Dans une lettre qu'il a laissée avant sa cavale, Jurgen C "menace d'attentat les structures de l'État et plusieurs personnes", a indiqué Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral. Selon le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld), l'homme représente "une menace aiguë". Âgé de 46 ans, le militaire originaire de Dilsem-Stokkem préparait les soldats pour les missions à l'étranger, une fonction d'instructeur qui ne l'amenait toutefois pas à former de jeunes recrues.
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Dans une lettre qu'il a laissée avant sa cavale, Jurgen C "menace d'attentat les structures de l'État et plusieurs personnes", a indiqué Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral. Selon le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld), l'homme représente "une menace aiguë". Âgé de 46 ans, le militaire originaire de Dilsem-Stokkem préparait les soldats pour les missions à l'étranger, une fonction d'instructeur qui ne l'amenait toutefois pas à former de jeunes recrues. Pas de faits irréparables "Mardi en fin de journée, un véhicule de type SUV, utilisé par le fugitif, a été retrouvé. A l'intérieur du véhicule, les policiers ont découvert quatre lance-roquettes anti-char de type Law et des munitions. L'individu est probablement encore en possession d'un armement plus léger", précise le parquet fédéral dans un communiqué. "Nous insistons sur le fait que, jusqu'à présent, cette personne n'a pas commis de faits irréparables. Il lui est expressément demandé de se rendre au poste de police le plus proche", ajoute encore le parquet. Le Parquet fédéral et le Centre de crise National codirigent les opérations.L'homme figurait sur la liste des terroristes de l'Ocam, l'organisme chargé de l'analyse de la menace terroriste, en raison de ses sympathies d'extrême droite. Il était également suivi par le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS). Ces éléments suscitent des questions sur sa présence dans l'armée belge. La Défense ne souhaite pas s'exprimer sur le fond de l'affaire tant que l'enquête n'aura pas abouti, mais souligne qu'avoir des idées d'extrême droite n'est pas un crime, même si "d'un point de vue éthique ces valeurs sont incompatibles avec les valeurs de la Défense"."Figurer sur cette liste n'est pas forcément un drame. Appartenir à une certaine organisation ou avoir une certaine conviction n'est pas punissable a priori. Vous pouvez adhérer à une idéologie d'extrême droite, mais ce n'est que lorsque vous commettez des infractions pénales ou que vous compromettez le nom et la réputation de l'armée en faisant certaines déclarations que vous vous exposez à des poursuites en vertu du droit militaire ou du droit pénal", déclare également Yves Huwart du syndicat militaire ACMP au quotidien De Morgen.Contradictoire à toutes les valeurs véhiculées par la Défense La ministre de la Défense Ludivine Dendonder (PS) a également réagi. "Le service de renseignement militaire m'a confirmé qu'il [NDLR: Jurgen C.] faisait l'objet d'un suivi vu qu'il fréquentait des milieux d'extrême droite, raison pour laquelle il est repris dans la banque de données de l'OCAM. Il est clair que la Défense collabore activement avec le Parquet fédéral durant son enquête".La ministre a demandé qu'une enquête interne soit également ouverte au sein de la Défense. Elle a également demandé au chef de la Défense et au directeur du SGRS de l'informer sur "les procédures de screening lorsqu'il s'agit de personnel liée à l'extrême droite et des attitudes prises par l'administration militaire". "L'extrémisme est contradictoire à toutes les valeurs véhiculées par la Défense. Les quelques extrémistes qui comptent encore parmi les rangs des militaires n'ont visiblement pas encore compris qu'ils n'ont pas leur place à la Défense." Avis de rechercheSelon l'avis de recherche, Jurgen C. a quitté son domicile situé à Dilsen-Stokkem, dans le Limbourg, lundi, s'est