Les déclarations de Madame Haouach dans le Soir du week-end dernier ont provoqué un sursaut dans les réactions politiques. Le MR avait été assez seul jusque-là. Depuis CDH, Défi, NVA, Open VLD réagissent. Même Abou Jahjah trouve que les propos de Madame Haouach sont problématiques, c'est dire la tournure que prend ce dossier. Tout le monde se focalise sur les propos de Madame Haouach et son lien entre neutralité et démographie. C'est évidemment problématique comme affirmation, mais en réalité d'autres passages étaient tout aussi problématiques.

Tout d'abord, Madame Haouach, qui se dit être ouverte au débat, commence avec des arguments comme le sexisme, l'extrémisme, le racisme etc. Madame Haouach ajoute même "La discussion c'est fini, parce qu'on m'a attaquée personnellement". Une commissaire de gouvernement ne peut pas dire cela à l'encontre de partenaires de majorité, elle ne peut pas fermer la porte à des gens qui sont en désaccord avec elle, avec ses idées, avec sa nomination alors qu'elle va représenter le gouvernement dans son ensemble. Madame Haouach ne peut pas traiter les gens de sexistes juste parce qu'ils sont en désaccord avec elle. On peut encore penser que le voile est justement le contraire d'un signe d'égalité, d'émancipation de la femme ou de liberté et qu'un signe ostentatoire est incompatible avec une fonction de commissaire de gouvernement. On a encore le droit de penser que le vrai sexisme est d'imposer le port du voile aux femmes pour éviter le regard des hommes et non de critiquer le port d'un signe ostentatoire dans une fonction publique.

En quoi cela serait-il extrémiste, de s'opposer à la nomination d'une personne voilée comme commissaire du gouvernement à l'égalité homme-femme? Le port du voile dans les fonctions publiques est même interdit, débattu, contesté dans certains pays musulmans. C'est quand même compréhensible qu'énormément de gens soient choqués par ce signal politique donné par Ecolo. Que Madame Haouach soit nommée par exemple comme Présidente du CA de la SNCB aurait déjà fait débat mais à l'égalité homme-femme, c'est franchement le dernier poste où une telle nomination devait avoir lieu.

Il faut évidemment condamner l'ensemble des attaques personnelles dans ce débat et ce qui est juste c'est que ce n'est pas Madame Haouach la responsable du chaos dans ce dossier, elle n'a rien demandé et je comprends qu'elle puisse être blessée par certaines réactions. Le vrai responsable, c'est Ecolo et sa ministre qui ont fait une erreur magistrale et qui sont totalement responsables du vaudeville actuel.

Ce n'est évidemment pas la personne de Madame Haouach qui pose problème, c'est son discours et le fait que tous les partis du gouvernement ne peuvent être à l'aise avec sa conception de la société et de la neutralité. Elle déclare par exemple: "La neutralité exclusive ça devient une doctrine qui prend le pas sur tout. Quand on est trop dans des doctrines, c'est la base du fondamentalisme". Encore une fois, quelle inversion des arguments! La neutralité n'est pas exclusive ou inclusive. La neutralité qui permettrait les signes ostentatoires en back office et pas en front office, c'est une vaste supercherie intellectuelle. Si on cède sur ce point, demain il y aura des recours des personnes en back office qui rateraient une promotion en front office sur base des motifs de discriminations. On renverse complètement une règle fondamentale dans son argumentaire. Faire le lien entre la neutralité exclusive et le fondamentalisme, c'est totalement biaisé comme argument, sachant que c'est justement la partie la plus fondamentaliste de l'islam qui promeut tellement le voile. Il suffit de voir l'évolution dans certains pays comme l'Egypte ou l'Iran à ce sujet...

