Les frictions sont vives, depuis quelques jours, entre libéraux et socialistes au sujet du soutien au secteur culturel. Pour faire court, les partis de gauche francophones (PS et Ecolo, en tête) accusent le MR d'avoir lâché les artistes en participant à une manoeuvre dilatoire au parlement, la semaine passée : le texte qui devait leur apporter un peu d'oxygène a été reporté par une demande de renvoi au Conseil d'Etat votée par les partis flamands, en compagnie du Vlaams Belang. Sans que le MR ne s'y oppose. Le MR, en retour, dénonce des mensonges éhontés.
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Les frictions sont vives, depuis quelques jours, entre libéraux et socialistes au sujet du soutien au secteur culturel. Pour faire court, les partis de gauche francophones (PS et Ecolo, en tête) accusent le MR d'avoir lâché les artistes en participant à une manoeuvre dilatoire au parlement, la semaine passée : le texte qui devait leur apporter un peu d'oxygène a été reporté par une demande de renvoi au Conseil d'Etat votée par les partis flamands, en compagnie du Vlaams Belang. Sans que le MR ne s'y oppose. Le MR, en retour, dénonce des mensonges éhontés.Ce conflit PS - MR repose sur une histoire de procédures parlementaires. Le MR, explique son chef de groupe Benoît Piedboeuf, était favorable à une demande d'avis à la Cour des Comptes au sujet de ce texte soutenant les artistes, mais à la condition que cela soit fait en urgence. Le président de la Chambre ayant confirmé qu'aucun délai ne pouvait être imposé à la Cour des comptes, le MR a décidé de voter contre la demande d'avis. Par contre, en ce qui concerne la demande d'avis au Conseil d'Etat, le vote des partis flamands suffisait pour l'obtenir, sans l'aide des libéraux francophones. Voilà qui reportait le vote après l'été. Finalement, un accord est intervenu en conférence des présidents pour permettre l'adoption du texte avant le 21 juillet. "La désinformation orchestrée par une partie de la gauche est déplorable", déplore Benoît Piedboeuf. Mais le PS n'en démord pas. A un tweet du président libéral, Georges-Louis Bouchez, affirmant rétablir la vérité, Jean-Pascal Labille, ancien ministre et patron de Solidaris (Mutalité socialiste), s'indigne: "Quand le mensonge s'érige en 'politique'. Pathétique. Il est de ces cas où la valeur et le nombre des années..." S'en suit un échange acide entre les deux hommes, Bouchez s'indignant d'être traité de menteur. "Ce n'est pas une attaque contre une personne, c'est un cri de colère contre des politiques qui ne mettent pas l'humain au centre", conclut Jean-Pascal Labille.Ces nombreux échanges d'amabilité se font sous les yeux écarquillés d'artistes qui cherchent à comprendre pourquoi leur sort devient l'objet de telles polémiques aux accents préélectoraux entre une gauche humaine et une droite réaliste. Et de fait, des élections anticipées ne sont plus à exclure cet automne si l'impasse politique se poursuit.Une autre grille de lecture émane du bureau de parti tenu lundi par le MR afin de faire le point sur la situation politique fédérale. Les libéraux sont convaincus que le PS ne pourra jamais gouverner avec la N-VA. Non pas parce que le président socialiste Paul Magnette ne le voudrait pas, mais bien parce que ceux qui ont soutenu en premier lieu sa candidature à la présidence de l'accepteraient jamais. Il s'agit... de Jean-Pascal Labille, patron de Solidaris, et de Thierry Bodson, le patron de la FGTB wallonne qui vient de reprendre la place de Robert Vertenueil au fédéral après son dialogue avec... Georges-Louis Bouchez. Les deux hommes, Labille et Bodson, sont prêts à tout pour faire barrage à un gouvernement trop à droite avec MR et N-VA au fédéral.Ces incidents sur fond de débat culturel et ce clash Bouchez-Labille par réseau social interposé ne viendraient donc pas de nulle part. Pour le MR, en retour, ce pourrait être un argument parmi d'autres pour justifier une coalition fédérale sans le PS.Vous suivez le raisonnement ?