Le sujet de la migration constituait le plat de résistance du dîner des chefs d'État et de gouvernement à l'occasion du sommet informel de Salzbourg. Les dossiers qui sont bloqués, parfois depuis des années, n'ont pas avancé mais les uns et les autres ont pu échanger leur point de vue.

Le refus de la solidarité menace à terme la zone Schengen, estime M. Michel. Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie) ne veulent pas accueillir leur part de migrants qui se pressent aux portes de l'Europe, suscitant de la sorte le mécontentement des autres Etats-membres.

L'idée de demander une contribution financière aux pays qui ne veulent pas assumer la solidarité dans l'accueil des migrants a été évoquée au cours du repas. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker avait ainsi suggéré que "ceux qui ne veulent pas laisser entrer de migrants - bien qu'ils devraient - devraient contribuer à la solidarité d'une autre manière".

S'il n'a pas explicitement parlé d'une contribution financière, cette piste a suscité des réactions opposées, notamment de la part d'un autre Luxembourgeois, le Premier ministre Xavier Bettel. "Nous ne sommes pas sur un marché ici, on parle de personnes, pas de tapis ni d'autres marchandises", s'est-il exclamé.

Charles Michel, quant à lui, s'est montré particulièrement virulent envers le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini (Lega, extrême droite) et le Premier ministre hongrois Viktor Orban. "Leur alliance est schizophrène et hypocrite: Salvini ne cesse de réclamer de la solidarité (aux autres États membres, NDLR), mais Orban est toujours le premier à rejeter cette solidarité. Ils ont clairement décidé d'instrumentaliser le dossier migratoire et de ne pas le résoudre".