Enfin, d'autres déclarations posent problème. Celles, par exemple, dans une interview de juin 2020 à European forum of Muslim Women regrettant qu'il n'y aurait pas un lobby musulman assez puissant pour faire pression au niveau politique par exemple sur le port du voile, ou sur l'abattage rituel. Ces propos posent un énorme problème à deux titres. Le premier c'est qu'on voit que la commissaire ne sera pas dans un dimension de neutralité de la fonction mais de militance sociétale. Deuxièmement, c'est sa vision de la société qui transparaissait déjà dans l'interview du Soir avec son lien entre évolution de la neutralité et démographie. La vision de la société qui est proposée est une vision communautariste et non universaliste, une vision où l'immigration et le poids démographique doivent faire évoluer les règles de la neutralité de l'Etat. Les immigrés de la troisième génération devraient, au lieu de s'intégrer ou de s'assimiler dans une société, s'organiser en lobby pour défendre une communauté et militer pour des accommodements raisonnables. Cette vision ne peut pas être celle du gouvernement. Madame Haouach peut proposer cette vision aux prochaines élections au sein d'Ecolo si elle le souhaite, mais pas comme représentante d'un gouvernement à l'égalité homme-femme. Il y a des modèles de réussites d'intégration dans tous les partis et dans toutes les régions ou sphères du pays. C'est un modèle universaliste qu'il faut mettre en avant dans la société et non prôner ou encourager une vision communautariste de la vie en société.

Ecolo a fait une erreur avec la nomination de Madame Haouach. Il ferait mieux de le reconnaitre. Cette nomination fragilise le gouvernement. Cela met en grande difficulté des partenaires essentiels de la majorité et soulève même des réactions dans l'opposition. Même à gauche, on ne peut pas dire que cette nomination soit saluée comme une brillante idée. Je pense que si Ecolo est en accord avec ses propos et voulait mettre en avant Madame Haouach, il pouvait lui proposer le poste de responsable à l'égalité homme-femme au sein du parti Ecolo mais pas à une fonction qui représente le gouvernement. Aujourd'hui, la ministre Schlitz va devoir s'expliquer sur cette nomination qui pose un réel problème et dont elle est responsable.