rendu à son travail et ne s'est plus manifesté depuis. L'homme en fuite mesure environ 1m80 et est de corpulence musclée. Chauve, il porte des tatouages, notamment au-dessus du coude. Au moment de sa disparition, il portait un t-shirt foncé, de marque Timberland. L'individu pourrait être en possession d'armes à feu. La police déconseille d'aller à sa rencontre en cas d'identification et demande à être prévenue sans tarder.Quiconque aurait vu Jurgen C. ou connaîtrait l'endroit où il se trouve est prié de contacter les enquêteurs via le numéro gratuit 0800/30.300 ou l'adresse mail avisderecherche@police.belgium.eu. Il est aussi demandé à Jurgen C. de se rendre au plus vite au commissariat de police le plus proche"Comment a-t-il eu accès à des armes?" "C'est une situation dangereuse mais nos forces de police et le parquet fédéral l'ont bien en main", a commenté mercredi le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD). "La question est de savoir comment quelqu'un d'actif au sein de la Défense, qui se trouve sur une liste de la Sûreté en tant que personne aux idées extrémistes, et qui a déjà proféré des menaces, a eu accès à des armes et a pu les emporter", s'est-il interrogé. Le conseil des ministres restreint s'est déjà réuni à ce sujet, a indiqué De Croo. "Nous avons demandé un rapport et nous voulons des mesures d'ici demain pour éviter que ce genre d'affaires ne se reproduise." Le Premier ministre a également insisté sur l'importance de la liberté d'expression, soulignant que "chacun dans le pays doit pouvoir s'exprimer librement. Qu'il s'agisse de politiques, de scientifiques... Tout citoyen".Une trentaine de militaires soupçonnés de sympathie avec l'extrême droiteUne trentaine de militaires soupçonnés de sympathie avec l'extrême droite sont suivis de près par le service de renseignement de l'armée, a récemment indiqué le chef de ce service, le général-major Philippe Boucké. Le 20 avril dernier, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS), avait toutefois relativisé ce chiffre."Il faut interpréter prudemment le chiffre de trente militaires en lien avec l'extrémisme de droite, car il inclut les personnes pour lesquelles l'enquête pourrait conclure à l'absence de formes d'extrémisme", avait-elle répondu aux députés Guillaume Defossé (Ecol) et Kris Verduyckt (Vooruit). Contraires aux valeurs de l'armée, le racisme et la xénophobie sont une infraction pénale et ne sont pas admis pour un militaire. Les sanctions dépendent de multiples facteurs. L'autorité peut sanctionner le militaire par une mesure statutaire pouvant aller jusqu'au licenciement, avait ajouté la ministre. Elle avait précisé qu'outre la vérification de sécurité prescrite par la loi, les nouvelles recrues sont également soumises à un examen de conformité aux normes et valeurs de l'armée. L'enquête du département d'état-major renseignement et sécurité (le SGRS), un extrait du casier judiciaire, un CV standardisé, les tests de personnalité et l'entretien de sélection peuvent révéler des éléments indésirables. Dans ce cas, le candidat est exclu de la procédure de sélection, avait souligné Ludivine Dedonder. Un de ses prédécesseurs à la Défense, André Flahaut (PS), a toutefois déploré que le screening ne se produise 'qu'à l'entrée" et plus par la suite. Il n'y a pas de screening pour le personnel civil de la Défense, a-t-il déploré auprès de l'agence Belga. Un élu VB en uniforme à la Boum 2Ce mercredi, le député Ecolo Guillaume Defossé exprime d'ailleurs son inquiétude au sujet de "la présence de l'extrême-droite au sein de nos troupes". Il compte interroger la ministre de la Défense sur la présence d'un ex-militaire en uniforme élu du VB à la Boum 2. Ce dernier était venu "protéger l'Etat de droit". "J'ai juré de protéger l'état de droit. Je suis ici pour protester contre toutes ces mesures anticonstitutionnelles", avait déclaré l'ancien caporal-chef au quotidien Het Nieuwsblad.Avec Belga