions les plus durement touchées par le Covid - tels que le Hainaut et Bruxelles, présentent les pourcentages de décès les plus élevés, il estime que la mortalité n'est pas uniquement liée à la géographie. Ainsi, la Flandre-Occidentale, dont le nombre de contaminations se situe dans la moyenne, affiche un taux de décès de 20%, un chiffre beaucoup plus élevé que la moyenne nationale.Mortalité brute Pour Geert Meyfroidt, chef de service aux soins intensifs de l'UZ Leuven, il est trop tôt pour tirer des conclusions. "Ces chiffres représentent la mortalité brute. Ils ne sont pas corrigés en fonction de la gravité ou de l'âge des patients admis par les hôpitaux. Si un hôpital admet en moyenne des patients plus âgés ou plus malades que les autres, il est logique qu'il ait un taux de mortalité plus élevé. Il y a donc toutes sortes de facteurs qui peuvent expliquer ces différences.", rappelle-t-il dans les colonnes du Morgen.Il estime cependant que les chiffres ne doivent pas être négligés pour autant. "Après, il y a peut-être des différences qui restent inexpliquées, et nous pouvons en tirer des enseignements. Non pas pour pénaliser les hôpitaux, mais pour voir si chaque patient s'est retrouvé dans le bon lit et où nous pouvons nous améliorer", déclare-t-il sur Radio 1.L'année dernière, une étude conjointe de Sciensano et de trois universités avait déjà révélé que les patients covid hospitalisés lors de la première vague avaient moins de chances de survie s'ils se retrouvaient dans un département de soins intensifs surchargé.