Les incidents qui ont eu lieu samedi à Liège suscitent un débat au sujet de cette violence impromptue, sur fond de crise sanitaire qui se prolonge et de violence policère. Une dizaine d'arrestations, des dégâts et pas moins de 36 policiers blessés: la colère des jeunes, après la diffusion durant la semaine d'une dame par la police, a fait des ravages. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'interprétation qui en est faite varie du tout au tout.
...

Les incidents qui ont eu lieu samedi à Liège suscitent un débat au sujet de cette violence impromptue, sur fond de crise sanitaire qui se prolonge et de violence policère. Une dizaine d'arrestations, des dégâts et pas moins de 36 policiers blessés: la colère des jeunes, après la diffusion durant la semaine d'une dame par la police, a fait des ravages. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'interprétation qui en est faite varie du tout au tout.Bernard De Vos, délégué général aux droits de l'enfant, tentait de décoder ce qui s'est passé, ce week-end sur la RTBF. "Je pense qu'il n'y a pas grand monde pour applaudir ce qui s'est passé hier à Liège", soulignait-il, avant d'enchaîner: "C'est le fait de quelques dizaines d'émeutiers particulièrement survoltés qui ont commis des actes qui sont préjudiciables à une lutte que j'estime essentielle, celle contre les violences policières."La vidéo montrant l'arrestation sans ménagement, la semaine dernière, d'une quadragénaire sur la place Saint-Lambert alors qu'elle venait en aide à une femme victime d'un malaise, aurait été l'étincelle qui a généré ces dérapages. Le délégué général prolongeait: "Je pense que ce n'est pas représentatif des jeunes, qui entendent pourtant manifester une lassitude, même plus que ça, une colère à l'égard des violences policières, qui existent depuis bien avant la pandémie, mais qui ont pris une ampleur particulière durant la période extrêmement difficile que nous traversons.""Je pense qu'il est peut-être un peu trop simple de simplement les voir comme une violence gratuite de casseurs afro-descendants, pilleurs, bande organisée sans foi ni loi, estime, toujours sur la RTBF, ce lundi matin, Marco Martiniello,sociologue à l'université de Liège. Je pense qu'il faut aller plus loin et essayer de comprendre et d'expliquer, ce qui ne veut pas dire qu'il faut excuser et justifier, bien sûr"Et de poursuivre: "Ici, nous avions 200-300 personnes, mais ce moment doit quand même être utilisé pour réfléchir au contexte social dans lequel on vit. Ces jeunes sont le produit de notre société, qu'on le veuille ou non, et ils sont aussi une partie du futur de notre société. Donc, je pense qu'en tant qu'adulte, il est un peu facile de stigmatiser cette jeunesse-là, et pour certains, c'est toute la jeunesse. Je pense qu'il faut essayer de réellement contextualiser les choses et de se mettre à table pour réfléchir aux méthodes de comprendre et d'expliquer ce qui se passe, et évidemment sans jamais justifier, sans jamais excuser. La violence n'est une solution à rien du tout.Ces expressions ont pour le moins choqué plusieurs libéraux francophones. Toujours prompt à intervenir lorsque l'on parle de "violences policières", le président du MR, Georges-Louis Bouchez, s'indigne et parle de "racailles" à la mode Sarkozy:"Choqué de voir certains médias expliquer les violences à Liège. J'ai eu une enfance très modeste, sans aucune certitude sur l'avenir, je n'ai jamais cassé un abri bus. Ces casseurs sont des racailles qui doivent être sanctionnés. Le laxisme a échoué et doit cesser."Le député fédéral Denis Ducarme n'est pas en reste, transformant aussi l'essai en attaque politique: "La députée écolo Margaux De Ré exonérait les casseurs agissant en 'bandes organisées' à Liège et justifiait leurs actes ce week-end en les assimilant à toute la jeunesse. Effarant! Qui ne dit mot consent. La direction d'Ecolo semble adhérer. Hallucinant"!La députée écologiste a posté un message dans lequel elle affirmait: "A ne pas écouter la jeunesse, elle se lève... des années de politiques publiques sans investir dans la jeunesse." Interpellée par un député libéral, elle précise: "Je condamne ces violences, je l'ai dit, c'est terrible ce qui s'est passé. Je répondais à quelqu'un qui disait que c'est incompréhensible que des jeunes fassent cela. Oui, c'est incompréhensible, mais c'est structurel, et le mal n'arrive jamais sans pévenir ni sans raison. Rien ne justifie qu'on en arrive à ces violences, mais elles s'inscrivent dans une société, avec son histoire et ses tensions."Mais la direction d'Ecolo, pour sa part, a bien adopté un autre ton. Rajae Maouane, coprésidente d'Ecolo, a tenu des propos fermes, ce week-end: "Toutes mes pensées aux Liégeois.e.s et en particulier aux blessés. La violence d'où qu'elle vienne est intolérable. Des scènes et des comportements insupportables. Courage aux policiers, commerçants, et aux personnes qui voulaient manifester pacifiquement." Elle répondait en outre à un internaute épinglant la violence policière: "Les plus violents étaient des casseurs au comportement intolérable."