Les déclarations de Madame Haouach dans le Soir du week-end dernier ont provoqué un sursaut dans les réactions politiques. Le MR avait été assez seul jusque-là. Depuis CDH, Défi, NVA, Open VLD réagissent. Même Abou Jahjah trouve que les propos de Madame Haouach sont problématiques, c'est dire la tournure que prend ce dossier. Tout le monde se focalise sur les propos de Madame Haouach et son lien entre neutralité et démographie. C'est évidemment problématique comme affirmation, mais en réalité d'autres passages étaient tout aussi problématiques.Tout d'abord, Madame Haouach, qui se dit être ouverte au débat, commence avec des arguments comme le sexisme, l'extrémisme, le racisme etc. Madame Haouach ajoute même "La discussion c'est fini, parce qu'on m'a attaquée personnellement". Une commissaire de gouvernement ne peut pas dire cela à l'encontre de partenaires de majorité, elle ne peut pas fermer la porte à des gens qui sont en désaccord avec elle, avec ses idées, avec sa nomination alors qu'elle va représenter le gouvernement dans son ensemble. Madame Haouach ne peut pas traiter les gens de sexistes juste parce qu'ils sont en désaccord avec elle. On peut encore penser que le voile est justement le contraire d'un signe d'égalité, d'émancipation de la femme ou de liberté et qu'un signe ostentatoire est incompatible avec une fonction de commissaire de gouvernement. On a encore le droit de penser que le vrai sexisme est d'imposer le port du voile aux femmes pour éviter le regard des hommes et non de critiquer le port d'un signe ostentatoire dans une fonction publique. En quoi cela serait-il extrémiste, de s'opposer à la nomination d'une personne voilée comme commissaire du gouvernement à l'égalité homme-femme? Le port du voile dans les fonctions publiques est même interdit, débattu, contesté dans certains pays musulmans. C'est quand même compréhensible qu'énormément de gens soient choqués par ce signal politique donné par Ecolo. Que Madame Haouach soit nommée par exemple comme Présidente du CA de la SNCB aurait déjà fait débat mais à l'égalité homme-femme, c'est franchement le dernier poste où une telle nomination devait avoir lieu. Il faut évidemment condamner l'ensemble des attaques personnelles dans ce débat et ce qui est juste c'est que ce n'est pas Madame Haouach la responsable du chaos dans ce dossier, elle n'a rien demandé et je comprends qu'elle puisse être blessée par certaines réactions. Le vrai responsable, c'est Ecolo et sa ministre qui ont fait une erreur magistrale et qui sont totalement responsables du vaudeville actuel. Ce n'est évidemment pas la personne de Madame Haouach qui pose problème, c'est son discours et le fait que tous les partis du gouvernement ne peuvent être à l'aise avec sa conception de la société et de la neutralité. Elle déclare par exemple: "La neutralité exclusive ça devient une doctrine qui prend le pas sur tout. Quand on est trop dans des doctrines, c'est la base du fondamentalisme". Encore une fois, quelle inversion des arguments! La neutralité n'est pas exclusive ou inclusive. La neutralité qui permettrait les signes ostentatoires en back office et pas en front office, c'est une vaste supercherie intellectuelle. Si on cède sur ce point, demain il y aura des recours des personnes en back office qui rateraient une promotion en front office sur base des motifs de discriminations. On renverse complètement une règle fondamentale dans son argumentaire. Faire le lien entre la neutralité exclusive et le fondamentalisme, c'est totalement biaisé comme argument, sachant que c'est justement la partie la plus fondamentaliste de l'islam qui promeut tellement le voile. Il suffit de voir l'évolution dans certains pays comme l'Egypte ou l'Iran à ce sujet... Enfin, d'autres déclarations posent problème. Celles, par exemple, dans une interview de juin 2020 à European forum of Muslim Women regrettant qu'il n'y aurait pas un lobby musulman assez puissant pour faire pression au niveau politique par exemple sur le port du voile, ou sur l'abattage rituel. Ces propos posent un énorme problème à deux titres. Le premier c'est qu'on voit que la commissaire ne sera pas dans un dimension de neutralité de la fonction mais de militance sociétale. Deuxièmement, c'est sa vision de la société qui transparaissait déjà dans l'interview du Soir avec son lien entre évolution de la neutralité et démographie. La vision de la société qui est proposée est une vision communautariste et non universaliste, une vision où l'immigration et le poids démographique doivent faire évoluer les règles de la neutralité de l'Etat. Les immigrés de la troisième génération devraient, au lieu de s'intégrer ou de s'assimiler dans une société, s'organiser en lobby pour défendre une communauté et militer pour des accommodements raisonnables. Cette vision ne peut pas être celle du gouvernement. Madame Haouach peut proposer cette vision aux prochaines élections au sein d'Ecolo si elle le souhaite, mais pas comme représentante d'un gouvernement à l'égalité homme-femme. Il y a des modèles de réussites d'intégration dans tous les partis et dans toutes les régions ou sphères du pays. C'est un modèle universaliste qu'il faut mettre en avant dans la société et non prôner ou encourager une vision communautariste de la vie en société. Ecolo a fait une erreur avec la nomination de Madame Haouach. Il ferait mieux de le reconnaitre. Cette nomination fragilise le gouvernement. Cela met en grande difficulté des partenaires essentiels de la majorité et soulève même des réactions dans l'opposition. Même à gauche, on ne peut pas dire que cette nomination soit saluée comme une brillante idée. Je pense que si Ecolo est en accord avec ses propos et voulait mettre en avant Madame Haouach, il pouvait lui proposer le poste de responsable à l'égalité homme-femme au sein du parti Ecolo mais pas à une fonction qui représente le gouvernement. Aujourd'hui, la ministre Schlitz va devoir s'expliquer sur cette nomination qui pose un réel problème et dont elle est responsable.