Les négociations ont repris à sept partis, ce jeudi, en séance plénière pour la première fois depuis la crise de confiance du début de semaine. Tous ont affirmé leur volonté d'avoir un gouvernement fédéral pour le 1er octobre, date à laquelle la nouvelle équipe doit faire sa déclaration à la Chambre. Mais les tensions ne sont peut-être pas finie: le président du CD&V, Joachim Coens, a confirmé qu'il n'y avait pas de consensus entre tous les partenaires de la Vivaldi sur la désignation du duo de formateurs. "Les formateurs sont les formateurs", a-t-il lancé.
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Les négociations ont repris à sept partis, ce jeudi, en séance plénière pour la première fois depuis la crise de confiance du début de semaine. Tous ont affirmé leur volonté d'avoir un gouvernement fédéral pour le 1er octobre, date à laquelle la nouvelle équipe doit faire sa déclaration à la Chambre. Mais les tensions ne sont peut-être pas finie: le président du CD&V, Joachim Coens, a confirmé qu'il n'y avait pas de consensus entre tous les partenaires de la Vivaldi sur la désignation du duo de formateurs. "Les formateurs sont les formateurs", a-t-il lancé.Mercredi soir, le libéral Georges-Louis Bouchez avait déjà appris avec colère qu'on lui avait forcé la main au sujet de la désignation de Paul Magnette - mais il avait préféré ne pas commenter une décision du palais. En attendant d'en venir au noeud du casting, les partenaires poursuivent leur travail sur le fond.L'attribution du poste de Premier ministre reste une mine sous les pieds de la Vivaldi, tout juste apaisée par la fin du psychodrame qui a menacé de la faire exploser en plein vol, dimanche. La nomination d'un duo de coformateurs, Alexander De Croo (Open VLD) et Paul Magnette (PS), n'est pas une première, mais elle reflète une division qui demeure au sein de la majorité en devenir.Un précédent est révélateur. Georges-Louis Bouchez, président du MR, le rappelait lui-même mercredi soir : en 2014, déjà, le palais avait nommé deux coformateurs, Charles Michel (MR) et Kris Peeters (CD&V). Le libéral avait fini par évincer le social-chrétien, qui rêvait du poste, en attribuant lors de la répartition des portefeuilles le mandat de commissaire européen à Marianne Thyssen (CD&V). Kris Peeters en avait gardé une amertume rentrée, illustrée à plusieurs moments par des amorces de crise psychologiquement marquée. Cette fois, le duo Magnette - De Croo naît dans un contexte de rivalités assassines de part et d'autre de la frontière linguistique, qui complique la donne et n'exclut pas une surprise de dernière minute.Du côté francophone, cela chauffe fort, sur fond de guerre ancestrale entre libéraux et socialistes. Paul Magnette s'est déclaré "disponible" et a des arguments en tant que président du premier parti de la coalition. Georges-Louis Bouchez avait menacé son homologue socialiste de "veto" et, si la désignation du président du PS comme formateur ne signifie rien, il l'a appris avec d'autant plus de fureur qu'on lui a forcé la main. Le numéro un libéral a tweeté mercredi soir que son parti ne commentait jamais les décisions royales, mais la fureur est rentrée et lisible. Le MR poursuit encore et toujours la quête de vingt-cinq ans des Michel-Reynders de devenir le premier parti francophone, durablement, en dépassant le PS, et la visibilité du Seize est, potentiellement, un atout majeur en ce sens. Pour ne pas parler des inimitiés plus profondes qui opposent les deux présidents, Bouchez l'intuitif conte Magnette le professoralDu côté flamand, ce n'est guère mieux, avec en toile de fond la pression maximale mise par les deux premiers partis, nationalistes, écartés du pouvoir. Libéraux et sociaux-chrétiens ne sont pas davantage enclins à céder le Seize à l'autre rival, d'autant que les deux formations chutent d'une élection à l'autre et prennent un gros risque dans cette Vivaldi.Maggie De Block, ministre Open VLD de la Santé, a lancé une ligne ce jeudi matin en affirmant qu'il serait bienvenu d'avoir un Premier ministre flamand dans une coalition où les partis flamands sont minoritaires dans leur groupe linguistique. Le message a été moqué par des nationalistes sur les réseaux sociaux, qui mènent campagne sur le thème "nietemijnregering' ('pas mon gouvernement').Le principal obstacle risque pourtant d'être le CD&V qui, ayant temporairement renoncé au Seize, y verrait davantage le francophone Magnette. Le politologue Dave Sinardet résume: "Le CD&V ne veut surtout pas un Premier VLD et vice-versa. Le MR ne veut surtout pas un Premier PS et vice-versa." Sa conclusion: "L'intérêt des partis prime sur l'intérêt communautaire."