Un accord avec le Ministre Vandenbroucke a été trouvé mercredi soir sur leur statut social, mais les médecins assistants (MACs) francophones ont pour leur part décidé de quitter la table des négociations, de manifester et de partir en grève. Sont-ils en marge ?
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Un accord avec le Ministre Vandenbroucke a été trouvé mercredi soir sur leur statut social, mais les médecins assistants (MACs) francophones ont pour leur part décidé de quitter la table des négociations, de manifester et de partir en grève. Sont-ils en marge ? Du côté de l'ABSyM, l'Association Belge des Syndicaux médicaux, cet accord constitue une avancée majeure dans la reconnaissance de la pénibilité du travail. En outre, dans un communiqué, le président de l'ABSyM, Philippe Devos, "déplore que le représentant francophone des médecins spécialistes en formation francophone (CIMACS) ait décidé de quitter la table des négociations avant la fin celles-ci". Il ajoute : "le départ du représentant du CIMACS est seulement lié à la susceptibilité et l'absence de stratégie diplomatique de son représentant qui a choisi de placer son égo avant la défense des intérêts de ses consoeurs et confrères en se déconnectant volontairement de la réunion. Nous ne pouvons que déplorer cette situation qui entraînera une grève limitée de la partie francophone du pays."L'ABSyM affirme que c'est "un grand pas obtenu dans cet accord" car il est "le départ d'un virage majeur dans la reconnaissance de la pénibilité de ce métier". Le Sud du pays grince des dentsDu côté néerlandophone du pays, les médecins en formation ont accepté l'accord. Alors pourquoi les médecins francophones en formation froncent-ils davantage les sourcils ? La Vice-Première ministre, Petra De Sutter (Groen), explique sur le plateau de Jeudi en Prime: "en Flandre, ils sont contents car leurs conditions salariales vont s'améliorer. C'était déjà le cas en Wallonie. En Wallonie, et ce sera aussi le cas en Flandre dans un second temps, on s'attaque à la question des conditions de travail (les heures de travail, les compensations, les récupérations, ...)". La Ministre poursuit en expliquant que l'accord n'est qu'une première étape : "la première revendication était les salaires, la deuxième étape est le statut social et pour cela, il va falloir travailler avec les maitres de stage et les hôpitaux. C'est une étape plus compliquée à mettre en pratique". Et l'ancienne médecin d'ajouter : "le statut social, les conditions de travail de ces jeunes spécialistes en formation ne sont pas du tout ce que cela devrait être en 2021. Et on [le gouvernement] en est conscient. J'ai travaillé assez longtemps dans un hôpital universitaire pour le savoir ". Manif et grêve du côté francophoneDans un tweet, le Comité interuniversitaires des Médecins assistants Candidats Spécialistes (CIMACS) qui représente les médecins en formation en Fédération Wallonie-Bruxelles dénonce : "le gouvernement ne comprend pas que les [médecins assistants candidats spécialistes] travaillent en première ligne dans les hôpitaux (...)"Par ailleurs, le CIMACS explique pour la décision du VASO (l'association néerlandophone des médecins spécialistes en formation) de soutenir la proposition de convention collective est un coup dur. La demande des médecins assistants francophones est une réelle réforme basé sur un équivalent temps plein. Jeudi 20 mai, d'après le CIMACS, ils étaient plus de mille médecins à avoir manifesté à Bruxelles et ont annoncé que cette manifestation est le début d'une grève afin d'obtenir "une remise en question des hôpitaux dans leur management afin d'obtenir une amélioration de la qualité du travail et des soins qu'ils proposent" et que "les médecins d'aujourd'hui puissent bénéficier des heures de sommeil recommandées et d'un temps de travail contrôlé et adapté à une bonne santé et un style de vie sain." Des réponses structurelles en vue ?Pour la Vice-Première ministre, Petra de Sutter (Groen) : "s'il y a bien un fil rouge que tous les partis du gouvernement ont compris c'est que le processus de privatisation des soins de santé, il faut l'arrêter et il faut de plus en plus investir dans un système public" et insiste sur le fait que le gouvernement a pris l'engagement de répondre de manière structurelle à l'essoufflement des soins de santé. La députée fédérale, Laurence Hennuy (Ecolo) a annoncé qu'un projet de loi est en cours et que la volonté est d'aller vers un statut social complet pour les médecins spécialistes en formation.