La police locale estime qu'il y avait entre 1.500 et 2.000 personnes au bois de la Cambre dans l'après-midi, un rassemblement qui contrevenait aux mesures sanitaires. Les participants avaient été invités sur les réseaux sociaux à se rendre à un faux festival baptisé La BOUM organisé dans le Bois de la Cambre.
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La police locale estime qu'il y avait entre 1.500 et 2.000 personnes au bois de la Cambre dans l'après-midi, un rassemblement qui contrevenait aux mesures sanitaires. Les participants avaient été invités sur les réseaux sociaux à se rendre à un faux festival baptisé La BOUM organisé dans le Bois de la Cambre.Le monde médical choquéSans surprise, les virologues et les acteurs du monde hospitalier condamnent fermement l'évènement. "Le virus ne rit pas avec les poissons d'avril", tweete ainsi le virologue Marc Van Ranst (KuLeuven).Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la Lutte contre le coronavirus, a également condamné les participants au rassemblements, même s'il les a pas nommés. "Ce que certains ont fait hier ne va pas nous aider à obtenir nos objectifs", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse consacrée à la situation épidémiologique en Belgique.Pour Hervé Lignian, le médecin-chef du Chirec de Braine-l'Alleud, "l'attitude de la population est inacceptable". "Si ça continue, des gens vont mourir dans les couloirs, car on aura plus de places pour les accueillir", déclare-t-il à La Libre Belgique. La situation dans son hôpital est en effet tendue, et la semaine dernière, l'hôpital de Braine-l'Alleud a dû transférer trois patients en Région liégeoise.Le monde politique divisé Plusieurs membres de la classe politique sont scandalisés par l'attitude des jeunes concernés. Pour le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), les incidents du Bois de la Cambre sont "inaccepables", même s'il dit comprendre la fatigue face au virus.La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) a exprimé son indignation. "Le poisson d'avril qui a dégénéré au Bois de la Cambre aujourd'hui représente un manque de respect total pour toutes les personnes qui font de leur mieux pour respecter les mesures corona. J'ai de la compassion pour les personnes touchées par le Covid-19, les familles et proches qui ont perdu un être cher ainsi que pour les prestataires de soins de santé qui sont une fois de plus à la limite de la saturation de leurs hôpitaux. Jusqu'à ce que le virus soit maîtrisé, chacun se doit de respecter les mesures sanitaires. Le fait que des policiers aient été blessés alors qu'ils faisaient leur travail est inacceptable", a déclaré Verlinden.Elle appelle à plus de civilité et de sens des responsabilités pour le bien de tous. "Cette attitude permettra d'éviter que les participants à ce rassemblement insouciant ne deviennent eux-mêmes malades. Eux aussi ont droit, si nécessaire, à un lit d'hôpital. Le sens de la responsabilité et de la citoyenneté permet d'éviter une telle situation", dit-elle.La ministre reconnaît toutefois que la situation est dure à supporter pour les jeunes. "Je suis bien consciente que pour beaucoup de personnes, notamment les jeunes, la crise du Covid dure maintenant depuis très longtemps et qu'il n'est pas toujours facile de se conformer aux mesures. Surtout en cette période, lorsque le beau temps nous invite à sortir et à se rencontrer", déclare-t-elle. Plus conciliant, le président du MR George-Louis Bouchez reconnait lui aussi la lassitude de la population, tout en affirmant que "les affrontements avec les policiers ne mènent à rien". "La liberté, c'est aussi le sens des responsabilités", tweete-t-il. Pour Lakhloufi Youssef, conseiller CPAS à Forest (MR), il s'agit d'un échec politique cuisant. Cependant, lorsque le 13 mars dernier Liège a été le théâtre de manifestations, ayant également débouché sur des violences, Bouchez avait adopté un tout autre ton à l'égard des participants. "Choqué de voir certains médias expliquer les violences à Liège. J'ai eu une enfance très modeste, sans aucune certitude sur l'avenir, je n'ai jamais cassé un abri bus. Ces casseurs sont des racailles qui doivent être sanctionnées. Le laxisme a échoué et doit cesser", avait-il alors tweeté.David Weytsman, chef de groupe MR à la Ville de Bruxelles, a réagi aux événements survenus ce jeudi soir au Bois de la Cambre. "La Ville de Bruxelles aurait dû filtrer les principales entrées du Parc en rappelant, bien avant, que ce faux festival n'était évidemment pas autorisé. En agissant trop tard, elle a mis en danger les promeneurs alors que le Bois de la Cambre doit être un lieu de détente sécurisé pour tous les Bruxellois." Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, a défendu vendredi l'action de la police la veille lors de l'évacuation du bois de la Cambre après qu'un rassemblement interdit - un faux événement musical intitulé "La Boum" - eut dégénéré en incidents avec les forces de l'ordre."On (la police) était présent vraiment en nombre, on a montré qu'on était là", a-t-il affirmé au micro de l'émission Matin Première de la RTBF-radio dont il était l'invité. M. Close (PS) a assuré que la police avait attendu avant d'intervenir pour faire la distinction entre les familles et des personnes qui se trouvaient dans le bois de bonne foi et des fauteurs de troubles. "C'est pour cela que l'on a fait des préavis" avant d'intervenir, a-t-il souligné.La co-présidente d'Ecolo, Rajae Maouane, reconnaît également la dureté de la situation. "Les images insupportables prouvent combien cette situation difficile devient de plus en plus dure à vivre. Mais s'en prendre aux forces de l'ordre est inacceptable. Il faut vite revenir au calme. C'est avec la solidarité que nous retrouvons nos libertés.", déclare-t-elle au Soir.Delphine Houba, échevine de la Culture à Bruxelles (PS), a réagi de manière plus ludique, en faisant référence à la visite de l'acteur américain Brad Pitt en Belgique. "Faites plutôt comme Brad Pitt. Allez au musée", tweete-t-elle.La police révoltée Vincent Gilles, le président du syndicat SLFP police, s'est dit "outré et révolté" par les violences envers les policiers. "On a le droit de trouver que les mesures Covid sont stupides, illégales et fatigantes au bout d'un an, mais on n'a pas le droit de frapper sur des policiers qui ne font que rappeler, généralement le plus diplomatiquement, ces règles qui sont difficiles à vivre pour toute la population belge. A-t-on idée de frapper son facteur parce qu'il amène une facture à payer ? Non !", a-t-il réagi au micro de Bel RTL.Ce vendredi soir, un nouvel événement baptisé, l'Abîme, est d'ores et déjà prévu au Bois de la Cambre. Près de 5000 personnes ont déjà marqué leur intérêt sur Facebook. Selon la police, il s'agit toutefois d'une fake news.