En 2006, la Belgique élabore un "plan d'urgence pour une pandémie de grippe". Le plan indique que "les masques jouent un rôle important dans la prévention de la transmission du virus" et qu'un stock de 32 millions de masques chirurgicaux et de 6 millions de masques FFP-2 doit être constitué. Trois ans plus tard, une nouvelle recommandation indique que 38 millions de masques buccaux sont encore insuffisants. Mais le stock n'est pas étendu, en 2017 il est même été complètement détruit. Lorsque la pandémie de coronavirus se déclare début de l'année dernière, il y a un manque criant de masques.
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En 2006, la Belgique élabore un "plan d'urgence pour une pandémie de grippe". Le plan indique que "les masques jouent un rôle important dans la prévention de la transmission du virus" et qu'un stock de 32 millions de masques chirurgicaux et de 6 millions de masques FFP-2 doit être constitué. Trois ans plus tard, une nouvelle recommandation indique que 38 millions de masques buccaux sont encore insuffisants. Mais le stock n'est pas étendu, en 2017 il est même été complètement détruit. Lorsque la pandémie de coronavirus se déclare début de l'année dernière, il y a un manque criant de masques.En 2013, on crée la Commission "Réforme des pensions 2020-2040" à la demande du ministre des Pensions. Douze experts dirigés par l'actuel vice-premier ministre Frank Vandenbroucke proposent un nouveau système de retraite à la mi-2014. Nous sommes sept ans plus tard et il n'en est toujours rien sorti. L'accord de coalition du gouvernement De Croo stipule : "D'ici 2040, les coûts du vieillissement, en particulier au niveau des pensions, continueront à augmenter", pour conclure : "Le gouvernement examine les réformes qui peuvent être mises en oeuvre pour assurer la durabilité financière et sociale". C'est donc à l'étude.Depuis 2016, les entreprises ne doivent plus payer de cotisations sociales patronales pour leur premier salarié. Avec cette mesure, le gouvernement Michel voulait augmenter l'emploi. Début mars de cette année, la Cour des comptes a présenté une évaluation. Celle-ci montre que la mesure, qui coûte des centaines de millions, ne crée pratiquement aucun emploi supplémentaire. En outre, les règlements sont compliqués et vulnérable à la fraude. Après ce bilan accablant, le ministre des Indépendants David Clarinval (MR) affirme que le système est "un succès" et que "le maintien de la mesure semble encore plus à l'ordre du jour".Ce dernier exemple est cité par l'expert en inégalité Ive Marx (Université d'Anvers), qui vient de publier un rapport sur le sujet. Celui-ci s'appuie sur une étude que Marx a réalisée il y a deux ans pour le groupe de réflexion Itinera sur les "lignes de force pour plus de travail et moins de pauvreté". Aujourd'hui, Marx constate qu'aucune mesure n'a été prise ces dernières années et que nous régressons par rapport aux autres pays européens sur tous les fronts : en termes d'emploi, de pauvreté, de croissance économique, de finances publiques, de productivité, etc. Malgré tous les rapports, études, et documents qui mettent le doigt sur la plaie depuis des années.Les études pertinentes abondent. De nombreux universitaires rédigent des documents à l'attention des politiques, comme le spécialiste du budget de Louvain Wim Moesen, le spécialiste du marché du travail de Gand Stijn Baert ou son collègue économiste Gert Peersman. Mais leur travail prend la poussière.Chaque année, dans son rapport annuel, la Banque Nationale de Belgique examine la situation économique et financière du pays de manière très détaillée, souligne nos forces et nos faiblesses et donne des conseils. Il est complété par des articles essentiels dans sa Revue économique. Le FMI, l'OCDE et la Commission européenne font également des recommandations régulières. Celles-ci sont les mêmes depuis des années, parce que l'on ne s'en occupe pas.Ces dernières années, le Conseil supérieur de l'emploi a émis de nombreux avis, de la dissociation des salaires de l'ancienneté à l'intégration des migrants sur notre marché du travail. Rien n'est fait. L'année dernière, sous la présidence de Herman Matthijs (UGent/VUB), le Conseil supérieur des finances a livré une étude pionnière sur la charge fiscale pesant sur le travail, qui pourrait constituer la base d'un système fiscal plus simple, plus transparent et plus équitable, comme on le réclame depuis des décennies. Au lieu de cela, le gouvernement crée encore plus de déductions et d'exonérations fiscales, de sorte que nos impôts deviennent encore plus complexes.Tous ces rapports, études et documents pertinents sont disponibles gratuitement sur Internet et pourraient donner l'impulsion à des réformes indispensables afin que nous cessions de perdre du terrain par rapport aux autres pays européens. Cependant, rien ne prouve que nos politiciens les lisent même.