La mission d'information de Georges-Louis Bouchez (MR) et de Joachim Coens (CD&V) est prolongée de deux semaines. Ils devront faire un rapport intermédiaire le 20 janvier, avant de remettre leurs conclusions définitives le 28 janvier. Ainsi en a décidé le roi Philippe après une longue audience de près de deux heures, témoignant du caractère complexe de la situation. Il était bel et bien prématuré d'imaginer une mission de "préformation" menant à une coalition Vivaldi (associant socialistes, libéraux, écologistes et CD&V). Si ce n'est pas un retour à la case départ, cela y ressemble furieusement.

Une "clarification"

Les informateurs restent des "informateurs", mais leur mission se complète désormais d'une travail de "clarification". Ils devront - une nouvelle fois... - scruter les intentions réelles des partis, singulièrement celles de la N-VA qui a obscurci un jeu déjà trouble, ces derniers jours. En adoptant un ton plus apaisé et en mettant en avant les prétentions sociales de son parti (notamment la volonté d'augmenter les petites pensions), les ténors nationalistes, Bart De Wever et Theo Francken en tête, ont fait preuve de l'intention de rester dans le jeu.

Cela a indéniablement influencé les autres partis flamands, surtout le CD&V et le SP.A. Le premier, par la voix de son leader fédéral Joen Geens, a réitéré sa volonté d'avoir une majorité dans le groupe linguistique flamand. Le second, par l'intermédiaire de l'ancien informateur Johan Vande Lanotte, a affirmé que PS et N-VA devraient à tout le moins "se rencontrer". Retour à la case départ. Dans la presse flamande, il était question d'un travail en coulisses du jeune président du SP.A, Conner Rousseau, pour tenter de renouer les liens entre PS, SP.A et N-VA.

Les informateurs royaux Georges-Louis Bouchez (MR) et Joachim Coens (CD&V). © Belga

Le duo Bouchez-Coens va donc tenter de vérifier dans quelle mesure la N-VA est sincère. Et en quoi cela peut rebattre les cartes en vue d'une coalition fédéral au profil peut-être inédit.

PS et Ecolo de concert

Du côté francophone, tant le PS qu'Ecolo ont réitéré de leur "scepticisme" au sujet de la bonne volonté des nationalistes flamands. En présentant ses voeux, le coprésident des verts Jean-Marc Nollet a insisté sur le fait que la N-VA cherchait surtout à "faire pourrir" la situation. Dans les rangs socialistes, tant le ministre-président wallon Elio Di Rupo que le bruxellois Rachid Madrane ont réaffirmé des doutes similaires. Socialistes et écologistes continuent à plaider pour une coalition Vivaldi sans la N-VA, la seule à même de "garantir"l'avenir du pays.

Au MR, par contre, on souffle le chaud et le froid. Après des déclarations appuyées de ténors en faveur de cette formule Vivaldi, après l'expression de l'informateur Bouchez selon laquelle il n'y avait "pas que la N-VA", les libéraux sont revenus sur leur ligne antérieure: tester la viabilité d'une alliance PS - N-VA. Forcé et contraint, parce que la clé de la réussite de cette mission d'information se trouve, pour le moment, en Flandre.

Préformation ou De Wever

C'est donc reparti pour un tour d'information, quinze jours pour dépasser les huit mois après les élections. Toujours sans le moindre indice d'une préformation.

Et ensuite? Bien malin qui peut prédire ce qui arrivera. Soit cette "clarification" permettra de définitivement fermer la porte d'un axe PS - N-VA pour ouvrir enfin la symphonie Vivaldi. Soit elle ouvrira un nouveau chemin très aléatoire qui pourrait inciter le palmais à confier une mission à Bart De Wever. D'ici là, crispation et dramatisation risquent d'être au rendez-vous.

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La mission d'information de Georges-Louis Bouchez (MR) et de Joachim Coens (CD&V) est prolongée de deux semaines. Ils devront faire un rapport intermédiaire le 20 janvier, avant de remettre leurs conclusions définitives le 28 janvier. Ainsi en a décidé le roi Philippe après une longue audience de près de deux heures, témoignant du caractère complexe de la situation. Il était bel et bien prématuré d'imaginer une mission de "préformation" menant à une coalition Vivaldi (associant socialistes, libéraux, écologistes et CD&V). Si ce n'est pas un retour à la case départ, cela y ressemble furieusement.Les informateurs restent des "informateurs", mais leur mission se complète désormais d'une travail de "clarification". Ils devront - une nouvelle fois... - scruter les intentions réelles des partis, singulièrement celles de la N-VA qui a obscurci un jeu déjà trouble, ces derniers jours. En adoptant un ton plus apaisé et en mettant en avant les prétentions sociales de son parti (notamment la volonté d'augmenter les petites pensions), les ténors nationalistes, Bart De Wever et Theo Francken en tête, ont fait preuve de l'intention de rester dans le jeu.Cela a indéniablement influencé les autres partis flamands, surtout le CD&V et le SP.A. Le premier, par la voix de son leader fédéral Joen Geens, a réitéré sa volonté d'avoir une majorité dans le groupe linguistique flamand. Le second, par l'intermédiaire de l'ancien informateur Johan Vande Lanotte, a affirmé que PS et N-VA devraient à tout le moins "se rencontrer". Retour à la case départ. Dans la presse flamande, il était question d'un travail en coulisses du jeune président du SP.A, Conner Rousseau, pour tenter de renouer les liens entre PS, SP.A et N-VA.Le duo Bouchez-Coens va donc tenter de vérifier dans quelle mesure la N-VA est sincère. Et en quoi cela peut rebattre les cartes en vue d'une coalition fédéral au profil peut-être inédit.Du côté francophone, tant le PS qu'Ecolo ont réitéré de leur "scepticisme" au sujet de la bonne volonté des nationalistes flamands. En présentant ses voeux, le coprésident des verts Jean-Marc Nollet a insisté sur le fait que la N-VA cherchait surtout à "faire pourrir" la situation. Dans les rangs socialistes, tant le ministre-président wallon Elio Di Rupo que le bruxellois Rachid Madrane ont réaffirmé des doutes similaires. Socialistes et écologistes continuent à plaider pour une coalition Vivaldi sans la N-VA, la seule à même de "garantir"l'avenir du pays.Au MR, par contre, on souffle le chaud et le froid. Après des déclarations appuyées de ténors en faveur de cette formule Vivaldi, après l'expression de l'informateur Bouchez selon laquelle il n'y avait "pas que la N-VA", les libéraux sont revenus sur leur ligne antérieure: tester la viabilité d'une alliance PS - N-VA. Forcé et contraint, parce que la clé de la réussite de cette mission d'information se trouve, pour le moment, en Flandre.C'est donc reparti pour un tour d'information, quinze jours pour dépasser les huit mois après les élections. Toujours sans le moindre indice d'une préformation.Et ensuite? Bien malin qui peut prédire ce qui arrivera. Soit cette "clarification" permettra de définitivement fermer la porte d'un axe PS - N-VA pour ouvrir enfin la symphonie Vivaldi. Soit elle ouvrira un nouveau chemin très aléatoire qui pourrait inciter le palmais à confier une mission à Bart De Wever. D'ici là, crispation et dramatisation risquent d'être au rendez-vous.